‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 97 sur 171 · PIGEON RAMIER · texte numérisé non relu

PIGEON RAMIER

Comme cet oiseau est beaucoup plus gros que le biset, et que tous deux tiennent de très près au pigeon domestique , on pourrait croire que les petites races de nos pigeons de volière sont issues des bisets, et que les plus grandes viennent des ramiers (1), d'autant plus que les anciens étaient dans l’usage d'élever des ramiers, de les engraisser et de les faire multiplier : il se peut donc que nos grands pigeons de volière, et particulièrement les gros pattus, viennent originairement des ramiers.

La tourterelle, qui s’apprivoise encore plus aisément que le ramier, et que l'on peut facilement élever et nourrir dans les maisons, pourrait, à égal titre, être regardée comme la tige de quelques-unes de nos races de pigeons domestiques, si elle n’était pas, ainsi que le ramier, d’une espèce particulière et qui ne se mêle pas avec les pigeons sauvages.

A juger du genre columbace par toutes les analogies , il paraît que dans l’état de nature il y a trois espèces principales, et deux autres qu'on peut regarder comme intermédiaires. Les Grecs avaient donné à chacune de ces cinq espèces des noms différens ; la première et la plus grande est le phassa, où phatta, qui est notre ramier ; la seconde est le peleias, qui est notre biset ; la troisième, le trugon, où la tourterelle ; la quatrième, qui fait la première des intermédiaires est l’'œnas, qui étant un peu plus grand que le biset, doit être regardé comme une variété dont l’origine peut se rapporter aux pigeons fuyards ou déserteurs de nos colombiers ; enfin la cinquième est le phaps, qui est un ramier plus petit que le phassa, et qu’on à par cette raison appelé palumbus minor, mais qui ne nous paraît faire qu'une variété dans l'espèce du ramier; car on a observé que, suivant les climats, les ramiers sont plus ou moins grands. Ainsi toutes les espèces nominales, anciennes et modernes, se réduisent tou-

(1) Eu latin, palumbes ; en italien, colombo torquato ; en espagnol, paloma torcalz ; en alle-

mand , réngel-taube ; en anglais, ring dove, et dans le nord de l'Angleterre, cushat.

jours à trois, c’est-à-dire à celles du biset, du ramier et de la tourterelle, qui peut-être ont contribuées toutes trois à la variété presque infinie qui se trouve dans nos pigeons domestiques.

Les ramiers arrivent dans nos provinces au printemps, un peu plus tôt que les bisets, et partent en automne un peu plus tard. C’est au mois d'août qu’on trouve en France les ramereaux en plus grande quantité; et il paraît qu'ils viennent d’une seconde ponte, qui se fait sur la fin de l'été; car la première ponte , qui se fait de très bonne heure au printemps, est souvent détruite, parce que le nid, n'étant pas encore couvert par les feuilles, est trop exposé. II reste des ramiers pendant l'hiver dans la plupart de nos provinces. Ils perchent comme les bisets; mais ils n’établissent pas, comme eux, leurs nids dans des trous d'arbres : ils les placent à leur sommet, et les construisent assez légèrement avec des büchettes : ce nid est plat, et assez large pour recevoir le mâle et la femelle. Je me suis assuré qu’elle pond de très bonne heure au printemps deux et souvent trois œufs ; car on m’a apporté plusieurs nids où il y avait deux et quelquefois trois ramereaux déjà forts au commencement d'avril. Quelques gens ont prétendu que dans notre climat ils ne produisent qu’une fois l’année, à moins qu’on se prenne leurs petits ou leurs œufs, ce qui, comme l’on sait, force tous les oiseaux à une seconde ponte. Comme il y a constance et fidélité dans l'union du mâle et de la femelle, cela suppose que l'attachement etle soin des petits durent toute l’année. Or, la femelle ne couve que pendant quatorze jours. Il y a toute apparence qu'ils produisent plutôt deux fois qu’une par an. li est très certain que cela est ainsi dans tous les climats chauds et tempérés, eL très probable qu'il en est à-peu-près de même dans les pays froids.

Les ramiers ont un roucoulement plus fort que celui des pigeons, mais qui ne se fait entendre que dans la saison de la ponte et dans les jours sereins. Îls se nourrissent de fruits sauvages : ils font un grand dégât dans les blés, lorsqu’ils sont versés; et mangent aussi de l'herbe. Ils boivent à la manière des pigeons, c’est-à-dire de suite et ne relevant la tête qu'après avoir avalé toute l'eau dont ils ont besoin.

Il paraît que, quoique le ramier préfère les climats chauds et tempérés, il habite quelquefois dans les pays septentrionaux ; Linné le met dans la liste des oiseaux qui setronvent en Suède. Il nous est arrivé des provinces méridiouales de l'Amérique , ainsi que des contrées les plus chaudes de notre continent, plusieurs oiseaux qu’on doit regarder comme des variétés ou des espèces très voisines de celles du ramier.

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