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C’est ainsi qu'on appelle cet oiseau à Cayenne, où il est si commun qu'on a donné son nom à tous les autres Criks. Il est plus petit que les amazones : mais néanmoins il ne faut pas le mettre au rang des perruches.
Le Crik à près d’un pied de longueur, depuis la pointe du bec jusqu'à l’extrémité de la queue, et ses ailes pliées s'étendent un peu au-delà de la moitié de la longueur de la queue. Il est, tant en dessus qu’en dessous, d’un joli vert assez clair, et particulièrement sous le ventre et le cou, où le vert est très bril-
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lant ; le front et le Sommet de la tête sont aussi d'un assez beau vert; les joues sont d’un jaune verdàtre ; il y a sur les ailes une tache rouge; les pennes en sont noires, terminées de bleu ; les deux pennes du milieu de la queue sont du même vert que le dos; et les pennes extérieures, au nombre de cinq de chaque côté, ont chacune sur les barbes intérieures, une grande tache oblongue rouge qui s’élargit de plus en plus de la penne intérieure à la penne extérieure ; l'iris des yeux est rouge; le bec et les pieds sont blanchâtres. |
Comme les Criks sont les perroquets les plus communs , et en même temps ceux qui parlent le mieux, les sauvages se sont amusés à les nourrir et à faire des expériences pour varier leur plumage : ils se servent, pour cette opération, du sang d’une petite grenouille, dont l’espèce est bien différente de celle de nos grenouilles d'Europe ; elle est de moitié plus petite, et d’un beau bleu d’azur, avec des bandes longitudinales de couleur d'or; c’est la plus jolie grenouille du monde; elle se tient rarement dans les marécages, mais toujours dans les forêts éloignées des habitations. Les sauvages commencent par prendre un jeune Crik . au nid, et lui arrachent quelques-unes des plumes scapulaires et quelques autres plumes du dos; ensuite ils frottent du sang de cette grenouille le perroquet à demi plumé : les plumes qui renaissent après cette opération, au lieu de vertes qu'elles étaient, deviennent d’un beau jaune ou d’un très beau rouge; c'est ce qu'on appelle en France perroquets tapires. Les sauvages de la Guiane, comme ceux de l’Amazone, pratiquent cet art de tapirer le plumage des perroquets. Au reste, l'opération d’arracher les plumes fait beaucoup de mal à ces oiseaux ; et même ils en meurent si souvent, que ces perroquets tapirés sont fort rares, quoique les sauvages les vendent beaucoup plus cher que les autres.