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de grandes forêts dans les savanes noyées : ils vont ordinairement par paires et rarement en troupes; quelquefois néanmoins ils se rassemblent le matin pour crier tous ensemble, et se font entendre de très loin. Ils jettent les mêmes cris lorsque quelque objet les effraie ou les surprend. Ils ne manquent jamais aussi de crier en volant; et de tous les perroquets, ce sont ceux qui volent le mieux : ils traversent les lieux découverts, mais ne s’y arrêtent pas; ils se perchent toujours sur la cime ou sur la branche la plus élevée des arbres. Ils vont le jour chercher leur nourriture au loin; mais tous les soirs ils reviennent au même endroit, dont ils ne s’éloignent qu'à la distance d’une lieue environ, pour chercher des fruits mürs.
Les aras font leurs nids dans des trous de vieux arbres pourris, qui ne sont pas rares dans leur pays natal, où il y a plus d'arbres tombant de vétusté que d'arbres jeunes et sains : ils agrandissent le trou avec leur bec lorsqu'il est trop étroit ; ils en garnissent l’intérieur avec des plumes. La femelle fait deux pontes par an, comme tous les autres perroquets, et chaque ponte est ordinairement de deux œufs.
Les jeunes aras s’apprivoisent aisément ; et dans plusieurs contrées de l’Amérique on ne prend ces oiseaux que dans le nid, et on ne tend point de pièges aux vieux, parce que leur éducation serait trop difficile et peut-être infructueuse. Les sauvages des Antilles avaient une singulière manière de prendre ces oiseaux vivans; ils épiaient le moment où ils mangent à terre des fruits tombés; ils tàchaient de les environner, et tout-à-coup ils jetaient des cris, frappaient des mains et faisaient un si grand bruit, que ces oiseaux, subitement épouvantés, oubliaient l’usage de leurs ailes, et se renversaient sur le dos pour se défendre du bec et des ongles ; les sauvages leur présentaient alors un bâton, qu’ils ne manquaient pas de saisir, et dans le moment on les attachait avec une
petite liane au bâton.