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MANUEL OPÉRATOIRE ET PHYSIOLOGIE DU MASSAGE ABDOMINAL

Le malade sera placé sur un lit dur, abordable des deux côtés ; il aura le siège un peu élevé, les cuisses en demi-flexion sur le bassin et dans une légère abduction, il respirera librement ; en un mot, il devra mettre et maintenir sa paroi abdominale en état de relâchement complet.

Le médecin se placera de préférence à droite du malade, debout ou assis, mais en tout casde façon à être légèrement penché en avant pendant le massage, afin de pouvoir donner, sans trop de fatigue, la force nécessaire. Il se servira de poudre de talc qui facilite le glissement des mains, en faisant disparaître la moiteur de la peau.

On recommandera au malade d’uriner avant la séance de massage. Le massage abdominal comprend : 1° Le massage total du ventre ; 2° Le massage de l’intestin ; 3° Le massage de l’estomac.

Massage total du ventre.

Même dans les affections très nettement limitées à l’estomac ou au gros intestin, il est bon de commencer par un massage du ventre, et ceci pour plusieurs raisons :

D’abord, il faut agir sur la circulation abdominale et sur les plexus nerveux, si l’on veut modifier l’état anatomique de tel ou tel organe du ventre ; ensuite, l’estomac, si c’estlui que l’on masse, étant en grande partie caché sous les côtes, ne pourra être atteint complètement que par l’intermédiaire de la masse intestinale ; déplus, les affections de l’estomac s’accompagnent presque toujours d’un trouble du côté de l’intestin grêle (dyspepsie duodénale, défaut d’absorption et d’assimilation), du gros intestin (constipation, diarrhées, entérites chroniques) ; enfin le massage du ventre aura souvent pour grande utilité de tonifier les muscles, dans certains cas très affaiblis, de la paroi, devenue impropre à son rôle de sangle abdominale.

Le massage du ventre agit en outre sur le foie et le pancréas, dont il active le fonctionnement.

Il peut être superficiel ou profond.

F. CAUTRU. — KINÉSITHÉRAPIE ABDOMINALE.

1® Massajçe alxlomiiial superficiel. — On doit pratiquer un i< massage calmant ou excitant ^ selon l’ell'et (pie Ton désire obtenir.

Massage superficiel calmant. — Il comprend V effleurage et les vibrations superficielles.

Effleurage. — C'est une sorte de i'ndement jiratiqué avec la face palmaii*e des deux mains' (|ui agissent simultanément, de telle façon qu’une main recommence son mouvement avant que l’autre n’ait terminé le sien. Cette rnainjeuvie s’enqiloie dans les cas où il y a sensibilité de rabdomen. douleur et crises gasti'iiiues et doit toujours jirécéder un massage }>rofon(l.

\ oici, |)ar exemple, en cas de douleur vive au creux épigastri([ue, douleur, comme on le sait, si fré(iuent(* chez les dyspepti(|ues, eeque je conseille de faire : le méib'cin jilacé à la droite du malade pose à |)lat sa main droite sur b* creux de l’estomac, les doigts dii igés vers le sein gauche et servant en (pichpie sorte de pivot autour diKjuel tourne la |)aume de la main, (adle-ci se dirige alors de la fourchette du sternum (m bas et à gauche, en sui\ant le bord inférieur des fausses côtes. Pendant (pie la main droite de.scend vers la gauche, la main gauche fait un mouvement semblable, mais avec la pulpe des doigts et en descendant vers la droite.

Cette mameuvre doit être faite tivs rapidement de faç-on (jue la région douloureuse soit toujours en contact avec la paume de la main ou la })ul[)e des doigts. L’anesthésie se j)roduit assez vite et j’ai vu maintes fois, par ce procédé, cesser des crises gasti’i(]ues d’une extième violence au bout de dix à (piinze minutes, (ie massage sédatif ou calmant est en (piehpie sorte instinctif et il s’est pratiqué de tous temps. Hue de fois le médecin arrivant au|)rès d’un malade atteint de gastralgie, nerveuse ou sym])lomati(jue, le trouve, se frictionnant avec les mains la région douloureuse. La j)rati(iue médicale qui consiste à IVictionner doucement l’abdomen des jeunes enfants atteints de coli(|ues, avec des huiles j)his ou moins médicamenteuses, agit autant par ce massage légei- que pai- l'absorption douteuse du médicament.

Vibrations superficielles. — A côté de l’eflleurage, je fais jouer un l'ôle très important et dans certains cas j)i‘épondérant, aux vibrations superficielles. Lien n’est sédatif comme ce massage qui S(; [)ratique en imprimant à la main, j)Osée à jdat sur la région douloureuse, une sorte de tremblement excessivement lin et pénétrant, exécuté dans tout le bras, de l’épaule à la main il). Ce mouvement « librillaire )> doit être senti profondément par le patient, la main

(1) C\i;Titu et Bouucart, Le II« vol. ; Estomac et Inleslin. Taris, Alcan, 19U8,

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