LA CAMPAGNE D'ITALIE
Les soldats de la République, en 1796, avaient conservé^ l'élan et l'enthousiasme qui les avaient rendus célèbres ;- la^ confiance que donne la victoire ajoutait encore à leur valeur. Mais ils manquaient de tout : de vêtements, de vivres, de munitions. Telle était l'armée d'Italie à laquelle lîonaparte adressa sa première proclamation quand il en prit le commandement. " Soldats," leur dit-il, " vous êtes mal nourris et presque nus ; le gouvernement vous doit beaucoup, mais ne peut rien pour vous ; votre patience et votre courage vous honorent, mais ne vous procurent ni gloire ni avantage. Je vais vous conduire dans les plus fertiles plaines^ du monde: vous y trouverez de grandes villes, de riches provinces ; vous y trouverez honneur, gloire et richesse. Soldats d'Italie, manqueriez-vous de courage?" Alors commença une étonnante campagne.^ Quatre armées autrichiennes furent successivement écrasées,^ la Lombardie fut conquise, et Bonaparte poursuivit sa marche sur Vienne sans avoir éprouvé ^ un seul échec.^
* conservaient encore. - fameu.x. * Not '"cette," whon Ihc noun
is followed l)y an adjectival clause. ■* dans les plaines les plus
fertiles. •'' une campagne étonnante. '"' furent écrasées l'une après
l'autre. '' essuyé. ^ revers.
LA RETRAriK DE RUSSIE
La retraite fut épouvantable.^ Na])oléon se dirigea vers le sud, mais après la bataille de Malolaroslavetz, il dut reprendre^ la route de Smolensk, à travers un i)ays sans provisions. Le climat était déjà très rigoureux : le thermomètre descendit jusqu'à - 30°. Le froid, la fatigue et la faim ' terrible. -' il dut de nouveau prendre.
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firent beaucoup de victimes. De plus, les Russes poursuivaient nos soldats, les harassaient sans cesse, les f(jrçaieiit ^ continuellement ^ combattre."* Quand Napoléon arriva à Smolensk (13 novembre), il n'avait plus que^ 40,000 hommes valides. Comme les vivres que Ion avait accumulés dans cette ville avaient été pillés, l'armée connut^ de terribles souffrances." L'épisode le plus désastreux fut le passage de la IJéré/ina. Deux ponts y furent jetés par les pontonniers du général Eblé, qui travaillaient dans l'eau, nus jusqu'à la ceinture. L'armée passa en désordre, laissant derrière elle quinze mille traînards, hommes, femmes et enfants, dont la plupart furent tués par l'ennemi. A partir de ce moment la retraite devint une déroute sans nom.
•' obligeaient. * à. livrer bataille. ' il ne lui restait plus que.
'■ endura ; éprouva. ' des soufl'rances terribles.