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EXERCICES RESPIRATOIRES DANS LA STATION DEBOUT

pourvu qu'on songe à développer tous les muscles et tous les modes respiratoires, toujours dans le but d’obtenir en définitive non pas tel type respiratoire, mais une respiration générale ample.

Asthme. — Dans la plupart des cas on n’est préoccupé que de l’inspiration et de son ampleur, l’expiration se faisant normalement sans effort musculaire, et si nous la surveillons, si nous la forçons, c’est pour obtenir par ce moyen une inspiration consécutive plus complète.

La situation est différente chez les asthmatiques ; ils ont une inspiration forcée, convulsive, leur poitrine est déjà dilatée au maximum, ils se servent, meme en dehors des accès, des muscles auxiliaires de l’inspiration. Mais l’expiration est incomplète; ils gardent un grand volume d’air résiduel dans la poitrine et c’est en éduquant l’expiration qu’on leur rend service.

1. On aura recours à l’expression manuelle du thorax telle qu’elle est décrite et figurée plus haut (lig. 268 et 270).

2. Les divers exercices décrits seront faits avec beaucoup de prudence, l’inspiration étant toujours modérée, l’expiration seule forcée, aidée par un mouvement des membres supérieurs, par la flexion du tronc ou des genoux; l’amplitude respiratoire augmentera dans le sens de l’expiration presque exclusivement.

3. Le mouvement de torsion passive du tronc est particulièrement recommandé par les Suédois chez les asthmatiques, dans le but de rendre et de conserver mobiles les articulations vertébrales et costales, dont la raideur semble être l’une des causes des troubles respiratoires.

Les Suédois font exécuter cet exercice par deux aides, comme le montre la figure 277, en imprimant au tronc des mouvements de

M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE RESPIRATOIRE.

demi-rotation altcimativement à droite e( à gauche, rapidement, avec l’appui dorsal des mains pris comnu*- charnière.

(juand il s’agit d’eniants, l’exercice se fait ])lus sim[dement (fig. 278); une personne placée derrièi’e l’enfant suffit pour toi-dre le ti-oncen appuyant la main droite sur la l’égion sca])ulaire droite, tandis que la main gauche tire en arrière l’épaule gauche. L’inspiration se

fait au repos, rexj)iration pendant la torsion.

4. l n autre pi-océdé pour forcer l’expiration cofisiste à faire compter rasthmati([ue pendant la durée d’un(‘ expiration, en essayant graduellement d'allei’ de plus en ])lus loin; il ne s’agit [>as de retenii' son souftle, de le dél)ih*r lentement comnu* font les chanteurs, il s’agit d’utilis(M’ la plus grande (piantité de l'air inspiré'.

Le S|)iromètre est utilisé chez les asthma- -tiqcies-av(‘c le mènu^ objectif. Comme tous les «‘xercices chez les asthmati(|ues, celui-ci sera fait avec beaucoup de ménagements, c’est-àdire en ne demandant aux[)atients (|ue de très lents jtrogrès. Ils S(i trouvent alors extrêmement bien des (*xeiric(‘s, leur existence dans l’intervalle des accès est intinimenl moins pénible, la parole plus facile et la dyspnée fort diminuée. C1h‘z les enfants l’intluence des exercices est beaucoup j)lus frappante (pie chez les adultes, surtout (}uand on institue ce mode d’existence (car chez eux, c’est cela et non pas un tiaitement) après (pi’ils ont été maintenus pendant des années dans l’inuiKjbilité, par n ain te des accès d’oppression ou des séries de bronchites. Il semble bien (pi’en dehors de l’elfet sui* la santé générale, les accès d’asthme se fassent rares chez les enfants ainsi traités.

Fig. 278. — Torsion exécutée par une seule personne.

PAR

le F. CAUTRU.

Ancien interne des Hôpitaux de Paris.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Le massage abdominal mériterait d’avoir, dans la thérapeutique d’un grand nombre de maladies chroniques, une place d’honneur qu’il est encore loin d’occuper, tant sont grandes la routine et la foi dans une polypharmacie souvent plus nuisible qu’utile. Et pourtant quelle puissance d’action il a sur la nutrition, sur la circulation générale, facilitant les sécrétions, l’assimilation, et activant l’élimination des produits toxiques !

11 n’est pas né d’hier, cependant, et sans vouloir faire l’historique de la question, rappelons que chez les Chinois, un nommé ïamo disait déjà, trois cents ans avant l’ère chrétienne, « qu’il fallait de temps en temps réveiller le petit cœur du nombril par des frictions et des tapotements, flageller le corps de haut en bas avec des sacs remplis de grains de plomb et faire faire aux membres des mouvements dans tous les sens », indiquant ainsi du même coup l’importance du massage abdominal, du massage général et de la gymnastique, faisant même du ventre le centre de la vie.

Depuis, des siècles ont passé, sans que la question ait fait un pas, le massage du ventre demeurant l’apanage de charlatans et de sorcières, qui, à l’aide de passes magnétiques, guérissent le carreau quand il ne s’agit que de la dyspepsie flatulente des jeunes enfants, les coliques et entre autres les coliques de miserere quand il n’est question que de constipations opiniâtres, etc.

11 faut arriver à notre époque pour voir éclore les premières expériences qui démontrent l’action de ce puissant agent. Successivement Chpoliansky, puis Rubens Hirsberg démontrent son action sur le muscle stomacal, prouvant par des sondages que le séjour des aliments est toujours abrégé par un massage abdominal de dix à quinze minutes. Stapfer inspire à son élève Romano une thèse fort intéressante, publiée en 1895 et dans laquelle sont relatées des expériences ayant porté sur un certain nombre de femmes et surplus de 120 animaux et dont les conclusions aboutissent à prouver que le

F. CAUTRU.

massage abdominal est un régulateur de la pression sanguine, abaissant la pression chez les hypertendus, la relevant chez les hypotendus.

J’arrivais aux mêmes conclusions à la même époque, sans avoir eu connaissance des travaux de ces distingués auteurs, ne différant avec eux que sur un ])oint (1). Stapfer a toujours remarqué chez les hypertendus une j)liase d’élévalion de la ])ression, précédant la phase d’ai)aissement. (a; phénomène ne m’a tVaj)pé (jue bien rarement et je pense ([u’il s’agit d’une (juestion de manuel opératoire, les manij»ulations douces (vibrations légères, foulements, etc.) produisant de suite de l’hypotension, comme nous le vei’rons plus loin, les manipulations fortes d’emblécî (malaxations, [)étrissage, hachures, etc.) pioduisant toujours de l’hy|)ei‘tension au début et souvent même pendant toute la séance de massage.

Quoi (ju’il en soit, et fei niànt cette parenthèse, disons quede nombreux auteurs actuels se sont occupés de la (juestion, tels (jue Iluchard, Colombo, Lagrange, llerne, lîoui'cart (de (ienève), Norstiom. S'alignât, Sacjuet (de Nantes), etc. et (jue l’heureuse action du massage du ventre est aujouid’hui scientiliquement démontrée.

Nous allons étudier successivement : le manuel opératoire et faction physiologique du massage abdominal, tes indications et contre-indications du massage dans les affections de f appareil digestif et de ses annexes, et dans celles des orgujies de la circulation.

Nous dirons ensuite (juebjues mots de méthodes adjuvantes du massage abdominal.

(1) Moutikr, Ra|»|)ort préseiilé au l*’'' Congrès de Pliysiotliéraijie, Liège, 1900 : Le trailenient de l’hy[)ei tension artérielle |<ar les agents idivsiques.

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