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PAU

le D-^ MARIE NA6E0TTE-WILB0UCHEWITCH

Ancien interne des hôpitaux de Paris

Chargée d’un service de gymnastique orthopédique à l’hôpital des Enfants-Malades.

Les déviations de la colonne vertébrale, scoliose, cyphose, ordose, sont d’une fréquence extrême et croissante ; à leurs causes pathologiques multiples s’ajoutent la vie sédentaire que l’instruction nous fait mener dès l’enfance et les mille inventions qui nous évitent de plus en plus tout effort musculaire. Comme bien d’autres affections, celles de la colonne vertébrale, même bénignes, ne guérissent que si elles sont traitées dès le début; dans les formes plus avancées on obtient une correction considérable, un résultat esthétique souvent satisfaisant, mais non pas la disparition de toute déformation.

Aussi ne faut-il pas attendre que la déviation frappe les regards, il faut aller la chercher de parti pris, en examinant les enfants à ce point de vue dès la première enfance et durant toute la croissance, exactement comme on inspecte leurs dents, sans attendre qu’ils s’en plaignent.

Mais, par contre, il ne faut jamais dire qu’il est trop tard pour s’occuper d’une scoliose ou d’une cyphose ; on peut et on doit la combattre à tout âge, car elle peut progresser à tout âge. Une part revient, dans toute difformité de la taille, non pas à la déformation des os, mais à l’attitude et celle-ci peut être améliorée souvent, chez l’adulte aussi bien que chez l’enfant, par l’exercice et le développement musculaire qui en résulte.

La santé générale des adultes difformes bénéficie aussi grandement du traitement par l’exercice, surtout à cause du développement de la capacité respiratoire. Sur la foi des idées courantes, les médecins abandonnent généralement les adultes scoliotiques etcyphotiques, qui se bornent à quelques artifices de toilette et au port d’un corset dans les cas graves ; pourtant on constate quelquefois chez des femmes adultes difformes un degré de mobilité, qui ne le cède en rien à celui que l’on trouve chez les enfants scoliotiques, et on obtient d’aussi beaux

M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE VERTÉBRALE.

l’ésultats chez les uns que chez les autres par la même méthode thérapeutique. La cyphose des hommes adultes, pourtant si rebelle, cède dans bien des cas aux exercices systématiquement continués et cela toujours pour le plus gi-andhénéhce de la respiration etdel’état général.

Traitement préventif général.

Ilsufht de songer aux causes des déviations de la colonne vertébrale ])our voir quelle j)lace devrait lenir dans réducation le traitement préveidif des ditlormités de la faille, ce traitement n’élant composé (]ue d’une série de mesures d’fiygiène.

Port des nourrissons. — 11 tant ])ortei* raisoniiahlement le nourrisson sain couclié sur le dos ou à j)lat ventre.; si on le porte assis sur unhras, il fautcjue ce soif (antotsur le bras droit, tantôt sur le bras gauclie, afin (rem])êcher parle changement fi-équent d’attitude (ju'uue détormalion dans un sens déterminé lie ])iiissese fixer (1); de même au lit, dans la pelile voilure, il faut changer reniant de côté.

Attitude des rachitiques. — Si cela est important à (diserver pour les enfants sains, à plus forte raison est-ce essentiel pour les petits rachitiijues (|ui déforment leur é|)iiie dorsale avec la plus grande facilité, .le ne parle pas seiilemenl du rachitisme grave, qui alleint visiblement tout le s(|iielette, mais aussi de ces petits accès (le rachitisme (]ui suivent si communément les troubles digestifs et les maladies infectieuses cliez les nourrissons et les enfants durant les premières années de la vie. Quand, chez un petit enfant, la tête semble un jieu grosse et les jambes un [)eu incurvées, on peut être certain que la colonne dorsale non j)lus n’est pas solide et ne demande qu’à se déformer; elle le fait spontanément et à plus forte raison quand elle est sollicitée toujours dans un môme sens.

Le lit. — Au point de vue spécial des déviations vertébrales à prévenir, la meilleure attitude au lit est théoriquement le décuhitus dorsal aplat, c’est-à-dire sur un matelas assez résistant, sans oreiller ni traversin, le matelas étant soulevé un peu par en dessous afin que la tête ne se trouve pas plus bas que les pieds. Mais cette attitude est, chez bien des enfants, petits et grands, impossible à obtenir à moins de recourir aux liens, ce que l’on ne fera guère, j’imagine, à titre préventif. Il suffit, dans la pratique, de déshabituer l’enfant de l’attitude en chien de fusil, en le redressant à plusieurs reprises quand il est bien endormi, et du décubitus ventral qui l’empêche de respirer; il faut le change)- de côté s’il dort sur le côté.

(1) Voy. aussi fig. 1.3 à 20 dans mon Allas de gymnastique orthopédique (Paris, 1003). Cet atlas contenant un certain nombre de figures que je ne puis reproduire, j'y renverrai au cours de cet article.

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