‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 39 sur 171 · EE — ME · texte numérisé non relu

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a vu prendre des perdreaux et des jeunes levrauts; les grives, les merles, et les autres oiseaux pris au lacet-ou au piège, deviennent leur proie la plus ordinaire ; elles les saisissent avec les ongles ; leur crèvent la tête avec le bec, leur serrent et déchiquètent le cou; et après les avoir étranglés ou tués , elles les plument pour les manger, les dépecer à leur aise, et en emporter dans leur nid les débris en lambeaux.

La pie-grièche rousse habite les bois et les montagnes en été, et vient dans les plaines et près des habitations en hiver ; elle fait son nid sur les arbres les plus élevés des bois ou des terres en montagnes. Ce nid est composé au dehors de mousse blanche entrelacée d'herbes longues, et au-dedans il est bien doublé et tapissé de laine; ordinairement il est appuyé sur une branche à double et triple fourche. La femelle, qui ne diffère pas du mâle par la grosseur ; mais seulement par la teinte des couleurs plus claires que celles du mâle, pond ordinairement cinq ou six, et quelquefois sept, ou même huit œufs gros comme ceux d’une grive ; elle nourrit ses petits de chenilles et d’autres insectes dans les premiers jours, et bientôt elle leur fait manger des petits morceaux de viande que leur père leur apporte avec un soin et une diligence admirables.

Bien différente des oiseaux de proie, qui chassent leurs petits avant qu’ils soient en état de se pourvoir d'eux-mêmes, la pie-grièche garde et soigne les siens tout le temps du premier âge; et quand ils sont grands, elle les soigne encore : la famille ne se sépare pas, on les voit voler ensemble pendant l'automne entier, et encore-en hiver, sans qu'ils sé réunissent en grandes troupes. Chaque famille fait une petite bande à part, ordinairement composée du père, de la mère, et de cinq ou six petits, qui tous prennent un intérêt commun à ce qui. . leur arrive, vivent en paix et chassent de concert, la famille ne se sépare que pour en former de nouvelles. e

Îl est aisé de reconnaître les pies-grièches de loin , non-seulement à cause de cette petite troupe qu’elles forment après le temps des nichées, mais encore à leur vol, qui n’est ni direct ni oblique à la même hauteur , et qui se fait toujours de bas en haut et de haut en bas alternativement et précipitamment ; on peut aussi les reconnaître , sans les voir, à leur cri aigu oui trôui, qu'on entend de fort loin, et qu’elles ne cessent de répéter lorsqu'elles Sr Ave au sommet des arbres.

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