CORSET ORTHOPÉDIQUE
médian et de tuteurs latéraux, sur lesquels s'appuie le fléau ou demicercle supérieur ; à ce dernier s’adaptent des béquillons, croissants destinés à empêcher l’enfant de se pencher en avant hors du corset; ils permettent aussi de lever une épaule un peu plus que l’autre. La poitrine est tout à fait dégagée ; le ventre au contraire est maintenu par un plastron qui maintient l’enfant dans l’appareil et corrige la lordose. L’enfant ainsi fixé dans le corset, est soumis à la pression latérale des plaques concaves dorsale et lombaire, qui répondent aux courbures et aux gibbosités principales;parfois une seule plaque suffit; la pression des plaques est augmentée pai’ le redressement du tuteur, que l’on rapproche du plan médian, et par la traction des sangles obliques.
Les corsets de ce type sont évidemment ceux que l’on peut porter pendant des années avec le moins de dommage possible, car ils gênent la respiration au minimum. Mais ils ne sont inoffensifs, que s’ils sont enlevés plusieurs fois par jour, pour permettre à l’enfant de faire les exercices destinés à combattre les effets nuisibles de l’immobilisation.
Le corset en celluloïde, amovible également, est très léger et élégant; il a le grave défaut de prendre un point d’appui sur les épaules et la partie supérieure de la poitrine; il est d’ailleurs d’une confection assez compliquée et ne sera sans doute jamais qu’un appareil de luxe.
Le corset plâtré amovible rend de grands services dans certaines conditions. En ville il cause plus de frais que le corset en acier, car son prix de confection est assez élevé et il ne dure pas longtemps, ne pouvant pas suivre l’enfant dans sa croissance, ni dans son amélioration ; il ne lui reste alors (|ue les inconvénients de son poids, et de
Fig. 239. —Aspect latéral du corset orthopédique, plaque de pression qui repousse la gibbosité droite.
la consti iction circulaii e du tronc.
376 M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE VERTÉBRALE,
F'o- “60. — .Vjiplicalion d’iin corset i)làlré, Itaiules de tractions ({ui réduisent la gibbosité dorsale droite et lombaire gauche; la même enfant que ligure 230.
Fig. 261. — Corset plâtré terminé, muni d’épaulières en coutil.
Mais à riiôpital, où le corset plâtré est l'ait par le personnel médical, à la campagne, comme corset d’attente, le corset plâtré est précieux. Pour l’appliquer, je suspens l’enfant fort peu el j’obtiens le rediessement des courbures non à l’aide de l’tcxttmsion , mais au moyen de liandt'S de traction (lig. 200, 262) ; elles pioduisent non seulemeid la réduclion, mais parfois la surcorrecl ion, le renveisemenl des courbures; le bassin est également li.xé aux montants l>ar des bandes. Les bandt's ])lâtrées sont roulées coimiu', d’habitude pour la confection du corset de Sayre, mais il les faut étroites afin qu’elles puisseul jias.sei'entre b‘S cordons, en ne laissant d’autre défaut que le trajet des cordons ; on renfoi'ce l’ajqiareil à l’aide d’attelles faites soit im zinc jierforé, soit en bois d(î placage. Quand le plâli*e est pris, on fend l’ajipareil sur la ligne médiane antérieure à l’aide d’un couteau ; on a pris soin de placer au préalable une bande d’ouale sous le maillot, afin de ne ])as pouvoir blesser l’enfant.
Quand l’appaieil est sec, on le termine en jio.sant sur les deux bords de la fente des bandes de cuir munies de crochets pour le laçag(‘.
On ti.xe enfin deux crocbels
CO RSE T-CE INTURE .
sur les côtés du corset pour attacher les épaulières (lig. 261) qui empêchent l’enfant de s’appuyer sur la face antérieure de l’appareil.
Corset-ceinture (fîg. 264). — Quand il n’y a qu’une scoliose lombaire, le corset peut être très bas, surcorrigeant la convexité lombaire ; l’enfant le porte quelques heures par jour, durant les heures de classe de préférence.
Le corset plâtré est remplacé tous les deux ou trois mois par un corset dans lequel le redressement est de plus en plus complet.
Fig. 262. — Application du corset plâtré amovible sur l’enfant représentée figure 263; une seule bande de traction sur la gibbosité dorso-lombaire droite.
Ces divers corsets ne sont portés que pendant la journée, avec des interruptions pour les exercices, et toujours enlevés pour la nuit. Dans certains cas, on confectionne en plâtre des gouttières dans lesquelles on laisse les enfants durant la nuit, et parfois durant le jour. C’est ce qu’il m’est arrivé de faire pour des nourrissons atteints de scoliose congénitale.
M. NAGEOTTE.
KINËSTTHÉRAPIE VERTÉBRALE.
Fig. i'G3. — La même enfant ((ne figure 202.
Fig. 204. — Corset-ceinture en plâtre, transformant en concavité la convexité de la scoliose lombairejgauche ; la même enfant que figure 2.a3.
Corset plâtré inamovible. — .!(' ii’cii pailorai (|uc pour la rejetei' ainsi (pir. l’expriirnce venant avec h‘s années, je l’ai fait dans la jtratitpie. On ap])Ii- (pu‘ h‘ corse! d(* Sayee dans la suspension com[)lète; nous l’aNons inénu' applicpié, comni(‘ d’autn's, sous cliloroCornu' afin d’ol)t(‘nir un ndàclnMiHMd complet des muscit's el It' maximum |»ossil)l(‘ d(‘ r('drt‘ss(Mnenl dcscoiirl)iir(‘S(‘( (l(‘ réduel ion des ;2ild)osilés (1). corstd (‘sl ('tdit'r, |»rtmant le Ironc depuis rocci|)ut jusfpi’au lias du bassin (d, bitm enl(‘ndu, serré |)our ('Xt'rctn* uii(‘ |»rt‘.ssion suflisanh' sur l(‘s com-|)ures.
L<‘s (mfanis, les premners jours pénil)l(‘s ]>assés, s'babi- Imml à leur carapact' d’mnt biçon surprenanb' el leur ligure rt‘sle l)onm‘; mais tpiand ils ont vécu là dedans six, douze, dix-buit mois, leu !• thorax et leur am[>litud(; rt'sjiiratoint sont ])itoyabb‘s, tandis fjue bmr dos n’est |>as sauvé. On ne ])eut ])lus continiu'r le ])orl du corstd à caus(“ d’un accès d’anémit*, ou de trouilles di^U‘stifs ou d’une grippe avec menace dt* iuherculose, et hors du corset le dos retomlie très vite
dans ses courbures anciennes. Je |)ense [(put tous les médecins ont
(1) -M. jNageotte, Allas de gymnastique, fig. 200 à 220.