‹ KinésithérapieChapitre 132 sur 198 · V. n. au-dessous de 10 ctrri · texte numérisé non relu

V. n. au-dessous de 10 ctrri

de 11 à 20.

— de 21 à 25.

— de 26 à 30.

Au-dessus .

Constitution très forte.

— bonne.

— moyenne.

— faible.

— très faible.

La valeur numérique est d’autant plus faible que la constitution de l’homme est meilleure.

Dans un travail intitulé: (( Les mesures du corps comme signes matériels de la robusticité probable du conscrit », le Mackiewicz (1) a réuni des matériaux intéressants sur les rapports des diverses mesures corporelles. 11 arrive aussi à la conclusion que, si la règle du D’' Vallin est exacte pour les hommes triés, surtout pour ceux qui ont déjà vingt-trois, vingt-quatre ans, elle n’est applicable au choix des conscrits que dans les pays qui ont un grand excédent de jeunes gens par rapport aux contingents à incorporer, et non en France. Ce qu’il importait d’établir, ce n’est pas la moyenne, mais le minimum du périmètre compatible avec une bonne santé, et l’auteur arrive aux données suivantes :

Pour les tailles de l“i,54 à 1°^,64, tout sujet qui a à la fois un périmètre sous-pectoral inférieur à 0“,78 et un poids inférieur à 53 kilogrammes a été trouvé mauvais ou médiocre, cette appréciation ayant été basée sur l’examen somatique,' indépendamment de toute

mensuration.

Taille.

Poids miiiim.

Périm. miiiim.

lra,54 à 1“,64

0ra,78

lm,65 à 1“,70

lm,71 à 1“,75

1™,76 et au-dessus

(1) Le Caducée^ 18 mars 1905.

S90 M. NAGÈOTTÈ. — KINÉSITHÉRAPIE RESPIRATOIRE.

Pour déterminer le périmètre e.\act, le D’’ Mackiewicz prend la moyenne entre le périmètre dans l’inspiration maximale et dans l’expiration eomj)lète, mais dans ses écrits il n’insiste pas sur la valeur de cette amplitude respiratoire qu’il a soigneusement notée. 11 a bien voulu me communiquei* ses fiches d’observations et j’y ai pu voir que, chez des millieis de jeunes gens, tels (ju’ils arrivent au corps, avant tout exercice, l'amplitude respiratoire est de 3 ou de 4 centimètres; l’amplitude de 5 centimètres est beaucoup plus l’are et les cbitïVes supéi'ieurs sont exce[)tionnels. De plus, l’amplitude est sans rapport avec le périmètre et avec la taille; s’il y a une diiréi’ence, elle est plutôt ('U laveur des petits péi-imètres, fail (jue nous avons déjà vu chez les entaids. D’ailleuis Sappey, (|ui a tout mesuré, insiste sur le niampie IVéquenL de concordance entre la taille de l’individu et les diamètres du thorax.

L'amplitude respiratoire }ouc un l'ole im|)ortant dans la plupart des pays (rpui'ope. En Allemagne, les conseils de révision exigent une am[)lilude l espiratoire d’au moins ;1 centimètres ; dans le môme i>ays, les compugnies d*assurance considènml comme susj)ects, au point de vue de la sanlé ])ulmonaiie, les adultes (|ui n’ont pas 4 centimètres d’am|)lilude. En Suisse, l’amplitude ne doit j>as être inférieure au 1/25 de la taille, par exemple : (aille i'",G5 : 25 rz= 6‘=“',5 ; taille 1“',54:2.5 = 5®“,1(3.

Le D*' Lemoine, professeui- au \'al-de-Gràce, a mesuré l’amplitude respiratoire d'un grand nombre de soldats, en môme temps que leur taille, leur ]>oids, leur valeur numéri(|ue ; les registres inédits qu'il a ainsi établis, et (|u'ila bien voulu me permettre de consulter, sont instructifs à tous égai'ds.

En ce qui concerne l’amplitude res})iratoire, la moyenne pour 4 190 hommes est de 5 centimètres, et voici comment se répartissent les amplitudes, ces données étant, comme le pense très justement le D'’ Lemoine, plus utiles à connaître que les moyennes :

Amplitude. Nombre

(l hommes.

.\m[)litude. Nombre

d’hommes.

Près de la moitié des hommes ont donc 5 ou 6 centimètres d’aniplitude respiratoire maximale et l’on est en droit d’attribuer uni(iue-

ment à Ja vie remplie d’exercices rationnels cette augmentation de l’amplitude, par rapport aux jeunes gens à peine incorporés, dont s’est occupé le Mackiewicz. Le D^’ Lemoine a étudié d’une part les soldats bien portants du 32® régiment d’artillerie, d’autre part les malades du Val-de-Grâce, soit entrants, soit convalescents; la moyenne de l’amplitude est de 5 centimètres chez les deux catégories, ce qui permet de se servir des chiffres du Val-de-Grâce.

Enfin, j’ai également mesuré l’amplitude respiratoire de beaucoup d’adultes, et si le nombre de mes mensurations est reâ^treint, par contre elles se rapportent aux deux sexes et à tous les âges : j’ai obtenu les mêmes résultats que les médecins que je viens de citer.

L’amplitude respiratoire de l’adulte non exercé est de 4 ou 5 centimètres ; les personnes habituées aux exercices, au chant, les vigou-, reux ont 6 et 7 centimètres ; peu d’adultes ont une amplitude de 8 ou 9 centimètres et 10 est un chiffre exceptionnel, même chez les individus exercés, dont la poitrine donne son maximum. Cela est exact, qu’il s’agisse du périmètre sub-omo-sus-mammaire, du périmètre militaire sous-pectoral ou des périmètres axillaire et xiphoïdien. C’est certainement une erreur de croire que « l’amplitude moyenne normale est de 10 centimètres » ou que « la course physiologique est de 10 à 12 centimètres » (1). Pour arriver à une pareille I moyenne, il faudrait que l’amplitude supérieure à 15 centimètres fût commune.

Comme chez l’enfant, l’amplitude ne va pas croissant avec le périmètre ; ainsi l’amplitude de 10 centimètres appartient aux périmètres les plus divers qui se placent entre les extrêmes 72-82 et 94-104, la plupart étant des périmètres moyens de 83 à 85 centimètres ; il en est de même pour des amplitudes exceptionnelles comme 78-90 et 83-97. De même les amplitudes faibles de 3 et 4 centimètres appartiennent à tous les périmètres, jusqu’aux plus développés. En parcourant ces colonnes de chiffres on voit, comme pour les enfants, que ce sont surtout les petits périmètres qui se défendent, en quelque sorte, par le jeu plus ample de la cage thoracique.

11 n’y a pas, non plus, de relations entre la taille et l’amplitude respiratoire.

’Volume d’air. — La mensuration extérieure de la cage thoracique est certainement le moyen le plus simple et le plus pratique pour juger de son fonctionnement. Mais on peut aussi mesurer la capacité respiratoire au moyen de divers spiromètres qui enre-

(1) Rosenthal Presse médicale, 1904, p. 130 et 178.

392 M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE RESPIRATOIRE.

gislrent directement, le volume de l’air expiré. Pour l’adulte, dont la capacité totale est 4 ou litres, la ditrérence entre l’inspiration et l’expiration maximales est de 3 litiges 1 /2, 1 liti-e 1 /2 restant toujours dans le poumon sous foi me d’air résiduel ; mais la respiration ordinaire ne porte que sur 1/2 litre d’air. Pour les enfants exercés, j’ai trouvé les cliitfres suivants :

<) à 8 ans 3/4 à 1 litre 1/4

8 à 10 ans 1 litre 1/4 à 1 litre 1/2

10 à 14 ans I litre 1/2 à 2 litres

14 à 10 ans 2 litres à 2 litres 1/2

(’^e j)rocédé, [)lus scientili(|ue, est beaucoup moins maniable ({ue la mensuration simple; on ne j)eut partout tiansporter le spiromètre; on ne peut pas s’en servir chez dejeunes enfants ; il faut d’ailleurs toujours plusieurs épreuv(‘s [)our obtenir un l ésultatsin-, pour apprendre au sujet à ne pas(^x[»irer àc(Mé d(‘ l’embouchure, pour obtenir le maximum d’inspiration (d d’expiralion ; de plus, l’emploi du si»iromèlre nécessite rattenlion du sujet, or l’attention exei'ce une action inliibitoire sur la respirai ion.

Gréliant a établi ([ue l'inspiiation de 500 centimètres cubes ventile le poumon mieux (|ue deux inspiiations successives de 300 c. c. ((Ml tout 000) ; si donc l’accélération est une nécessité quand la i*espiralion ne ])eut pas s’ampliliei’, (dh; m; comjxmse pas le défaut de profondeur de l’inspiralion ; — la cliniijue contirme absolument ces données expérimentales.

Diagnostic de l’insuffisance respiratoire.

Nous dirons (|u’il y a insuftisance l•es|)iraloire absolue, ([uand un enfant n’atteint pas au moins l’amplitude moyenne correspondante à son âge, quand un adulte a une amplitude inférieure à 5 centimètres ; mais, tout en atteignant ces moyennes, l’amplitude est encore insuftifisante toutes les fois que l’exercice est capable de l’augmenter.

L’insuffisance peut êtie générale, poidant également sur les divers territoires costaux, atteignant les deux poumons ; elle peut ôti’e partielle ou du moins prépondérante dans la région costale supérieure ou inférieure; elle peut, enfin, atleindre un coté du poumon plus que l’autre, ce qui est fréquent dans les affections pleuro-pulmonaires* L’inspection du thorax, la mensuration avec le centimètre symétrique permettront de jeconnaître ces détails importants. L’auscultation est indispensable pour établir la topographie de l’insuffisance et pour suivre les progrès du traitement dans ces cas.

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