RÉÉDUCATION VEINEUSE
Le premier jour, nous le retirons de la gouttière, le second jour nous mobilisons les orteils, le troisième le pied et les orteils, le quatrième le cou-de-pied, le pied et les orteils; le cinquième nous mobilisons le pied et très peu le genou ; le sixième, on place le malade latéralement sur le lit, en laissant le corps étendu, pour qu’il ne fléchisse pas la cuisse sur le bassin (veines de la région inguino-crurale) ; mais les jambes sont fléchies, car on les laisse pendantes au bord du lit. Le septième jour, le malade est remis dans la même position et cette fois les pieds prennent contact du sol. Enfin le 'lendemain, huitième jour, le malade est levé soudain, en évitant de fléchir la hanche. Le malade est sur ses jambes; ce redressement lui donne parfois un vertige, une syncope même ; l’assistance, qui croit à un effet embolique, en est très émotionnée : pour ce motif, il vaut mieux prévenir la famille présente, toujours impressionnée de cette séance; en cas de faiblesse, quelques minutes de décubitus rétabliraient l’équilibre circulatoire.
Quatrième période. — Le phlébitique est debout : on l’aide à faire quelcfues pas, puis on le fait asseoir sur un siège élevé pour qu’il fléchisse à peine la hanche, et chaque jour on diminue la hauteur du siège, de sorte qu’à la fin de la quatrième semaine le malade marche, s’assied et il est apte à supporter le massage dans le but de rééduquer sa marche régulière. Nous n’insistons pas sur cette dernière partie du traitement qui ressemble à toute reprise de la fonction locomotrice. On évite de masser les régions veineuses principales (trajet des saphènes), en n’exerçant de pressions très modérées que sur les loges musculaires du membre, qu’on retrouve très amaigri chaque matin, mais assez œdématié vers la fin de la journée.
Le malade a longtemps de l’œdème le soir, le temps nécessaire pour éduquer les nouvelles veines qui doivent remplacer les saphènes, à présent obturées. Après ces quelques semaines de soins, le phlébitique est guéri et radicalement guéri.
Rééducation veineuse.
Chaque fois que nous avons eu l’occasion de montrer la nécessité de surveiller l’éducation des nouvelles veines d’un membre et plus particulièrement du membre inférieur, soit après la déséquilibration circulatoire causée par une maladie inflammatoire et ses œdèmes locaux (périostite, ostéomyélite), soit après la réparation de tout un territoire à la suite d’un traumatisme (fractures, plaies, etc.), nous avons donné les indications suffisantes pour que notre traitement apportâtlaplus rationnelle assistance au développementdes nouvelles
DAGRON
veinos, ou à la reprise la i)lus rapide et la [)lus régulière du rôle des anciennes.
Quand une alTection quelconque atteint un membre, tous les tissus ne sont pas obligatoiremenl malades. Dans une péi’iostite, par e.\em[)le, os et périoste ont seuls les lésions de la maladie, et les tissus voisins leslent indemnes, à moins de complications. Mais quel que soit le tissu malade, certains vaisseaux sont toujours intéressés, ceux (|ui se rendent à ce tissu : aussi y a-t-il toujoin*s ou hyperactivité circulatoire, ou destruction des vaisseaux j)our des raisons diverses. De toub* façon ré(]nilibi'(‘ circulatoii’e n’existe plus : le système veineux (*st le plus atteint, des V(dnes se f(*rment par endophlébite, d’antres sc* dilatc'nt, sans pai lei* de celles qu’un traumatisme a pu détruire. D’oii (edème local, dans le voisinage de la lésion, ou même à l’exli émilé du immibre, et, dès([ue le malade se lève, œdème considérable à cause de la dilatation passive des vaisseaux nouveaux encore insuffisants.
Si les malades ont été soignés })endant le déenbitus, dans le but d’éviter cet œdème (jnasi-ohligatoiiH*, il n’y a (ju’un ti‘ès léger gonflement autour des malléoles le soir, même j)endant les premiers jours (pii suivoMit le levœr, après un long séjoui’ au lit.
dette éducation des nouvelles veines vari(‘ suivant la causer de l’crdème ; mais, de toute fa(;on nous [)ouvons classeï* nos moyens, suivant cpie notre action s'elforcera de prévenii’ les troubles cirenlaloiies ou (pie nous agirons sur d(is malades déjà victimes d’une circulation défecluens(‘.
Soins préventifs. — Tout mahub* qui reste longtemps dans le déenbitus, et surtout dans l’immobilisation des membrcis inférieurs, même s’il n’existe ]>as de lésion des organes ou tissus de ces membres, est susceptible d’avoir une circulation veineuse défectueuse, dès (ju’il se lèvera, quand les jambes seront verticabcs.
Comme nous l’avons dit, c’est pour satisfaiie aux convenances sociales que riiomme, agissant contiairement à toute loi biologiqm*, reste la plupart du temps dans la station debout ou la station assise, tl n’est ]»as d’animal qui n’ait l'cssenti instinctivement le besoin d’aider la circulation des veines du membre inférieur ou plut("»t postérieur; le chien qui stationne, se couche ; l’oiseau même qui semble ne jouir que de la position verticale des membres de là station, recherche au contraire pour eux le ]dus souvent la situation horizontale ; quand il dort sur sa blanche ou sur le sol, le tarse, la jambe, la cuisse forment trois bras de leviei* fortement obliipies, ([ui ne se dressent qne dans la marche ou la coiu’se.
Le décubitus est donc la jiosition pbysiologi(pie de repos, et b‘s