‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 81 sur 171 · SÈ SE · texte numérisé non relu

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il serait du genre des gallinacés s’il n’en différait pas par la forme des doigts ; qui sont joints par une membrane , le premier et le second jusqu’à la troisième articulation, et le second au troisième jusqu’à la première seulement. Ila le bec comprimé par les côtés vers l’extrémité , la queue très courte et coupée carrément; quelques-unes des plumes ont une espèce de frange de chaque côté, et la première grande plume de chaque aile est échancrée. Mais ce qui le distingue et le caractérise plus particulièrement , c’est la belle huppe qu'il porte sur la tête: elle est longitudinale en forme de demi-cercle. Cet oiseau est très différent de tous les autres, et fort aisé à reconnaître. La femelle diffère du mâle en ce que le plumage de celui-ci est d’une belle couleur rouge, au lieu que celui de la femelle est entièrement brun ; on aperçoit seulement quelques teintes de roux sur les reins, la queue , et les pennes des ailes. Sa huppe double, comme celle du mâle, est moins fournie, moins élevée, moins arrondie , et plus avancée sur le bec , que celle du mâle. Tous deux sont ordinairement plus gros et plus grands qu'un pigeon ramier.

Le mâle ne prend qu'avec l’âge sa belle couleur rouge; dans la première année , il n’est que brun comme la femelle: mais, à mesure qu'il grandit, son plumage prend des pointes et des taches de couleur rousse, qui deviennent tout-à-fait rouges lorsqu'il est adulte , et peut-être même âgé ; car il est assez rare d’en trouver qui soient peints partout et uniformément d’un beau rouge.

Quoique cet oiseau ait dû frapper les yeux de tous ceux qui l'ont rencontré à aucun voyageur n’a fait mention de ses habitudes naturelles. M. de Manoncourt est le premier qui l’ait observé. Il habite non-seulement les fentes profondes des rochers , mais même les grandes cavernes obscures, où la lumière du jour ne peut pénétrer; ce qui a fait croire à plusieurs personnes que le coq de roche était un oiseau de nuit : mais c’est une erreur ; car il vole et voit très bien pendant le jour.

Il paraît que l’inclination naturelle de ces oiseaux les rappelle plus souvent à leur habitation obscure qu'aux endroits éclairés , puisqu'on les trouve en grand nombre dans les cavernes où l’on ne peut entrer qu'avec des flambeaux. Néanmoins, comme on en trouve aussi pendant le jour en assez grand nombre aux environs de ces mêmes cavernes, on doit présumer qu'ils ont les yeux comme les chats, qui voient très bien pendant le jour, et très bien aussi pen-

dant la nuit.

de bois; mais le premier nom lui convient mieux, parce qu'il se tient presque toujours dans les fentes

des rochers, et même dans des cavernes assez profondes,

Le mâle et la femelle sont également vifs et très farouches; on ne peut les tirer qu’en se cachant derrière quelque rocher , où il faut les attendre souvent pendant plusieurs heures avant qu’ils se présentent à la portée du coup, parce que au moindre bruit ils fuient assez loin par un vol rapide , mais court et peu élevé. Ils se nourrissent de pelits fruits sauvages , et ils ont l'habitude de gratter la terre, de battre des ailes et de se secouer comme les poules : mais ils n’ont ni le chant du coq, ni la voix dela poule ; leur cri pourrait s’exprimer par la syllabe #e', prononcée d’un ton aigu et traînant. C'est dans un trou de rocher qu'ils construisent grossièrement leur nid , avec de petits morceaux de bois sec: ils ne pondent communément que deux œufs sphériques et blancs, de la grosseur de l’œuf des plus gros pigeons.

Les mâles sortent plus souvent des cavernes que les femelles, qui ne se montrent que rarement, et qui probablement sortent pendant la nuit. On peut les apprivoiser aisément, et M. de Manoncourt en à vu un dans le poste hollandais du fleuve Maroni, qu'on laissait en liberté vivre et courir avec les poules.

On les trouve en assez grande quantité dans la montagne Luca, près d'Oyapoc, et dans la montagne Courouaye, près de la rivière d’Aprouak. Ce sont les seuls endroits de cette partie de l'Amérique où l’on puisse espérer de se procurer quelques-uns de ces oiseaux. On les recherche à cause de leur beau plumage, et ils sont fort rares et très chers, parce que les sauvages et les Nègres, soit par superstition ou par timidité, ne veulent point entrer dans les cavernes obscures qui leur servent de retraites.

Il y a une autre espèce, ou plutôt une variété du coq de roche dans les provinces du Pérou , qui diffère de celui-ci, en ce qu'il à la queue beaucoup plus longue, que les plumes ne sont pas coupées carrément : celles des ailes ne sont pas frangées comme dans le précédent. Au lieu d’être d’un rouge uniforme partout , il a les ailes et la queue noires , et le croupion d’une couleur cendrée. La huppe est aussi différente, moins élevée , et composée de plumes séparées.

On pourrait croire que ces oiseaux sont, dans le nouveau continent, les représentans de nos coqs et de nos poules : mais j'ai été informé qu'il existe, dans l’intérieur des terres de la Guiane et au Mexique, des poules sauvages , qui ressemblent beaucoup plus que les coqs de roche à nos poules ; on peut même les regarder comme très approchantes du genre de nos poules et de nos coqs . d'Europe ; elles sont , à la vérité, bien plus petites, ordinairement brunes et rousses ; elles ont la même figure de corps , la même petite crête charnue sur la tête et la même démarche que nos poules ; elles ont aussi la queue sem-

blable, et la portent de même: le cri des mâles est aussi Ie même qu) celui de nos coqs ; seulement il est plus faible.

Les sauvages de l’ intérieur des terres connaissent parfaitement -ces oiseaux : cependant ils ne les ont pas réduits en domesticité , et cela n’est point étonnant, parce qu'ils n’ont rendu domestique aucun des animaux qui auraient pu leur être très utiles , tels que les hoceos, les marails, les agamis, parmi les oiseaux ; les tapirs, les pecaris et les pacas, parmi les quadrupèdes.

Les anciens Mexicains, qui , comme l’on sait , étaient civilisés, avaient au contraire réduit en domesticité quelques animaux , et particulièrement les petites poules brunes. Gemelli Carreri rapporte qu’ils les appelaient chiaechialacea , et il ajoute qu’elles ressemblent en tout à nos poules domestiques , à l’exception qu’elles ont les plumes FLE, et qu’elles sont un peu plus petites.

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