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TRAITEMENT DE L’INSUFFISANCE RESPIRATOIRE

l'AR

le D^ MARIE NAGEOTTE-WILBOUCHEWITCH

Ancien interne des liôi)itaiix

Chargée d’im service de gymnastique ortlioj)édi([ne à l’iiôpilal des Enfanis-Malades,

Los cliniciens t‘l les hyj^iénistes s’occupent, actuellement beaucoup (le la i(‘S|)iialion, de; son insurtisance (‘I <1(‘S moyens d’y r(miédiec; les nu‘tliod(‘s d(* culture pliysi(|ue, classi(|ues depuis lonj(lem|)S en Suède, la j;ymnasti(|U(‘ respiratoire de Lin^, conimenctml, à s’aedimaler en France. Lagrange, dans ses publications, surtout dans sa (( Médication par l'exercice », a expose, voici tanbjt vingt ans, ces méthodes, d’une fa(;on si claire et. si convaincante, ([u’il est inutile de l’edire après lui le coté tliéoritjue (d j)bysiologi(|ue de la (juestion.

(Cependant l’ex|)loralion du jeu de la cage tboraci(|ue s’est laite, jus(|u'ici, d’tme l'at^on (pieltjue peu emjtiibiue. Quand il s’agit de la taille ou du jtoids d’un individu, on se reporte à des tables précises, mais (luand il s’agit de la respiration on juge par à iteu piès. En ellet, ]>our les entants il n’avait pas été fait de mensurations systématicjuesdu thorax avant ces dernières années, et, pour les adultes, les travaux récents des médecins militaires ne sont pas connus ou ne sont pas assez répandus dans les livres courants; cette i^morance a permis d’adopter, sans discussion, des notions tout à fait erronées sur le périmètre tlioraciciue et sm- l’amplitude respiratoire. Aussi faut-il, avant de s'occuper des indications lliéi‘a|)euti([ues et du manuel 0[>ératoire, établir ce (lue sont à l’état normal le périmètre thoracique et l’amplitude respiratoire.

Périmètre thoracique et amplitude respiratoire.

Enfants et adolescents. — Chez l’enfant et l’adolescent, de nombreuses mensurations m’ont permis d’établir pour l’amplitude respiratoire une table qui devrait, je crois, compléter les tables d’accroissement de la taille et du poids.

La respiration costale habituelle des enfants est insignifiante en général, ce dont on peut se rendre compte en détournant leur atten-

tion pendant qu’on les mesure. Dans ces conditions, chez l’enfant non prévenu et non exercé, l’excursion costale varie de un quart de centimètre à 1 centimètre, et elle est tellement inégale qu’il n’est guère possible de la noter; les sujets prévenus de ce que l’on cherche ne peuvent plus se laisser aller à respirer naturellement, et cela est vrai qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes. 11 faut donc demander à l’enfant de respirer le plus profondément possible et de faire ensuite une expiration complète.

Pour mesurer le périmètre thoracique à ces deux moments, je laisse l’enfant debout^ les bras tombant naturellement; un ruban métrique est placé horizontalement, aussi haut que le permet l’aisselle, en passant par conséquent en arrière sur les omoplates, en avant sur la deuxième côte.

J’applique d’autre part le ruban métrique plus bas, toujours horizontalement, en passant par l’appendice xiphoïde, afin de juger de l’expansion des côtes inférieures, si souvent défectueuse, quelquefois, au contraire, prépondérante.

J’obtiens ainsi deux mesures, celle de la respiration axillaire (r. a.) et celle de la respiration xiphoidienne (r. a?.), l’amplitude étant la différence entré les périmètres extrêmes de l’inspiration et de l’expiration, par ex. : expir. 62 — ^ inspir. 66 — amplit. resp. axillaire 4; expir. xiph. 58 — insp. xiph. 62 = ampl. resp. xiph. 4.

Lorsque j’ai commencé à mesurer l’amplitude respiratoire, il y a une douzaine d’années, personne ne le faisait chez les enfants, à ma connaissance, et je pense que les observations de mon Atlas de gymnastique sont les premières auxquelles soient annexées des séries de mesures thoraciques prises à ce point de vue; aussi, sans m’occuper des conseils de révision et des compagnies d’assurance, ai-je pris les mesures comme je viens de le décrire, c’est-à-dire de la manière la plus simple et avec des points de repère sur lesquels il est impossible de se tromper.

Depuis ces dernières années on mesure beaucoup la cage thoracique des enfants, en France, et comme il n’y a pas eu d’entente sur ce sujet, les mensurations sont faites très diversement; les uns font écarter les bras horizontalement comme au conseil de révision en Suisse; les autres les font même lever verticalement comme en Allemagne, afin de ne pas passer sur les omoplates. Je ferai à ces procédés un reproche commun, c’est que la position artificielle des bras et l’effort qu’elle demande gênent la respiration, surtout l’expiration; elles ont été d’ailleurs bien choisies pour mesurer le périmètre dans une phase de réplétion moyenne des poumons, mais on a eu tort de les adopter pour mesurer l’amplitude de l’excursion

M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE RESPIRATOIRE.

costale. Il est facile de s’en convaincre en essayant suc soi-mènie; lorsque les bras sont préalablement levés, on ne peut [)lus inspirer une grande quantité d’air et lorscpie, dans cette môme attitude, on a cru faire une expirai ion complète, il suClit d’abaisser les bras pour expulser une nouvelle (juantité d’air, ,1e n’insisle pas, ce sont des consé(iuences forcées de la disposilion des cotes.

Comme point de lepère on j)iend communément le mamelon, pour placer le rul)an mélii(iue immédiatement au-dessous et liorizontalemenl ; ou bien on passe en avant à un centimètre au-dessus du mamelon, en arrière sous la pointe des omoi)lates, c’est là le siib-omo-sm-mamniaire ; ou bien on jtasse à 1 centimèlre au-dessous du mamelon, au l)oi‘d inférieur du grand [)ecloral.

Ces mesures, commodes pour les enranls et les hommes, ne sont pas ulilisables chez b‘s jeunes tilles, ni chez les femmes, à cause des seins, raison sul'lisanle pour les rejeler (|uand il s’agit de médecine civile adaplée aux deux sexes. La sailbà* des omoj)lates n’est [>as une cause d’ei reur à laipielle on doive s’ariéter, |)uis(|ue en les écartant, [>ar l’élévalion des bi’as, on i'emj)lace le relief osseux pai' un relief musculaire d’importance li*ès variable.

Au lieu de mesurer l’amplilude avec un ruban métri(jue ordinaire, le l)‘ K osenllial recommande l’usage du centimètre symétrique, composé de deux moitiés symélri(jues graduées (b; 1 à 7;'), réunies par les <leux cbi lires 1 (pii sont accolés; une double (eillère placée de part et d’aulre du Irait de sé])aralion des chilfres 1 sert de point de re[)ère. Il sutlit de mettre sur la crête des apophyses épineuses, ou dans le plan de cette crête, le trait de séparation des cliitfies 1, et de ramener de part et d’auti-e de la poitrine les deux parties du ruban. Une mensuration uni(jue [>eul ainsi donner des indications sur les asymétiies anatomiques et fonctionnelles du thorax. Mais le centimètre symétrique, précieux, dans certains cas, est une complication dont on peut se dispenser dans la pratique courante ; l’emploi de huit nombres pour exprimer la formule respiratoire axillaire et xiplioïdienne d’un sujet, et les additions qu’il faut faire pour se rendre compte de l’amplitude totale, sembleront un travail inutile dans la plupart des cas.

Il y a une différence d’amplitude considérable entre les enfants non exercés à respirer, c’est-à-dire tous les enfants quelconques à leur première mensuration, et les enfants exercés, faisant de la gymnastique ou uniquement quelques exercices respiratoires; c’est pourquoi j’avais dressé deux tables séparée^ pour ces deux catégories d’enfants: la première donnant les moyennes habituelles, insuffisantes, qui sont la conséquence de la vie sédentaire et malsaine de

nos enfants; la seconde (1) donnant les moyennes obtenues chez ces mêmes enfants après des mois ou des années d’exercices, moyennes que nous devons avoir pour but non d’atteindre, mais de dépasser. Cependant, si V amplitade respiratoire augmente rapidement, le périmètre thoracique et son accroissement avec l’âge sont restés sensiblement les mêmes chez mes deux catégories d’enfants; c’est pourquoi je n’apporte ici que la première table, celle des enfants tels qu’ils arrivent entre nos mains. Un grand nombre d’exemples m’ont donné la conviction que le 'périmètre thoracique se développe aussi par l’exercice, mais, bien entendu, plus tardivement que V amplitude^ et ce fait ne pourra être démontré par des chiffres que lorsque toute une génération d’enfants aura été hygiéniquement élevée.

TABLE I. — Amplitude respiratoire moyenne des enfants.

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