‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 56 sur 171 · MES · texte numérisé non relu

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Lorsque le froid devient trop vif, et qu'elles ne trouvent plus de moucherons au dehors, elles ont la ressource de se réfugier dans leurs trous où la gelée ne : pénètre point, où elles trouvent assez d'insectes terrestres et de chrysalides pour se soutenir pendant ces courtes intempéries. Les gens du pays dirent à M. Hébert qu'elles paraissaient les hivers, après que les neiges desavents étaient fondues, toutes les fois que le temps était doux.

Le nid de ces hirondelles n’est qu'un amas de paille et d'herbe sèche; il est : garni à l’intérieur de plumes sur lesquelles les œufs reposent immédiatement. Quelquefois elles creusent elles-mêmes leurs trous; d’autres fois, elles s’emparent de ceux des guêpiers et des martins-pêcheurs. Le tuyau qui y conduit est ordinairement de dix-huit pouces de longueur. |

On n’a pas manqué de donner à cette espèce d'hirondelles le pressentiment des inondations, comme on a donné aux autres celui du froidet du chaud, et tout aussi gratuitement : on à dit qu'elle ne se laissait jamais surprendre par les eaux ; qu’elle savait faire sa retraite à propos, et plusieurs jours avant qu’elles parvinssent jusqu’à son trou. Mais elle a une manière tout aussi sûre et mieux constatée pour ne point souffrir des inondations, c’est de creuser son trou el * son nid fort au-dessus de la plus grande élévation possible des eaux.

Ces hirondelles ne font qu’une seule ponte par an; elle est de cinq ou six œufs blancs, demi transparens et sans taches. Leurs petits prennent beaucoup de graisse, et une graisse très fine, comparable à celle des ortolans. Cette espèce a un fonds de subsistance plus abondant que les autres, et qui consiste non-seulement dans la nombreuse tribu des insectes ailés, mais dans celle des insectes vivans sous terre, et dans la multitude des chrysalides qui y végèlent.

Quoique cette espèce semble être la plus sauvage des espèces européennes, du moins, à en juger par les lieux qu’elle choisit pour son habitation, elle est toutefois moins sauvage que le grand martinet, et elle va souvent de compagnie avec celle de fenêtre, et même avec celle de cheminée. Cela arrive surtout dans les temps du passage, Lemps où les oiseaux paraissent mieux sentir qu’en toute autre circonstance le besoin et peut-être l'intérêt qu’ils ont de se réunir. Elle ne se perche jamais, et revient au printemps beaucoup plus tôt que le grand martlinel. |

Elle a toute la partie supérieure gris-de-souris; une espèce de collier de la même couleur au bas du cou; tout le reste de la partie inférieure blanc; les pennes de la queue et des ailes brunes ; les couvertures inférieures des ailes grises ; le bec noirâtre, et les pieds bruns garnis par derrière, jusqu'aux doigts, d’un duvet de même couleur.

OISEAUX. - J rt)

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