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Mouvements actifs avec résistance

Gymnastique dans le traitement du torticolis.

Le torticolis doit être considéré comme une conséquence de certains accouchements difficiles et plus spécialement dans les cas de présentation par le siège. A la suite de l’accouchement, on constate sur l’enfant l’apparition d’un hématome, dans la région sterno-mastoïdienne ; ultérieurement cet hématome détermine une rétraction fibreuse du muscle dans une partie plus ou moins grande de son étendue. Le torticolis congénital n’intéresse que le muscle sterno-cléidomastoïdien.

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La rétraction tibipuse de ce muscle déteianine une attitude vicieuse identique à sa contracture, c’est-à-dire que la tète est : 1° fléchie en avant, 2® inclinée latéralement du coté du muscle atteint, 3® en rotation plus ou moins accentuée du côté opposé (fig. 192).

Le traitement du torticolis congénital devra être institué aussitôt que possible, car cette attitude vicieuse détermine à la longue l’apparition d’asymétrie faciale définitive et des déviations i*acbidiennes.

Le traitement est constitué par trois étapes que nous étudierons successivement :

1® La section de la bride musculaire;

2® Le maintien de la tète en position d’iiypercorrection ;

3® La ])éi‘iode fonctionnelle ou traitement consécutif.

1® Section de la bride musculaire. — Elle peut èti e pratiquée

Fig. 192. — .Utiliule vicieuse du torticolis.

suivant deux méthodes différentes : la section à ciel ouvert et la section sous-cutanée. La première méthode est préférée par beaucoup de chirurgiens à cause du danger que crée la présence de la veine jugulaire interne, mais elle offre le grave inconvénient de laisser à sa suite une cicatrice très visible, ]dus spécialement gênante lorsqu’il s’agit de petites filles.

En réalité, il est très facile d’éviter cet inconvénient, tout en respectant la veine jugulaire interne, si l’on veut bien suivre avec précision la technique opératoire de la section sous-cutanée, telle que l’a décrite notre maître M. Jalaguier.

Le sujet étant placé en décubitus dorsal, un coussin dur placésous le cou, un aide abaisse l’épaule du côté malade, tandis qu’un autre aide fait subir à la tête un mouvement complexe d’extension, incli-

naisoii latérale et extension (en sens inverse dn torticolis), quia pour but de tendre au maximum le muscle rétracté.

La région ainsi disposée, l’opérateur charge, entre le pouce et les quatre doigts, le muscle sterno-cléido-mastoïdien ; la main étant disposée de telle façon que le petit doigt rase la clavicule. Par ce mouvement, la veine jugulaire interne se trouve isolée hors d’atteinte, et refoulée par l’extrémité des doigts : on sait en effet qu’elle se trouve à la partie postérieure et externe de la masse musculaire, mais séparée de celle-ci par l’aponévrose moyenne du cou.

Il ne reste plus C{u’à opérer la section : ici une légère variante suivant que le muscle rétracté est à droite ou à gauche : s'il est à gauche, on pratique la piqûre avec un ténotome pointu à la partie

Fig. 193. — Mode de suspension du malade Fig. 191. — Mode de suspension en hypercoren hypercorrection pour la pose du plâtre. rection pour le traitement consécutif.

interne du muscle; s'il est à droite, on la pratique càla partie externe; dans l’un comme dans l’autre cas, cette piqûre est pratiquée à un doigt de la clavicule. La piqûre faite, on introduit le ténotome mousse et on achève la section par des petits mouvements de scie suffisamment réitérés. 11 subsiste parfois des fibres à la région externe du cléido-mastoïdien, c’est-à-dire à la région dangereuse, qui suffiraient à maintenir le torticolis; on en détermine la rupture avec les doigts, suivant un procédé que Vincent Duval a baptisé « le coup du malin u, qui consiste à presser vigoureusement sur le muscle maintenu en tension au moyen de chacun de ses pouces, en même temps que l’aide cherche à exagérer l’attitude hypercorrectrice de la tête.

2° Maintien de la tête en position d’ hypercorrection. — Ce maintien se fait au moyen d’un appareil plâtré qui devra rester en place jusqu’à suffisante cicatrisation du muscle, c’est-à-dire cinq à six

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semaines. On peut procéder à la pose de cet appareil à la suite môme de l’opération ; en tout cas il ne faut pas différer plus de quarantehuit lieures. Le malade sera donc placé en suspension verticale et l’on se rappellera que dans une telle position des doses très minimes de chloroforme suffisent à assurer l’aneslhésie. Des précautions sj)éciales doivent }>résideràrétablissement de la suspension: on disposera celleci de fa<*on que les deux chefs soient parallèles et le fléau incliné, c’est-à-dii’e relevé du côté correspondant au côté opposé (tig. 193), en môme temps que la lôte est ramenée en arrière ; bi*ef on réalis(‘ra une allitude hy[)ercorrectrice d’extension, inclinaison latérale et rotation.

L’appareil sera combiné de façon à conserver cette attitude. 11

comporteia donc une pla(|ue sternale destinée à empècliei’ la (léflexion de la tête, et ime [)la(pie auriculaire destinée à em[)ècher l’inclinaison latérale de la tète du côté malade. Cette plaque auriculaire [Xîrmeltra, dans les jours suivants, d’exagérer l’inclinaison latéi’ale de la tête (lu côté sain, par l’interposition (le (Compresses qui joueront ainsi le rôle d’un coin.

3'’ Période fonctionnelle ou traitement consécutif. — Cette ])ériode commence au momentoù on enlève l’appareil, c’est-à-dire au bout de cinq à six semaines. Il com[)orte une seule indication (|ui est de maintenir et d’exagérer au besoin l’attitude d’bypercorrection.

On y arrive par deux moyens :

1° En conservant au muscle opéré son état d’allongement;

2° En renfoi‘çant les muscles du côté sain.

La première <le ces indications sera remplie par le port d’une minerve orthopédique ou d’une minerve plâtrée qu’on laissera en place pendant plusieurs mois, s’il y a lieu. Cette minerve sera portée d’une façon plus ou moins constante, suivant que l’enfant aura une tendance plus ou moins prononcée à repiuduire sa position vicieuse.

Mouvements passifs. — Dans les cas les plus favorables on pourra se contenter d’entretenir l’allongement musculaire au moyen de mouvements passifs. Ces mouvements jiassifs seront réalisés: a) au

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moyen de la suspension ; b) au moyen du plint haut ou d’une table.

a) Au moyen de la suspension, pendant dix minutes environ et deux fois par jour, on placera le sujet en suspension, une bande roulée utilisée comme tampon sera interposée entre la tète et , un des chefs de la suspension, pour déterminer une inclinaison latérale convenable de Ja tête (fîg. 194); il sera bon de s’opposer à toute élévation de l’épaule du côté malade, et pour cela on fait tenir au sujet une haltère dans la main du même côté,

b) Sur le plint haut ou sur une table, le sujet est placé en décubitus dorsal, les épaules arrivant au bord de la table, les mains cramponnées à celle-ci pour éviter le mouvement des épaules, la tête en porte

à faux pour permettre de pousser l’attitude correctrice aussi loin que possible : dans cette position, l’aide exécutera à la main les mouvements convenables de torsion, extension et inclinaison latérale de la tête (fig. 195).

Mouvements actifs. — Ils ont pour but de renforcer les muscles du côté sain, de façon que ceux-ci exercent une hypercorrection constante.

Ces mouvements actifs consistent surtout à faire travailler d’une part le trapèze et tous les muscles extenseurs de la tête, d’autre part le sterno-mastoïdien, muscle rotateur et fléchisseur latéral. Deux positions sont surtout recommandables pour réaliser cette gymnastique :

a) Au moyen de la borne, le bras correspondant au côté malade étant

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passé autour de la home, de faron à réaliser la fixation de l’épaule, on fera exécuter au sujet, avec ou sans o[)position, des mouvements (le tlexion latérale et de rotation de la tète du côté sain (fig. 196).

1)) Le sujet, étant assis sur une chaise, se, ci'amponnera des deux mains à la base du dossier de celle-ci (de fa(;on à réaliser la tixation des épaules); on lui fera exécuter, avec ou sans o[)position, les mêmes mouvements de la tête, mais principalement ceux d’extension (fig. 197).

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