‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 104 sur 171 · FAISAN DORÉ · texte numérisé non relu

FAISAN DORÉ

Quelques auteurs ont donné à cet oiseau le nom de faisan rouge; on eût été presque aussi bien fondé à lui donner celui de faisan bleu, et ces deux dénominations auraient été aussi parfaites que celle de faisan doré; c’est ce qui m'a donné l’idée de lui imposer un nouveau nom, et j'ai cru que celui de #recolore huppé de la Chine le caractériserait mieux, puisqu'il présente à l’espritses attributs les plus apparens.

On peut regarder ce faisan comme une variété du faisan ordinaire, qui s'est embelli sous un ciel plus beau; ce sont deux branches d’une même famille qui se sont séparées depuis long-temps, qui même ont formé deux races distinctes, et qui cependant se reconnaissent encore, car elles s’allient, se mêlent et produisent ensemble : mais il faut avouer que leur produit tient un peu de la stérilité des mulets, ce qui prouve de plus en plus l’ancienneté de la séparation des deux races.

La beauté frappante de cet oiseau lui a valu d’être cultivé et multiplié dans nos faisanderies, où il est assez commun aujourd'hui. Son nom de #ricolore huppé indique le rouge, le jaune doré et le bleu qui dominent dans son plumage, et les longues et belles plumes qu'il a sur la tête, et qu'il relève en manière de huppe : il a l'iris, le bec, les pieds et les ongles jaunes; la queue plus longue à proportion que notre faisan, plus émaillée, et en général le plumage plus brillant : au-dessus des plumes de la queue sortent d’autres plumes longues et étroites, de couleur écarlate, dont la tige est jaune ; il n’a point les veux entourés d’une peau rouge, comme le faisan d'Europe.

La femelle du faisan doré est un peu plus petite que le mâle; elle a la queue moins longue : les couleurs de son plumage sont fort ordinaires, et encore moins agréables que celles de notre faisane ; mais quelquefois elle devient avec le temps aussi belle que le mâle : on en à vu une en Angleterre, qui, dans l’es-

pace de six ans, avait graduellement changé sa couleur ignoble de bécasse en

la belle couleur du mâle, duquel elle ne se distinguait plus que par les yeux et par la longueur de la queue. Des personnes intelligentes, qui ont été à portée - d'observer ces oiseaux, m'ont assuré que ce changement de couleur avait lieu dans la plupart des femelles ; qu’il commençait lorsqu'elles avaient quatre ans, temps où le mâle commençait aussi à prendre du dégoût pour elles et à les maltraiter ; qu'il leur venait alors de ces plumes longues et étroites qui, dans le mâle, accompagnent les plumes de la queue; en un mot, que plus elles avançaient en âge, plus elles devenaient semblables aux mâles, comme cela a lieu plus ou moins dans presque tous les animaux.

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