‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 49 sur 171 · CHAT-HUANT · texte numérisé non relu

CHAT-HUANT

Le Chat-huant (1) qui a les yeux bleuâtres, et l’Effraie qui les à jaunes sont à-peu-près de la même grandeur; ils ont environ douze à quinze pouces de longueur; ainsiils n’ont guère depuis le bout du bec jusqu’à l'extrémité des pieds, que deux pouces de moins que la Hulotte, mais ils paraissent sensiblement moins gros à proportion. On reconnaîtra le chat-huant, d’abord à la couleur de ses yeux, et ensuite à la beauté et à la variété distincte de son plumage; et enfin à son cri hoho, hoho,hohohoho, par lequelilsemble huer, hôler ou appeler à haute voix :

Gesner, Aldrovande et plusieurs autres naturalistes après eux, ont employé le mot sérix pour désigner cette espèce : mais je crois qu'ils se sont trompés, et que c’est à l’Effraie qu’il faut le rapporter : sérix , pris dans cette acception, c’est-à-dire comme nom d’un oiseau de nuit, est un mot plutôt latin que grec. Ovide nous en donne l’étymologie , et indique assez clairement quel est l’oi-

seau nocturne auquel il appartient par le passage suivant :

(1) En latin, roctua; en Catalogne, cabeca ; en allemand, milchsauger, Kinder-melker, stocheule; en anglais, common brown owl, ou leech-owl.

Strigum Grande caput, stantes oculi, rostra apla rapinæ, Canities pennis , unguibus hamus inest.

Est illis strigibus nomen ; sed nominis hujus

Causa, quod horrendà stridere nocte solent.

La tête grosse , les yeux fixes, le bec propre à la rapine, les ongles en hameçon , sont des caractères communs à tous ces oiseaux ; mais la blancheur du plumage (canities pennis) appartient plus à l'Effraie qu'à aucun autre; et ce qui détermine sur cela mon sentiment, c’est que le mot stridor, qui signifie en latin un craquement, un grincement, ua bruit désagréablement entrecoupé et semblable à celui d’une scie, est précisément le cri gre, grei de l'Effraie; au lieu que le cri du Chat-huant est plutôt une voix haute , un hôlement , qu'un grincement£.

On ne trouve guère les chats-huants ailleurs que dans les bois; en Bourgogne, ils sont bien plus communs que les hulottes; ils se tiennent dans les arbres creux, et l’on m'en à apporté quelques-uns dans le temps le plus rigoureux de l'hiver; ce qui me fait présumer qu’ils restent toujours dans le pays, et qu'ils ne s’approchent que rarement de nos habitations. M. Frich donne le chathuant comme une variété de l’espèce de la hulotte , et prend encore pour une seconde variété de cette même espèce le mâle du chat-huant. Ainsi, au lieu de trois variétés qu'il indique , ce sont deux espèces différentes.

Comme le chat-huant se trouve en Suède et dans les autres terres du Nord, il a pu passer d’un continent à l’autre ; aussi le retrouve-t-on en Amérique jusque dans les pays chauds. Il y a, au cabinet de M. de Mauduyt, un chat-huant qui lui a été envoyé de Saint-Domingue, quine nous paraît être qu’une variété de l'espèce d'Europe, dont il ne diffère que par l’uniformité des couleurs sur la poitrine et sur le ventre, qui sont rousses et presque sans tache, et encore par les couleurs plus foncées des parties supérieures du corps.

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