ÀLMKIDA, ALPHONSE, ALVAR, KARL
DEUX OC TROIS SeiüNECRS , TOUS EN COS- TUME DE CHASSE.
ALVAR , tenant Karl par le bras. Le voici !
ALPHONSE , tressaillant. Karl!
alvar. Oui , le comte Karl qui nous abandonnait, que nous avons eu toutes les peines du inonde à ramener. Il s’eu retournait....
Alphonse. Au château, sans doute!
alvar. Non , à Grenade.
Alphonse. Eh quoi ! s’enfuir ainsi ! au milieu de la chasse ! sans prendre congé de personne ! il faut que ce plaisir ait bien
E eu d’attraits pour lui , ou qu’il ait été ien malheureux! Cependant son adresse est grande , son coup-d œil rapide. Ah ! mon bon Karl est bien changé de ce que je l’ai connu autrefois. Le ciel d’Espagne a amolli son aine : il lui faut maintenant une vie douce et paisible ; le calme d’un château , des chants d'amour et deux beaux yeux où il puisse se mirer.
ALVAR, riant avec les autres. Mais , cette vie nous convient assez , à nous autres Espagnols.
karl. Ces messieurs m’excuseront sans doute ; il faut que je sois aujourd’hui même à Grenade.
Alphonse. Quel intérêt si pressant vous y appelle?
karl. Des préparatifs à faire... une lettre de ma sœur... qui me forcera peutêtre à retourner en Norwége.
ALPHONSE. Sitôt... vous nous donnerez quelques jours au moins. Partir ainsi sans un mot d’adieu, vous, Karl, dont l’amitié pour moi est si vive et si tendre ! partir
en fugitif, sans avoir revu Juana oh!
cela n’est pas possible.
karl. Je ne puis différer mon départ.
ALPHONSE , bas , l'amenant sur le (levant de la scène. Il faut donc que j’aie tout deviné pour que tu t’éloignes?
karl. Alphonse!
Alphonse. Tu te taisais sans cela, tu restais ! Oh ! c’est noble et grand ! se jouer d’un ami ! le tromper! infâme!
karl. Alphonse!
Alphonse. Tu l’aimes, n’est-ce pas?
mais sans espoir, car je ne la quitterai pas... elle porte mon nom ; elle est à moi... oh !
l'est un supplice aussi.
karl. Par pitié, ne me retiens pas.
ALPHONSE. Tu resteras. ( Huai. ) Messieurs, c’est demain fête au château d’Alméida ; c’est demain l'anniversaire de mon mariage. Karl passera cette journée au milieu de nous, il me l’a promis. Au moment de nous séparer, pour long-tcms peut-être .
il veut être encore une fois témoin de mon bonheur; il veut conduire doua Juana à la cita pelle.
KARL, bas. Assez! pourquoi m’ont-ilsramené , mon Dieu !
Alphonse , bas. Oli ! tu souffriras autant que moi. {Haut.) La matinée a été pour lui triste et languissante : tâchons de lui rendre plus gais les derniers t n oui ens qu’il doit passer avec nous. En chasse , messieurs !
ALVAR. De grand cœur. ( Bas à Karl qui passe à côté de lui. ) Nous sommes heureux de vous avoir retrouvé. Quelle gaîté subite ! Je crois que dou Alphonse devient fou.
KARL. Oui. .. oui...
(Il sorti}
Alphonse. Vous ne nous accompagnez pas , mon père ?
alhéida. Non: à mon âge on a peine a vous suivre. La fatigue vient vite : allez , vous me retrouverez ici.
ALPHONSE , se retournant . Parti déjà !
Karl! Au revoir, mon père. A cheval , messieurs !