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Les naturalistes modernes ont donné à cet oiseau le nom de faucon lanier ou lanier cendre; mais il nous paraît non-seulement d’une espèce, mais d’un genre différent de ceux du faucon et du lanier. Il est un peu plus gros qu'une corneille ordinaire , et il a proportionnellement le corps plus mince et plus dégagé ; il a les jambes longues et menues , en quoi il diffère des faucons, qui les ont robustes et courtes , et encore du lanier, que Belon dit être plus court empiété qu'aucun faucon : mais par Ce caractère des longues jambes, il ressemble au jean-le-blanc et à la soubuse. Il n’a donc d’autre rapport au lanier que l’habitude de déchirer avec le bec tous les petits animaux qu'il saisit, et qu’il n’avale pas entiers, comme le font les autres gros oiseaux de proie. Il faut, dit M. Edwards, le ranger dans la classe des faucons à longues ailes : ce serait, à mon avis, plutôt avec les buses qu'avec les faucons que cet oiseau devrait être rangé ; ou plutôt il faut lui laisser sa place auprès de la soubuse , à laquelle il ressemble par un grand nombre de caractères, et par les habitudes naturelles.
Cet oiseau se trouve assez communément en France, aussi bien qu’en Allemagne et en Angleterre.
En comparant cet oiseau avec ce que dit Belon de son second oiseau Saintmartin, on ne pourra douter que ce ne soit le même; et indépendamment des rapports de grandeur, de figure et de couleur, ces habitudes naturelles de voler - bas, et de chercher avec avidité et constance les petits reptiles, appartiennent moins aux faucons et aux autres oiseaux nobles qu’à la buse, à la harpaye, et aux autres oiseaux de ce genre, dont les mœurs sont plus ignobles , et approchent de celles des milans.
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BONDRÉE.
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Comme la bondrée diffère peu de la buse, elle n’en a été distinguée que par - ceux qui les ont soigneusement comparées. Elles ont, à la vérité, beaucoup plus de caractères communs que de caractères différens ; mais ces différences extérieures , jointes à celles de quelques habitudes naturelles, suffisent pour constituer deux espèces qui , quoique voisines , sont néanmoins distinctes et séparées. La bondrée est aussi grosse que la buse, et pèse environ deux livres; elle a vingt-deux pouces de longueur, depuis le bout du bec jusqu’à celui de la queue, et dix-huit pouces jusqu'à celui des pieds : ses ailes, lorsqu'elles sont pliées, s'étendent au-delà des trois quarts de la queue ; elle a quatre pieds deux pouces de vol ou d'envergure. Son bec est un peu plus long que celui de la buse : la peau nue qui en couvre la base est jaune, épaisse et inégale : les narines sont longues et courbées : lorsqu'elle ouvre le bec, elle montre une bouche très large et de couleur jaune ; l'iris des yeux est d’un beau jaune; les jambes et les pieds sont de la même couleur, et les ongles, qui ne sont pas fort crochus , sont forts et noiràtres.
Ces oiseaux , ainsi que les buses, composent leur nid avec des bûchettes, et le tapissent de laine à l’intérieur, sur laquelle ils déposent leurs œufs, qui sont d’une couleur cendrée, et marquetés de petites taches brunes. Quelquefois ils occupent des nids étrangers; on en à trouvé dans un vieux nid de milan. Ils nourrissent leurs petits de chrysalides , et particulièrement de celles des guépes : on à trouvé des têtes et des morceaux de guêpes dans un nid où il y avait deux petites bondrées. Elles sont, dans ce premier âge, couvertes d’un duvet blanc , tacheté de noir ; elles ont alors les pieds d’un jaune pâle, et la peau qui est sur la base du bec, blanche. On a aussi trouvé dans l'estomac de ces oiseaux, qui est fort large, des grenouilles et des lézards entiers. La femelle est, dans cette espèce, comme dans toutes celles des grands oiseaux de proie, plus
grosse que le mâle ; et tous deux piètent et courent, sans s’aider de leurs ailes, aussi vite que nos coqs de basse-cour. |
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Le mâle, dans la soubuse, est, comme dans les autres oiseaux de proie, considérablement plus petit que la femelle; mais l’on peut remarquer, en les comparant, qu'il n’a pas comme elle de collier, c’est-à-dire, de petites plumes hérissées autour du cou. Cette différence, qui paraît être un caractère spécifique, portait à croire que ces deux oiseaux n'étaient pas le mâle et la femelle : mais la chose est certaine; et en y regardant de près, on trouve les mêmes proportions entre la queue et les ailes, la même distribution dans les couleurs; elle fait son nid sur des buissons épais. La soubuse, l’oiseau Saint-martin et la harpaye, forment un petit genre à part voisin des milans et des buses.
Harpaye est un ancien nom générique que l’on donnait aux oiseaux du genre des busards, ou busards de marais, et à quelques autres espèces voisines, telles, nous l'avons dit, la soubuse et l'oiseau Saint-martin, qu’on appelait karpaye-épervier. La harpaye a les mêmes habitudes naturelles que les deux oiseaux dont nous avons parlé dans les deux articles précédens : elle prend le poisson comme le jean-le-blanc , et le tire vivant hors de l’eau. Cet oiseau semble, dit M. Frisch, avoir la vue plus perçante que tous les autres oiseaux de rapine , ayant les sourcils plus avancés sur les yeux. Il se trouve en France comme en Allemagne , et fréquente de préférence les lieux bas et les bords des fleuves et des étangs ; et comme, pour le reste de ses habitudes naturelles, il ressemble aux précédens , nous n’entrerons pas à son sujet dans un plus grand détail.