‹ Kees Doorik: scènes du PolderChapitre 8 sur 8 · IÔ · texte numérisé non relu

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dont la Boule-Crollée dominait cette foule de têtes méchantes comme une épave émerge des vagues.

Une flopée de jeunes maraudeurs, conduite par le petit Millédiue, poursuivait le prisonnier, & lui jetait des pierres & des mottes de gazon, en criant : « Hawoûrtt ! Hawoûrtt ! »

Il ne resta dans la Ferme-Blanche que la baesin Annemie & derrière elle son digne frère Wannes qui l'observait avec une joie abominable.

Kees avait disparu; elle regardait toujours devant elle, le mur de la grange.

La matinée se montrait douce & bénigne à tous. La brume bleuâtre où le soleil nouveau mettait des globules d'argent montait ainsi que l'haleine du fond en travail. L'avril palpitait déjà dans l'air émollient et flou.

Et la veuve comprenait que tout pourrait renaître dans le Polder, cette année, celle qui suivrait, toutes celles qu'elle vivrait encore, sans qu'elle pût entrer avec les autres créatures animées, dans l'œuvre du printemps. Ce cadavre & ce prisonnier, ces deux forces anéanties à cause d'elle, la séparaient à jamais de la nature prolifique. Rien ne remuait plus dans ses entrailles : l'enfant de Jurgen, aussi, était mort.

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