‹ KinésithérapieChapitre 80 sur 198 · RÉÉDUCATION VEINEUSE · texte numérisé non relu

RÉÉDUCATION VEINEUSE

autres stations ne devraient être employées qu’à condition de n’avoir qu’une courte durée, puisque pendant ce temps les veines du membre inférieur sont insuffisantes pour assurer une circulation normale et régulière, aucune circulation de suppléance ne vient aider les veines profondes, si les muscles, ne se contractent pas, ne chassent pas le sang dans les veines superficielles, voies de dérivation. Les veines profondes se dilatent, et si quelque assistance circulatoire ne survient pas, la paroi musculo-élastique est forcée et la dilatation progresse. Le décubitus ou la marche sont donc nécessaires pour une circulation régulière, et même la marche devient elle-même insuffisante à assurer la circulation veineuse, au bout d’un certain temps, comme on l’observe chez les soldats après de longues étapes.

S’il en est ainsi chez l’adulte en bonne santé, on comprend que les malades, qui présentent des lésions aiguës des membres inférieurs, doivent se soigner dans le décubitus. Le pied est placé plus haut que le bassin dans le lit, car le siège déprime le matelas par son poids. Si on se sert de chaise longue, il faut recommander de donner au membre cette obliquité nécessaire pour aider la circulation veineuse.

Le massage aide la circulation, la mobilisation passive de même, mais ce sont surtout les exercices actifs qui, faisant contracter les muscles, agissent sur la circulation veineuse anastomotique des systèmes profonds et superficiels, conservent à ces veines la suffisance de leurs valvules et s’opposent aux dilatations qu’entraîne la stase veineuse.

D’autre part, si de nouvelles veines plus petites sont appelées à remplacer les anciennes, les exercices actifs aideront ces veines de remplacement à se dilater, et commenceront la gymnastique de leur paroi musculaire.

Mais cette dilatation est insuffisante, et la veinule se trouverait surmenée dès le premier, jour, si on se contentait de cette éducation du décubitus. Dès que le malade le peut, on met ses jambes en position verticale sur le bord du lit ; l’effet de la pesanteur se traduit sur le système veineux : les veines se congestionnent, les jambes deviennent bleues, violacées, se tuméfient, et, si on insiste, l’œdème apparaît. Il est inutile d’attendre cet instant : aussi laisse-t-on cinq minutes la jambe pendante, le pied sur un coussin, pour qu’il ressente les effets réflexes du contact et s’éduque de ce côté pour la marche. Chaque heure le convalescent fait ainsi trois à cinq minutes de position déclive. Peu à peu on augmente et on recommande, s’il est possible, quelques exercices actifs, sans s’appuyer sur le pied. Cette mobilisation préventive a comme effet d’aider le premier temps de la rééducation veineuse, la dilatation de la veine.

DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION

Mais il osl une liiiiiie à celto dilalation ; il n’esi, pas utilo (jiie lo convalescent gagne des varices à celle réédiicalion. Aussi la posilion déclive doit-elle êlre toujours de courte durée et suivie de décubilus.

Méthode rééducatrice. — Dès que le malade se lève, il fait en même temps réducalion de la marclie et de la circulalion veineuse. (^.e])endant si on ne surveilb» |>as j)arliculièrement celle-ci, les u'dèmes du soir ])(*rsist(Mit longlemps el le membre devieni vari- (pieux.

(iclte rééducalion veineuse est basé(‘ sur cidte loi d’observation [)hysiologi([ue (|ue Imite veinule appelée à remplacer une veine importante obturée se dilate d’abord, puis gagne en résistance, du coté de ses luniipies, les libres musculaires lisses et les librilles élasliipies s’by|)erlroj)biant, s’byperplasiant avei* d’autant jilus de chance de léussile (|ue la |)rogression a élé lenle, métbodiipn; et en ra[)porl avec le travail reipiis. A la dilatation, d’ordre mécani((ue, cori'espond la jiosition déclive des jambes ou la station assise ; l’épaississement des luniipies, d’ordre biologiipnq résulte des exercices jiassifs et aclifs du membre inférieur on de la marche.

Tout naturel U'imml les (‘xm-cices de marche (*t d’assouplissement sont utiles, mais surtout il faut conlimu'r l’enl raînement d(î la posilion déclive, assise mainlenant; car elle est micore pivférabb; à la station debout, pendanl bujuelle b‘s muscles non seulennmt n’aident ]»as les veines, mais même s’op[)osenl, par leur contraction continue j»oui‘ la l'echerche de l’éipiilibi’e, au libre cours du sang désoxygéné.

Les (exercices d’assouplissement et les marijuages de [las sont alternés chatpie heure av(‘c les (*xercic(;s de station assista, deux, tiois, cinq, sept, dix, douze, tjuinz(‘ minutes d’(;xercices au moment de l’heure, jiuis cim[ ou dix minutes de station assise à l’instant (h; la demi-heure. Si le malade ne jxnit [>as suivre ce traitement très occu])ant, on lui conseille de faire à une heure les exercices et à l’heure suivante la station assise; exercices el station assise alternent alors toutes les deux heures.

Dès (jue le malade j)eut marcher, comme il est entraîné à allure cadencée et l'égulière, il exécute son pas avec la sécurité de faire contracter le triceps sui-al. Ainsi les veines anastomotiques du mollet sont-elles exercées utilement. Il faut recommander un ]>as assez accéléré dans le l)ut d’assistance circulatoire. On conseille ainsi 200, 300, 400, 500 mètres, puis 750 mètres, puis 1 kilomètre, et il vaut mieux ensuite faire deux marches, une dans la matinée et une le soir, atin de ne surmener ni les muscles, ni la res])ii’ation, car le convalescent se ])laint parfois que cette marche accélérée l’essouftle.

Sitôt rentré, le malade s’allonge ; les exercices de marche, de

REEDUCATION VEINEUSE.

marquage de pas, au bout d’une quinzaine de jours, ne doivent plus gêner le malade, qui peut désirer reprendre ses occupations. 11 faut alors lui conseiller de faire des exercices le matin, le soir et avant les repas, de disposer les marches à des heures commodes pour qu’elles profitent aux occupations courantes (courses, commissions, etc.).

Le plus longtemps que le malade le pourra, il s’allongera après chaque marche ; dès qu’il devra abandonner cette façon de se reposer, il se contentera de la station assise, mais pendant deux mois au moins, une ou deux fois par jour, il reposera les parois de ses veines encore fragiles en s’allongeant pendant une demi-heure après le déjeuner par exemple, à un moment favorable.

Cette hygiène de la circulation veineuse devrait d’ailleurs être la même pour tous ceux qui ont une excellente santé, comme pour les arthritiques à disposition variqueuse. Ce serait une façon de ne pas subir si naïvement les inconvénients de nos mœurs modernes, et peut-être serait-ce une tendance à encourager nos semblables à moins méconnaître les avantages de la station couchée. Les anciens passaient une partie de la journée dans leur triclinium : les anciens étaient-ils donc meilleurs physiologistes?...

G llÂPIT KE VI

Page 1