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TABLE III. — Maxima et miniona. — Enfants exercés.
M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE RESPIRATOIRE.
Je ne puis dire ce qu’est l’amplitude respiratoire chez les enfants de un à trois ans, car il n’est j>as possible de s’entendre avec eux pour cette exploration et l’on ne pourrait se rendre compte de l’excursion thoracique que dans l’inspiration pi’ofonde qui suit l’expiration du cri, — c’est une étude à faire. Aussi pour ces petits-là n’ai-je donné que les périmètres axillaire et xiphoïdien, qui sont souvent égaux.
Chez les racliitiques, chez les dyspeptiques à gros ventre, chez presque tous les enfants cliétifs, alités, le périmètre xiphoïdien l’emporte sur l’axillaire, parfois de 3, 4 centimètres. La cage thoracique semble immobile, rien ne se soulève au niveau des cotes supérieures; dans la région xiphoïdienne, l’amplitude oscille autour d’un demi-centimètre. Seul le ventre est animé de mouvements réguliers et amj)les. La respiration est diaphragmatique-ahdominale.
Le périmètre axillaire du thorax est de 45 centimètres à un an ; il atteint 75 centimètres à (piinze ans, en augmentant de 1 à 3 centimètres par an ; le périmètre xi])hoïdien passe de 45 ou 4ü centimètres à 60 centimètres, en augmentant de 1 à 2 centimètres par an.
Chez les enfants non exercés^ l’amplitude est, chez la grande majorité, de 2 centimètres; ceilains n’ont (jue 1 centimèti*e et les moyennes de 2 cent. 1/2 avant huit ans, 3 cent. 1/2 après huit ans sont dues à quelques cas exceptionnels tl’une amplitude de G, 7 et même 10 centimètres.
Chez les enfants exerces, l'amplitude respiratoire est augmentée du double et elle va en augmentant avec l’àge : 4 centimètres de quatre à neuf ans, 5 à 0 centimètres de dix à quinze ans; l'amplitude xiphoïdienne est également de 4 à 5 centimètres; parmi ces enfants, à l’encontre de ce qui se voit chez les enfants non exercés, un grand nombre ont une amplitude de 6 à 7 centimètres, ceux de 8 ne sont pas exceptionnels et les moyennes sont abaissées par quelques enfants raides ou chétifs, chez lesquels l’amplitude est restée à 2 ou 3 centimètres.
L’amplitude respiratoire augmente dans les deux sens, c’est-à-dii-e par l’inspiration et par l’expiration plus profondes ; il ariàve que les côtes se mobilisent d’ahoid dans le sens de l’expiration et qu’un enfant passe des chiffres r. a. 62-64, d’abord à 61-64, ensuite à 61-65, puis à 62-66; le premier pas, quoique fait j>ar l’expiration, est un progrès réel parce que l’amplitude a augmenté en passant de 2 centimètres à 3 centimètres, donc la quantité d’air inspirée a augmenté également. C’est ainsi, par exemple, que la moyenne des enfants de douze ans, non exercés, est de 68-71, tandis que celle des enfants exercés du meme âge est de 67-72, c’est-à-dire 5 centimètres d’amplitude au lieu de 3, gagnés aux dépens des deux temps respiratoires.
Les chiffres de M. Rosenthal, qui considère comme fréquentes des amplitudes de 1, 9 et centimètres chez des enfants exercés, sont tout à fait exagérés, ou bien ils résultent d’une manière particulière de mesurer.
Chez lès enfants non exercés, le périmètre axillaire est souvent de 1, 2, 3 centimètres seulement supérieur au xiphoïdien; chez les enfants exercés, c’est-à-dire à l’état normal, la différence est de 4 centimètres en général; très souvent, le périmètre axillaire dans l’expiration est égal au périmètre xiphoïdien dans l’inspiration, par exemple : respiration axillaire 62-67, respiration xiphoïdienne 58-62; mon impression est que cette formule appartient au thorax normal, c’est-à-dire artistiquement beau.
D’autre part, l’étude des tables 11 et 111 montre qu’il n’y a pas de parallélisme entre le périmètre thoracique et l’amplitude, et cela aussi bien chez les enfants non exercés que chez ceux dont la cage thoracique donne tout ce dont elle est capable; la même amplitude respiratoire peut être atteinte par deux sujets dont les périmètres diffèrent de 20 centimètres. D’une façon générale même, les petits périmètres jouissent d’une amplitude au-dessus de la moyenne, tandis que plus d’un périmètre considérable n’atteint que le minimum d’amplitude ; cela se produit en particulier chez les adolescents atteints de raideur et cela concorde parfaitement avec l’observation de ces grands et larges enfants dont les poumons sont fragiles, comparés à ceux de gringalets fort résistants.
Le périmètre ne s’accroît pas non plus parallèlement à la taille ; à la naissance, le périmètre multiplié par 2 (le double périmètre de la règle militaire) excède la taille de 20 centimètres environ ; cette différence va diminuant graduellement jusqu’à l’âge de huit ans ; de huit à onze ans, le double périmètre est souvent égal à la taille du sujet; à partir de cet âge et jusqu’à la fin de la croissance, le double périmètre reste inférieur à la taille de 2 à 5 centimètres. Quand la croissance en hauteur est presque ou entièrement achevée, le thorax continue à augmenter en largeur.
Adultes. — Pour les hommes de dix-huit à vingt-cinq ans, les médecins militaires de tous les pays ont soigneusement établi des tables de la taille, du poids, du périmètre et de l’amplitude thoraciques.
La taille moyenne en France est de 1“,65 ; elle oscille entre 1“^,54 et 1“,91 pour les hommes admis au régiment.
Le poids moyen est de 59 kilogrammes ; le chiffre du poids se rapproche souvent du nombre de centimètres qui dépassent le mètre.
M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE RESPIRATOIRE,
Le périmètre moyen est de 0™,844. Il a été établi par le D'* Marty (1), sur un total de 10G72 hommes, dont 8 795 âj,^és de vingt et un ans, dans les conditions réglementaires, c’est-à-dire que l’on a pris la circonférence inférieuie du thoi’ax, à la base de l’appendice xiplioïde, et au-dessous du bord inféj’ieur des grands pectoraux; les mensurations ont été faites les bras tombants et dans l’intervalle de deux respirations. Les cliilfres obtenus par le 1)*’ Marly viennent généi*alemenl à rap[)ui de la règle établie par le 1)*’ V^allin, en vertu de laquelle la circonférence thoracique doit excéder la demi-taille de 0’^\0 1 pour les indiiidus de plus de 1^,60 et de pour les
individus plus petits. Cependanl celle; foi'tnule trouvée sur une élite, constituée par les médecins slagiaires au \'al-de Grâce, ne se rapporte qu’à des individus ti ès bien conformés et ayant terminé leui* croissance, ce qui n’est j»as le cas pour tous les conscrits. Lorsqu’on voulut, en 187G, l’applie^uer aux conseils de révision, il se trouva un nombre excessif de jeunes gens éliminés pour insuftisance de dévelop])ement de la poitrine, (pioiqu’ils parussent par ailleurs bons pour le service. Aussi l’ordre fut-il aussitôt rapporté, et il n’y a plus de périmètre réglementaire eu France; il devint évident que l’appréciation de la force })liysique basée sur le rapj)ort du périmèti'e tlioraci((ue à la taille est iiisuflisaiite ; cette obsei vation concorde bien avec celle que nous venons de faire pour les enfanis et les adolescents.
LelP'Pignet (2j a alors étudié les r apports entre la taille, le périmètre et le [)oids et a déduit de cette étude une formule qu’il a appelée la valeurnumérique de Vhomme. Pour l’obtenii’, on fait la somme du périmètre et du poids du corj)S, cette somme est ensuite soustraite du chiffre de la taille. Le reste de cette soustraction n’est autre que la valeiu' numérique. Par exemple pour un homme de 1“,54, dont le périmètre thoraci(jue donne 78 centimètr es et le poids 54 kilogrammes, nous faisons la somme du périmètre et du poids : 78 4-54=132; nous retranchons cette somme du nombi*e de centimètres de la taille : 154 — 132=22; la valeur nurnéri([ue de cet homme est de 22.
Taille — (périm. -|- poids) = val. num.
La même valeur numér ique peut appartenir à des hommes de tailles divei'ses, ainsi deux hommes de 1“,54 et de 1“,72 peuvent avoir tous deux la même valeur numérique 22, par ex. : 154 — (78 H- 54) = 22,
(1) Marty, Le développement physique chez les jeunes soldats {Ann. d'hyg. jmhJ. et de méd. légale, i&ny. 1897).
(i?) PiGNET, Valeur numérique de l’homme {Arch. médicales d'Anger.<i, 1900).
172 — (86-1-64)=: 22. Par contre, avec un même poids et un même périmètre des hommes peuvent présenter une valeur numérique très différente ;
Un homme ayant toutes les mesures moyennes a également la valeur numérique moyenne qui est de 22.
La valeur numérique varie de 21 à 25 pour les soldats et le périmètre a le rôle prépondérant parmi les trois facteurs qui composent cette valeur :