L1-: QUATORZE JUILLET 17S
Tout à coup,^ la lueur d'un incendie brilla, et une épaisse fumée - cacha les assiégeants aux assiégés : c'était Thotel du gouverneur qui brûlait. Le peuple y avait mis le feu à Taide de voitures^ de paille amenées du dehors. En face était le pont-levis que tant de gens n'avaient franchi qu'une fois. Il fallait le démolir pour pénétrer dans la forteresse. Le peuple amena du canon ^ pour l'abattre et prendre ensuite la place ^ d'assaut. Quatre-vingts hommes environ " formaient toute la garnison de la lîastille ; ils étaient armés, mais ils avaient fort " peu de munitions, et les boulets qu'on avait montés en toute hâte sur les plates-formes des tours n'étaient pas même du calibre des pièces.^ Le gouverneur était au milieu de ses hommes; voyant la situation désespérée, il s'avança vers un baril de poudre avec une torche allumée. Deux officiers s'élancèrent sur^ lui et retinrent son bras, sauvant ainsi la vie à dix mille personnes peut-être. Une rapide délibération ^^ eut lieu ; on décida d'arborer le drapeau blanc et de se rendre. Quelques instants après, le pont-levis s'abaissait ^^ et les Parisiens purent pénétrer dans la Bastille.
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