‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 117 sur 171 · ARA VERT · texte numérisé non relu

ARA VERT

L'ara vert est bien plus rare que l’ara rouge et l’ara bleu, il est aussi bien plus petit, et l'on n’en doit compter qu'une espèce.

Sa longueur, depuis l'extrémité du bec jusqu'à celle de la queue, est d’environ seize pouces; son Corps, tant en dessus qu’en dessous, est d’un vert qui, sous les différens aspects, paraît ou éclatant et doré, ou olive foncé ; les grandes et petites pennes de l’aile sont d'un bleu d’aigue-marine sur fond brun doublé d’un rouge de cuivre; le dessous de la queue est de ce même rouge, et le dessus est peint de bleu d’aigue-marine fondu dans du vert d'olive; le vert de la tête est plus vif et moins chargé d’olivâtre que le vert du reste du corps; à la base du bec supérieur, sur le front est une bordure noire de petites plumes effilées qui ressemblent à des poils ; la peau blanche et nue qui environne les yeux est aussi parsemée de petits pinceaux rangés en ligne des mêmes poils noirs ; l'iris de l’œil est jaunâtre.

Cet oiseau est aussi beau qu'il est rare, et aimable par ses mœurs sociales et par la douceur de son naturel : il est bientôt familiarisé avec les personnes qu'il voit fréquemment ; il aime leur accueil, leurs caresses, et semble chercher à les leur rendre ; mais il repousse celles des étrangers, et surtout celles des enfans, qu’il poursuit vivement, et sur lesquels il se jette; ilne connaît que ses amis.

Comme tous les perroquets élevés en domesticité, il se met sur le doigt dès qu'on le lui présente; il se tient aussi sur le bois : mais en hiver, et même en éLé, dans les temps frais et pluvieux , il préfère être sur le bras ou sur l’épaule, surtout si les habillemens sont de laine, car en général il semble se plaire beaucoup sur le drap ou sur les autres étoffes de cette nature qui garantissent le mieux du froid.

Lorsqu'on le gratte légèrement , il étend les ailes en s’accroupissant, et il

fait alors entendre un son désagréable, assez semblable au eri du geai, en soulevant les ailes et hérissant ses plumes, et ce cri habituel paraît être l’expression du plaisir comme celle de l'ennui : d’autres fois il fait un cri bref et aigu qui est moins équivoque que le premier , et qui exprime la joie ou la satisfaction; car il le fait ordinairement entendre lorsqu'on lui fait accueil, ou lorsqu'il voit venir à lui les personnes qu'il aime.

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