‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 72 sur 171 · VEUVE AU COLLIER D'OR · texte numérisé non relu

VEUVE AU COLLIER D'OR

(Plat

Le cou de cette veuve est ceint par derrière d’un demi-collier fort large , d'un beau jaune doré : elle à la poitrine orangée, le ventre et les cuisses blanches , le bas-ventre et les couvertures du dessous de la queue noirâtres, la tête, la gorge, le devant du cou, le dos, les ailes et la queue noirs. Ceue queue est comme celle des autres oiseaux ; elle est composée de douze pennes

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à-peu-près égales , et recouverte par quatre longues plumes qui naissent aussi

du croupion, mais un peu plus haut: les deux plus longues ont environ treize pouces: elles sont noires , de même que les pennes de la queue , et paraissent ondées et comme moirées , elles sont aussi un peu arquées comme celles du coq; leur largeur, qui est de neuf lignes près du croupion , se réduit à trois lignes vers leur extrémité, les deux plus courtes sont renfermées entre les deux plus longues , et n’ont que la moitié de leur longueur ; maïs elles sont une fois aussi larges, et se terminent par un filet délié, par une espèce de brin de soie, qui à plus d'un pouce de long.

Ces quatre plumes ont leur plan dans une situation verticale , et sont dirigées en bas; elles tombent tous les ans à la première mue, c'est-à-dire vers le commencement de novembre, et à cette même époque, le plumage de l'oiseau change entièrement et devient semblable à celui du pinson d’Ardenne. Dans ce nouvel état, la ‘veuve a la tête variée de blanc et de noir, la poitrine , le dos, les couvertures supérieures des ailes d’un orange terne, moucheté de noi-

râtre; les pennes de la queue et des ailes d’un brun très foncé, le ventre et tout le reste du dessous du corps blancs. C'est là son habit d'hiver; ellele conserve

. jusqu'au commencement de la belle saison, temps où elle éprouve une seconde mue tout aussi considérable que la première , mais plus heureuse dans ses effets, puisqu’elle lui rend ses belles couleurs ; ses longues plumes et toute sa parure: dès la fin de juin, ou le commencement de juillet, elle refait sa queue en entier. La couleur des yeux , du bec et des pieds, ne varie point; les yeux

- sont toujours marron , le bec de couleur plombée , et les pieds couleur de chair.

Les jeunes femelles sont à-peu-près de la couleur des mâles en mue ; mais, au bout de trois ans , elles deviennent d'un brun presque noir, et leur couleur ne change plus dans aucun temps. |

Ces oiseaux sont communs dané le royaume d’Angola , sur la côte occidentale de l'Afrique , on en a vu aussi qui venaient de Mozambique, petite île située près de la côte orientale de ce même continent ; ils différaient très peu des premiers. k

La longueur totale de la Veuve au collier d’or est de quinze pouces; sa longueur prise de la pointe du bec jusqu’au bout des ongles , de quatre pouces et demi; le bec a quatre lignes et demie; le vol, neuf poucés: la fausse queue, treize pouces; la queue véritable, vingt-et-une lignes: celle-ci dépasse les ailes d'environ un pouce.

Toutes les espèces de Veuves se trouvent en Afrique; mais elles n’appar-

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tiennent pas exclusivement à ce climat, puisqu'on en à vu en Asie jusqu'aux îles Philippines: toutes ont le bec des granivores, de forme conique, plus ou moins raccourci, mais toujours assez fort pour casser les graines dont elles se nourrissent : toutes sont remarquables par leur longue queue , ou plutôt par les longues plumes qui, dans la plupart des espèces, accompagnent la véritable queue du mâle, et prennent naissance plus haut ou plus bas que le rang des pennes dont cette queue est composée ; toutes enfin, ou presque toutes sont sujettes à deux mues par an , dont l'intervalle, qui répond à la saison de pluies, est de six à huit mois, pendant lesquels les mâles sont privés non-seulement de la longue queue dont je viens de parler, mais encore de leurs belles couleurs et de leur joli ramage. Ce n’est qu’au retour du printemps qu’ils commencent à recouvrer les beaux sons de leur voix, à reprendre leur véritable plumage, leur longue queue, en un mot, tous les attributs, toutes les marques de leur dignité.

Les femelles qui subissent les mêmes mues, non-seulement perdent moins, parce qu’elles ont moins à perdre, mais elles n’éprouvent pas même de changement notable dans les couleurs de leur plumage.

Quant à la première mue des jeunes mâles , on sent bien qu’elle ne peut avoir de temps fixe; et qu’elle est avancée ou retardée , suivant l’époque de leur naissance: ceux qui sont venus des premières pontes commencent à prendre leur longue queue dès le mois de mai; ceux au contraire qui sont venus des dernières pontes ne la prennent qu’en septembre et même en octobre.

Les voyageurs disent que les Veuves font leur nid avec du coton; que ce nid a deux étages, que le mâle habite l'étage supérieur, et que la femelle couve au rez-de-chaussée. Il serait possible de vérifier ces petits faits en Europe et même en France, où, par des soins bien entendus, on pourrait faire pondre et couver les Veuves avec succès, comme on l’a fait en Hollande.

Ce sont des oiseaux très vifs, très remuans , qui lèvent et baissent sans cesse leur longue queue: ils aiment beaucoup à se baigner, ne sont point sujets aux maladies, et vivent jusqu’à douze ou quinze ans. On les nourrit avec un mélange d’alpiste et de millet, et on leur donne pour rafraîchissement des feuilles de chicorée.

Au reste, il est assez singulier que ce nom de /’euves, sous lequel ils sont généralement connus aujourd’hui , et qui paraît si bien leur convenir, ne leur ait été néanmoins donné que par pure méprise : les Portugais les appelèrent d'abord oiseaux de Whidha (c'est-à-dire de Juida ), parce qu'ils sont très communs sur cette côte d'Afrique. La ressemblance de ce mot avec celui qui

signifie /’euve en langue portugaise aura pu tromper des étrangers ; quelquesuns auront pris l’un pour l’autre, et cette erreur se sera accréditée d'autant plus aisément, que le nom de J’euves paraissait, à plusieurs égards, fait pour

ces oiseaux , soit à cause du noir qui domine dans leur plumage , soit à cause de leur queue traîfnante.

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