TECHNIQUE DES VIBRATIONS
La vibration est donc une sorte de tremblement excessivement fin et pénétrant, exécuté dans tout le bras, de l’épaule à la main, sorte de mouvement « fibrillaire ».
La « bonne vibration » doitêtre sentie profondément parle patient et la main doit paraître immobile.
Un exemple de bonne vibration sera le suivant. Si l’on pose sur un guéridon une coupe de cristal, pleine d’eau jusqu’aux bords, la main placée à plat sur la table, à une certaine distance de la coupe, devra produire à la surface de l’eau des ondes concentriques partant des parois du verre et allant vers le centre, la masse liquide tout entière subissant un mouvement de vibration, pas une goutte ne débordera du vase, tandis que la vibration « mal faite », par tétanisation du bras, répandra rapidement l’eau sur la table, en provoquant des ondulations tumultueuses, des « secousses )> en un mot.
Le meilleur exercice vibratoire est l’exercice sur un tambour à transmission, garni de caoutchouc plus ou moins épais et réuni au manomètre enregistreur de Ch. Verdin (tig. 334).
Pour bien exécuter les vibrations sur une malade, il faut plusieurs conditions :
1° Êtrfe dans un état d’esprit calme, ne pas être nerveux ni excité, ni avoir produit auparavant un effort considérable, ou fait une marche un peu longue avec les bras pendants et congestionnés. Il faut être reposé.
2° Le médecin doit se placer autant que possible dans une position commode par rapport à*son sujet, par exemple, pour les vibrations abdominales, être assis à côté de lui, dans une situation peu élevée, le buste légèrement penché en avant, pour régler la pression par l’effort de retenue des muscles du dos et n’avoir pas à supporter le poids de son bras, ce qui nécessiterait une contraction des muscles brachiaux.
3° Observer le silence, se concentrer dans son acte pour bien suivre la sensation tactile, car le bras vibrant doit pouvoir sentir, masser, diagnostiquer; pour ne pas être distrait, il est bon, sans forfanterie, de fermer les yeux, la vue est au bout des doigts.
4° La malade doit observer le silence, ne répondre qu’aux questions qu’on lui pose et se prêter autant que possible aux mouvements qu’on exécute sur elle, c’est-à-dire ne point se contracter, mais respirer calmement et librement quand elle le peut.
A ce moment il se produit une sorte d’excitation, de frémissement dans tout le bras et surtout dans l’avant-bras, frémissement qui se transmet à la main ou à l’extrémité des doigts, si ceux-ci sont seuls 0p contqct- De temps en temps il y a de très légers piouyements ffe
BOUnCART. — KINÉSITITËRAPIE GYNÉCOLOGIQUE.
flexion et d’extension dans le poignet on de petits monvemerits d’enfoncement de la main poussée en avant par le bras; c’est une sorte de mouvement de reprise et de détente, mais le mouvement vibratoire se continue toujours à peine visil)le. La malade, (|uand la
Fig. 334. — Courl)es de t'ibradon manuo/lp enregistrées au moyen de taml)Oiirs de Marey-Ch. Verdin. Les courl)es larges sont inscrites parle tambour extra-sensible; elles sont porduites sur un tambour en verre recouvert d’une membrane épaisse de caoutchouc (chambre à air d’automobile). La j)ression maiiométrique est de 1/2 1 1/2 ceiitim. de Hg., par
conséquent très minime et bien inférieure à la pression sanguine. Les vraies vibrations doivent toujours être aussi régulières que ci-dessus ; ({ue la pression soit forte ou faible, elles restent les mêmes, 10 à 12 la seconde; leur vitesse (nombre) est indépendante de la volonté, c’est un mouvement automatique qui peut durer de une minute à une heure, seule \i\. pression peut varier (Bourcart).
vibration est fine et jténélranle, ressent comme une « sensation de courant électrique ».
Quand le mouvement devient plus fort, plus intense, les vibrations sont alors facilement visibles sur la main ; en s’accentuant encore, elles peuvent devenir des trépidations.
Le mouvement de vibration, combiné à celui de massage, facilite celui-ci, en détendant les muscles et en assouplissant les tissus.
Le massage vibratoire doit toujours être commencé très doucement ; il peut être de plus en plus accentué, si cela est nécessaire, et il doit être terminé comme il a été commencé.
Ï’ÊCHNIQÜE DES VIBRATIONS. 5oi
La vibration est toujours indépendante des mouvements exécutés par la main ou le bras, elle est une sorte de réflexe et peut durer indéfiniment.
La vibration peut être exécutée sur la peau; dans bien des cas, la chose est préférable, la main prenant un contact plus intime, mais
Fig. 333. — Vibration générale superficielle du ventre. Mouvement doux. — L,a main, très légèrement posée à plat, n’appuie guère que par le bout des doigts. Le bras est tendu, la vibration est générale et très fine .
elle peut aussi avoir lieu à travers des habits et même un épais pansement.
La vibration est une véritable u onde » qui pénètre à volonté dans la profondeur, se transmet à tout le corps, souvent même, alors qu’elle est très fine, mais très intense, au lit du malade, aux objets voisins et jusqu’au plancher de la chambre.
La vibration exécutée sur le devant de la poitrine ou sur le ventre doit être perçue sous le dos en y appliquant la main.
BOURCARf. — KINÉSITHÉRAPIE GYNÉCOLOGIQUE.
Son action est mécanique et rétlexe, générale et spéciale ; elle agit comme le massage dans certains cas, mais d’une façon plus énergique, plus complète ; elle n’en est du reste ({u’une variété; elle peut
Fig. 336. — Vibration de la fosse iliaque droite, par la paume de la main droite, très légèrement appliquée sur le ventre. Le bras est renversé, le coude en dehors ; la vibration est antéro-postérieure.
être employée dans bien des cas oii le massage, tel qu’on entend habituellement ce mot, ne pouriait être apftlitpié ; son cbamp d’ajiplication est extrêmement vaste, étard données la variété et l'intensité de ses eflêts.
MANIPULATIONS SPÉCIALES DEiViBRATlON.
Manipulations spéciales de vibration. — Elles peuvent être aussi variées que complexes, la main n’étant qu’un contact destiné
Fig. 337. — : Vibration pyloro-sous-hépatique. La: main gauche soulève les fausses côtes depuis la région lombaire. La main droite est introduite légèrement sous le rebord costal, les doigts sont assemblés, le pouce en dehors, le bras tendu ; la vibration est allongée et ■ pénétrante. Pour exécuter la vibration sous-hépatique, la main regarde plus obliquement à droite ; elle agit sur la circulation pcyrlale.
à être appliqué sur le malade, pour transmettre la vibration à l’organe qui nécessite cette manipulation.
La vibration peut être large ou ramenée sur un seul point, être profonde ou superficielle.
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On exécutera des vil)ralions du ventre, de la ‘poitrine, delà tête, comme des vibrations sous-costales gauches, épigastriques, sous- costales droites, stomacales, pyloriques, coliques, hépatiques, rénales, vésicales,
Hg.irrs. — Vibration ])rofonde. Toute la surface palmaire prend contact, l'appui est graduel, il s’elfectue une légère saisie delà masse intestinale. Le bras est tendu. La vibration est antéro-postérieure et transversale.
cardiaques, etc., pour ne citer que quel((ues variétés. 11 est inutile de les décrire ici en détail, cbatjue opérateur les exécutera de la manière qui lui est le plus convenable et (|ui réjtond au but à atteindre. Le bras peut varier dans sa pttsilion : il peut éli t» souple, arrondi, ne subissant aucun ellorl, ou au contraire être tendu, tillonyé.