‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 62 sur 171 · BENGALE · texte numérisé non relu

BENGALE

(PIENO®)

Le bengali a, de chaque côté de la tête, une espèce de croissant couleur de pourpre, qui accompagne le bas des yeux, et donne du caractère à la physionomie de ce petit oiseau.

La gorge est d’un bleu clair; cette même couleur domine sur toute la partie inférieure du corps jusqu’au bout de la queue, et même sur ces couvertures supérieures : tout le dessus du corps, compris les ailes, est d’un joli gris.

Dans quelques individus, ce même gris, un peu plus clair, est encore la conleur du ventre et des couvertures inférieures de la queue.

Dans d’autres individus venant d’Abyssinie, ce même gris avait une teinte : de rouge à l'endroit du ventre.

Dans d’autres enfin, il n’y a point de croissant couleur de pourpre sous les yeux ; et cette variété, connue sous le nom de cordon bleu, est commune. M. le chevalier Bruce, qui à vu cet oiseau en Abyssinie, nous a assuré positivement que les deux marques rouges ne se trouvaient point dans la femelle, et que toutes ses couleurs étaient d'ailleurs beaucoup moins brillantes. Il ajoute que le màle à un joli ramage ; mais il n'a point remarqué celui de la femelle : l’un etlautre ont le bec et les pieds rougeûtres.

Le bengali est de la grosseur du sizerin : sa longueur totale est de quatre pouces neuf lignes; son bec, de quatre lignes ; sa queue , de deux pouces; elle est étagée et composée de douze pennes : le vol est de six à sept pouces.

On se tromperait fort si, d’après les noms de seénegalis et de hengalis, on se persuadait que ces oiseaux ne se trouvent qu'au Bengale et au Sénégal ; ils sont répandus dans la plus grande partie de l'Asie et de l'Afrique , et même dans plusieurs des îles adjacentes, telles que celles de Madagascar , de Bourbon, de France, de Java, etc. On peut même s’attendre à en voir bientôt arriver d'Amérique, M. de Sonnini en ayant laissé échapper dernièrement un assez grand nombre dans l’île de Cayenne, et les ayant revus depuis fort

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vifs, fort gais, en un mot très disposés à se naturaliser dans cette terre étrangère et à y perpétuer leur race. Il faut espérer que ces nouveaux colons . dont le plumage est si variable, éprouveront aussi l'influence du climat américain , et qu'il en résultera de nouvelles variétés , plus propres toutefois à orner nos cabinets qu’à enrichir l’histoire naturelle.

Les bengalis sont des oiseaux familiers et destructeurs, en un mot de vrais moineaux ; ils s’approchent des cases, viennent jusqu’au milieu des villages, et se jettent par grandes troupes dans les champs semés de millet; car ils aiment cette graine de préférence , ils aiment aussi beaucoup à se baigner.

Au Sénégal on les prend sous une calebasse qu’on pose à terre, et qu’on soulève un peu, en la tenant dans cette situation par le moyen d’un support léger auquel est attachée une longue ficelle ; quelques grains de millet servent d'appât, les Sénégalis accourent pour manger le millet ; l’oiseleur, qui est à portée de tout voir sans être vu, tire la ficelle à propos, et prend tout ce qui se trouve sous la-calebasse , bengalis , sénégalis , petits moineaux noirs à ventre blancs , etc.

Ces oiseaux se transportent assez difficilement , et ne s’'accoutument qu'avec peine à un autre climat; mais une fois acclimatés , ils vivent jusqu’à six ou sept ans, c'est-à-dire autant et plus que certaines espèces du pays: on est même venu à bout de les faire nicher en Hollande, et sans doute on aurait le même succès dans des contrées encore plus froides, car ces oiseaux ont les mœurs très douces et très sociables : ils se perchent très près les uns des autres, chantent tous à-la-fois. et mettent de l’ensemble dans celte espèce de

chœur.

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