COMMENT ENVISAGER LES RÉSULTATS KARMIQUES
belle, et son œuvre plus utile, il s’assure des formes plus parfaites pour les jours futurs. Au milieu de sa prison, il est toujours luimême : l’Ame libre ; et il peut renverser les murailles qu’il a lui-même bâties. Il n’a d'autre geôlier que lui-même; il peut vouloir sa liberté, et c’est cette volonté qui la lui obtiendra.
Une peine lui échoit ; il est privé d’un ami; il commet une faute sérieuse. Soit: dans le passé, c’est le penseur qui a péché; dans le présent, c’est l’acteur qui souffre. Mais son ami n’est pas perdu ; un lien d’affection le rattache à lui et plus tard il le retrouvera ; d’ici là il en est d’autres autour de lui à qui il peut rendre les services qu’il aurait prodigués à celui qu’il aimait, et il ne négligera plus les devoirs à accomplir, de peur de récolter une perte analogue dans les vies futures.
Il a commis une faute manifeste et il en supporte la peine; or il l'avait commise en pensée jadis, sans quoi il ne l’aurait pas perpétrée maintenant ; il supportera patiemment la peine que lui a valu sa pensée, et pensera aujourd’hui de telle sorte que ses lendemains soient exempts de reproche. Là où étaient les
ténèbres paraît un rayon de lumière et cette lumière lui chante :
O toi qui souffres ! Sache
Que par toi seul tu souffres;
Nul autre ne t’y force.
La loi qui semblait être une entrave, s’est changée en ailes, et grâce à elle il peut s’élever à des hauteurs dont il n’aurait pu faire, sans elle, que rêver.
CONSTRUCTION DE LAVEN1R
La foule des Ames s’écoule et avance guidée par la course lente du Temps. La terre les entraîne dans son mouvement, et quand un globe succède à un autre, elles passent de l’un à l’autre. Mais la Religion de la Sagesse est de nouveau proclamée au monde pour que celles qui en ont le désir cessent de flotter au hasard et puissent apprendre à devancer la lente évolution des mondes.
L'étudiant qui saisit quelque chose de la signification de la loi, de sa certitude absolue, de son exactitude infaillible, commence à se posséder, et à diriger sa propre évolution. Il scrute son propre caractère et se met à le triturer, s’efforçant d’exercer ses qualités mentales et morales, élargissant ses capacités, fortifiant ses faiblesses, pourvoyant aux insuf-
fisances, extirpant les inutilités. Il sait qu'il deviendra ce sur quoi il médite ; en conséquence, il médite délibérément et avec régularité sur un idéal noble, car il comprend pourquoi le grand initié chrétien, Paul, recommandait à ses disciples « d'appliquer la pensée » aux choses vraies, honnêtes, justes, pures, aimables et de bonne renommée. C’est journellement qu’il méditera sur son idéal; journellement il s’efforcera de le vivre, et cela avec persévérance et calme, « sans hâte, sans repos », sachant qu'il construit sur des fondations solides, sur le roc de la loi éternelle. Il en appelle à la loi ; il prend son refuge dans la loi. Pour un tel homme, il n’y a pas de chute; il n'existe pas de puissance dans le ciel on sur la terre qui puisse lui barrer la route. Pendant sa vie terrestre, il amasse des expériences, en utilisant tout ce qui se présente sur son chemin; pendant le Dévachan il les assimile et trace le plan de ses constructions futures.
C'est en cela que réside la valeur d’une vraie théorie de la vie, alors même que cette théorie repose sur le témoignage d’autrui plutôt que sur la connaissance individuelle