‹ Kiev, la mère des villes russes. Vingt-quartre gravures hors texteChapitre 8 sur 12 · LA RÉSURRECTION DE LAZARE · texte numérisé non relu

LA RÉSURRECTION DE LAZARE

Par Sviédomsky

Cathédrale Saint -Wladimir.

Vous connaissez déjà l’église, loute moderne, érigée en l’honneur de saint Wladimir. Je vous y ai conduits avant qu elle fût consacrée, avant qu’elle fût ouverte au public, en vous parlant des fresques de Wasnelzotf (1). Si cet artiste a été le principal et le plus brillant décorateur de ce temple, d’autres peintres ont aussi contribué à le décorer. Sachant combien les omvres des artistes russes vous intéressent, je vous montrerai quelques compositions dues aux pinceaux de Sviédomsky et de Niestéreff. Leur art procède de principes bien différents de celui de Wasnetzoff.

Sviédomsky a décoré les nefs latérales, et parmi ses œuvres nous avons remarqué un Christ au Jardin des Oliviers qui présente de grandes qualités. Le paysage principalement est d’un effet remarquable.

Kramskoï a peint le même sujet d’une manière analogue.

Sviédomsky appartient à une école influencée par 1 Occident. Du reste, il passe la moitié de chaque année à Rome, et il n’est pas exclusivement russe dans ses œuvres comme Wasnetzoff.

Nous nous arrêterons encore devant une autre composition de Sviédomsky. Sa Résurrection de Lazare a été

(1) L'Œuvre de Victor Wasnetzoff, conférence laite à Paris el à Reims.

traitée d’une façon un peu théâtrale, mais néanmoins fort intéressante. L’artiste a représente la scène de ce grand miracle, dans le milieu historique où, d’après la tradition, il a été accompli. Lu effet, la grotte que vous voyez peinte ici subsiste encore aujourd’hui. On y descend par un escalier étroit et tournant, creusé dans le roc, et on accède dans une chambre souterraine (cubicula) , qui servait pour les réunions funéraires. Dans le sol s’ouvre un trou destiné aux ensevelissements. De cette cavité, le peintre a fait surgir le mort disparaissant sous le linceul et obéissant à la parole du Christ, qui commande avec l’autorité d’un prince, avec la majesté d’un Dieu. Marthe et Marie sont auprès de lui. Les autres témoins expriment dans leur physionomie une terreur mêlée d’admiration.

Niestéreff a décoré les murs de l’étage supérieur de l’église Saint- Wladimir. Sa manière est trop différente de celle des autres artistes qui ont décoré ce monument pour établir des parallèles.

Afin de vous faire connaître Niestéreff, je vous montrerai le panneau de la Nativité, qui vous donnera une idée de son talent. Parmi les personnages réunis autour de la crèche, la Vierge Mère attire surtout les regards. Les peintures de Niestéreff sont curieuses à analyser, parce qu elles ont été conçues par un homme qui vit et •pii pense dans un milieu différent du nôtre, loin des influences auxquelles nous obéissons volontairement ou involontairement.

J’ai voulu vous présenter deux artistes qui ont collaboré, avec un grand talent, à la décoration de l’église Saint-Wladimir, dont l’œuvre de Wasnelzoff demeure la partie capitale.

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