BUSE
La buse (1) est un oiseau assez commun, assez connu, pour n’avoir pas besoin d’une ample description. Elle n’a guère que quatre pieds et demi de vol sur vingt ou vingt-et-un pouces de longueur de corps ; sa queue n’a que huit pouces ; et ses ailes , lorsqu'elles sont pliées, s'étendent un peu au-delà de son extrémité. L’iris de ses yeux est d’un jaune pâle et presque blanchâtre; les pieds sont jaunes, aussi bien que la membrane qui couvre la base du bec, et les ongles sont noirs.
Cet oiseau demeure toute l’année dans nos forêts. Il paraît assez stupide, soit dans l’état de domesticité, soit dans celui de liberté. Il est assez sédentaire, et même paresseux : il reste souvent plusieurs heures de suite perché sur le même arbre. Son nid est construit avec de petites branches, et garni en dedans de laine ou d’autres petits matériaux légers et mollets. La buse pond deux ou trois œufs, qui sont blanchâtres , tachetés de jaune; elle élève et soigne ses petits plus long-temps que les autres oiseaux de proie, qui, presque tous, les chassent du nid avant qu'ils soient en état de se pourvoir aisément : M. Ray assure même que le mâle de la buse nourrit et soigne ses petits lorsqu'on a tué la mère.
Cet oiseau de rapine ne saisit pas sa proie au vol; il reste sur un arbre, un buis son , ou une motte de terre , et de là se jette sur le petit gibier qui passe à sa portée : il prend les levrauts et les jeunes lapins, aussi bien que les perdrix et les cailles; il dévaste les nids de la plupart des oïseaux : il se nourrit aussi de grenouilles , de lézards, de serpens, de sauterelles , etc., lorsque le gibier lui manque.
Cette espèce est sujette à varier , au point que, si l’on compare cinq à six buses ensemble , on en trouve à peine deux bien semblables : il y en a de pres-
(1) En latin, buteo ; en italien, buzza, bucciario; en allemand, Vusz-hen, busant, buse, bushard ; en anglais, buzzard, common buzzard.
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que entièrement blanches, d’autres enfin qui sont mélangées différemment les unes des autres, de brun et de blanc. Ces différences dépendent principalement de l’âge et du sexe; car on les trouve toutes dans notre climat.