RE AN
Monseigneur, tous les hommes sont égaux devant un secret,,. Monsieur le comte, je vous renouvelle ma prière.
Mais, si madame y consent, et que vous y attachiez réellement l'importance que vous paraissez y mettre, monsieur Kean, je n'y vois pas d'incoavonici'.t, kea:
Madame la comtesse ratifiera-t-elle la faveur que m'accorde M. le comte?
ELENA
Mais je ne sais vraiment ,.
KEAN
Je la supplie.
AMY, prenant le Comte par nn bras.
Allons, comte, une fois que votre femme saura ce secret, vous le devinerez bientôt. Vous êtes diplomate, LE PRINCE, le prenant par l'autre bras. Et, quand vous le saurez, vous nous en ferez part, n'est-ce pas, monsieur le comte.' si cependant cela n'est point contraire aux instructions de votre gouvernement.
(Ils l'emmènent près de la cheminée.; ELENA, sur le devant de la scène, Kean derrière elle. Donnez-moi donc cette lettre, puisque la lecture de cette lettre peut vous justifier.
KEAN
La voici.
ELENA, lisant.
« Monsieur, je me suis présentée chez vous, et ne vous ai point trouvé. Vous dire, quoique je n'aie pas l'honneur d'être
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connue de vous, que de celte entrevue dépendra l'avenir de ma vie entière, c'est m'assurer d'avance que j'aurai le bonheur de vous rencontrer demain.
» Anna Damby, à Rean. »
Merci, monsieur, merci mille fois... Mais quelle réponse avez-vous faite à cette lettre?
KEÂN.
Tournez la page, madame...
CLENA, lisant pendant que Kean retourne causer avec le Prince et le Comte.
« Je ne savais comment vous voir, Elena ; je n'osais vous écrire ; une occasion se présente et je la saisis. Vous savez que les rares moments que vous dérobez pour moi à ceux q' is entourent passent si rapides et si tourmentés, qu'ils ne marquent réellement dans ma vie que par leur souvenir... ■
(Elle s'arrête étonnée.) KEAN, qui est revenu près d'elle.
Daignez lire jusqu'au bout, madame.
ELENA, lisant.
o J'ai souvent cherché par quel moyen une femme, dans votre position, et qui m'aimerait véritablement, pourrait m'accorder par hasard une heure sans se compromettre... et voici ce que j'ai trouvé : si cette femme m'aimait assez pour m'accorder celte heure, en échange de laquelle je donnerais ma vie... elle [)ourrait, en passant devant le théâtre de Drury-Lane, f.iire arrêter la voiture au bureau de location et entrer sous le prétexte de retirer un coupon ; l'homme qui tient le bureau m'est dévoué, et je lui ai donné l'ordre d'ouvrir une porte secrète que j'ai fait percer dans ma loge sans que personne le sache, à une femme vêtue de noir et voilée qui daignera peut-être venir m'y voir... la première fois que je jouerai. » — Voici votre lettre, monsieur.
KEAN
Mille grâces, madame la comtesse. (S'inciinant.) Monsieur le comte... Milady... Monseigneur...
(Il Ta pour sortir.) AUY, qui s'est avancée.
Eh bien, Elena ?
LE PRINCE
£h bien, madame ?
LE COMTE
Eh bien, comtesse?
ELENA, lentement.
C'était à tort que l'on accusait M. Rean de l'enlèvement de miss Anna.
KEAN
Merci, madame la comtesse.
LE PRINCE, le regardant s'éloigner.
Ah ! monsieur Rean, vous venez de nous jouer là une charade dont je vous donne ma parole que je saurai le mot !
ON DOMESTIQUE, entrant.
Monseigneur est servi.
(Le Prince offre la main a la comtesse de Kœfeld. le Comte à Amy ; les autref Convives les suivent.)