FRACTURES
On a déjà beaucoup écrit sur ce sujet et Lucas-Championnière a donné, avant tous, la monographie la plus complète de sa méthode mobilisatrice : nous conseillons de s’y reporter pour les détails, car nous ne pouvons donner ici que de rapides indications sur la généralité et les particulai'ités de la massothérapie dans les diverses fractures (1).
Championnière a démontré que les qualités accordées à l’immobilisation dans les fractures n’étaient pas le résultat de justes observations; il a insisté sur ce principe que le mouvement était nécessaire à la réparation des foyers de fractures, du cal comme des parties molles, que le massage aidait cette réparation par son action physiologique sur les éléments musculaires, nerveux et osseux.
Les fractures se présentent à notre étude avec une grande diversité de symptômes, de gravité, d’indications thérapeutiques, etc. Toutefois, nous pouvons considérer deux fractures simples, d’ohservation courante, une pour chaque membre, insister sur leurs caractères les plus généraux pour que nous puissions nous en servir comme modèles de description, donnant ensuite pour chaque variété, les caractères particuliers qui en diffèrent. Au membre supérieur, nous nous étendrons plus longuement sur la fracture de l’extrémité inférieure du radius.
(1) Lucas-Cham[>ionnikrk, Traitement des fractures par le massage et la mobilisation, Caris, 1895.
DAGUON. — MASSAGE ET MOBILISATION
Fractures de jambe.
Nous choisissons comme (\|»c de descii|dion, au uumuIut iule- 1^6111-, la IVacliire de jam])e la |)lus commune, celle (lui intéresse la diapliyse libiale à son liers moyen. Peu nous im|)orte (juVlle soit de caus(‘ directe ou indirecte, mais elle n'est i>as compli(|ué(‘, cai* l'indication est alors loul autre. Notre malade est donc un adulte ([ui en glissanl, j)ai* exemi)le, est tombé sur sa jambe llécbic*. H n'a pas pu se relever', n’a pas Insisté d’ailleurs, par crainle de l'endi'e son état plus grave. On l’a de suite transpor té sur un lit ])our applirpier' un appareil.
Discussion du traitement. — Dans les IVactur'es de jambe, la rnassotliéi’apie n’est pas toujours le meilleur' tr'ailernenl ou le tr-ailement exclusif. C’est avec intentiori (jue nous avons choisi ccd le fracture pour' monti'er (jiie dans toute tVactur'e le mas.sage a ses indications, même quand son emploi ne doit pas êtr*e le seul, à l'exclusion de toute aulr-e méthode.
Le rnetnbr'e est toujoui's plus ou luoins défor'rné, la saillie osseuse de la cr'ète tibiale menace par'fois de ])er*forer la peau; le fr'agrneni inférieur est en abduction ou adduction et souvent en tlexion par contraction du Iriceps siu’al, des péroniers latér'aux ou des jarnbier's. Le malade accuse de la douleur au siège de la IVaclur'e et même à tout le membre, douleur- exagér-ée à la [rression. Il y a inrjrolence, mobilité anormale, mais ce sont là des symptômes ([u’il vaut mieux r’esjrecter.
L’examen se pour-suit pendant que la main fait quelques pr'c.ssions Ir'ès légèr-es sur les masses musculair'es de voisinage, et tente la r'édirction apr'ès avoir vaincu les coiiti'actiu'es ; si les tragments sont bien coaptés, avec per-sistance de cette réduction, on pose le meirtbra* dans une gouttièr e en Itl dr; fer* régulièrement ouatée, eu tir ant sur* le [)ied, (d on fixe le tout, sans serrer, avec, une bande de toile ou de mousseline. Il estimrtile dr; direriitesi la défor-mation était nulh* [rar suite de (Vaclnr'e sous-périoslée, comme cela arr'ive chez les enfanlsou darrs cer'tains cas moins gr-aves, on n’aur'ait jras besoin de réditir'e (d. de suite le nuunbr'e servait jrlacé en goutlièi'e métaUi(jue ajrrvs le massage.
Les douleurs dirninuenl, mais reiraraisseirt au bout de quelques beirr'es ; ceprmdant le dégonflement s’o})ère et le lendemain la r'égion de la IVactur-e est moins tuméfiée, les muscles moins sensibles, rrrais les ecchymoses ap[)ar'aissent et vont se ])lacer à la région postér ieure (infér ieur'e) du membr*c.
Nous voyons, en levani l’aj)]>areil pour* la seconde fois, si la
FTIACTIIRES'DE .TAMBE.
nidiiction s’est maintenue. En ce cas, nous pouvons espécec (pie les IVaginenls gacdeiont leurs rapports et le traitement sera e.xclusivement cim'isifjue.
Dans le cas contraii*e, on pourrait tenter une nouvelle r('*(luction et attendre encore deux ou trois jours : il n’y a aucun danger à patienter quatre à cinq jours ; et, comme il est important que le blessé retrouve un squelette régulier, surtout au membre inférieur, on emploie rimmobilisation avec des attelles 'plâtrées, au besoin on fait une suture osseuse. 11 faut avant tout réduire et maintenir la réduction.
Fig. 53. — Contact Je la plante du pied ^Rééducation des réflexes plantaires).
La plupart de nos mouvements de marche sont dus à des réflexes dont le point de départ est à la peau de la plante du pied (terminaisons nerveuses spéciales) et aux sensations de pression des articulations du membre. Aussi est-il bon, pour préparer la reprise de la marche, d'entretenir ces sensations par des pressions de contact à la plante et des pressions plus fortes, ressenties par les diverses surfaces articulaires (hanche, genou, cou-de-pied).
Autant nous comprenons que le traitement soit choisi axec cet éclectisme, autant nous blâmons les masseurs qui veulent masser toutes les fractures de jambe, et les chirurgiens qui suturent d’emblée ou immobilisent sans indication certaine.
S’il est nécessaire, la radiographie vient approuver la réduction de la fracture.
Technique du traitement. — Quoi qu’il en soit, l’appareil est maintenu le temps nécessaire à la fixation des fragments, quinze à vingt-cinq jours; on peut, et même on doit masser et mobiliser à cette époque. Mieux vaut conserver le moins longtemps possible la gouttière plâtrée; car la massothérapie joue un rôle tellement utile (ju’il faut l’utiliser, dès qu’on le peut et tant qu’on le peut.
DAOnON. — MASSAGE ET MOBILISATION.
Au (l('‘l)ul, l<‘ massag'«‘ a^u( conlrt' la (louleiii’ (*1 la irsoi'p- (iou (les (‘xsudals; le inein])re es! à peine mohilisc'*. Plus lard, les pressions ont pour but (renlindenir la vilalib'* des (issus, os, inusrles, etc. f.es uiouNCMueuls passifs soûl e.\(îeul('‘s (ral)ord à
Fig. 51. — l\é;Mucatioii de la marche (réé.Uicatioa circulatoire el coiilacl du sol).
Qucl([ue temps avant le lever des blessés, on peut pi'oliter de raj)proche de la guérison, ])Our |)réparer (juclques e.xercices de rééducation. Le blessé ne peut encore se tenir sur sa jambe iiisuriisamment consolidée, pourtant on commence, en le Faisant asseoir sur le bord de son lit, à placer ses jambes verticalement de temps en lemj)s pour réédmiuer la circulation veineuse, et à faire sentir à la plante du j)ied malade le contact du sol, dans le but de rééduquer les rétle.xes j)lantaires.
uno cc'rLaine distance de la plaie osseuse, au.x orteils, au ])ied, puis au cou-(le-[)ied, enfin au genou et à tout It^ membre inférieur. On excite les points de déjiart réllexes de la marcbe, |)ar d(‘s contacts de la main à la plante du ])ied, des jiressions au.x talons antérieur ou jiostérieur dig. 53).
Pu peu a\ant la coiisolidatiou, on ]H*ut avec précautâm exercer