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MASSAGE - MOBILISATION - GYMNASTIQUE

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Des quatre volumes de la Bibliothèque Thérapeutique consacrés à la Physiothérapie^ les deux derniers sont relatifs à la Kinésithérapie (Massage, Mobilisation, Gymnastique, Mécanothérapie, Rééducation motrice), à la Méthode de Bier^ à l'Hydrothérapie, et à V Aérothérapie. Ces méthodes ont pour objectif principal de provoquer le fonctionnement de nos ditférents appareils, quelles que soient les actions physiques mises en jeu : ce sont donc des méthodes physiologiques, plus encore que des méthodes physiquès.

Très anciennement connues, en raison même de leur simplicité, ces pratiques avaient été abandonnées aux mains des athlètes et des rebouteurs : il n’en est plus de même aujourd’hui.

D’une part, en efPet, ces méthodes sont entrées dans la voie scienlitique et s’appuient sur des recherches précises de Bio-Mécanique, relatives à la Physiologie des mouvements et à la Mécanomorphose.

D’autre part, on s’est rendu compte que, pour développer le jeu de nos organes, il est indispensable de les connaître, et que, seuls, des médecins physiologistes peuvent appliquer, en connaissance de cause, les méthodes nécessaires à ce but. Les divers chapitres de ces deux volumes le démontreront amplement.

Nous étudierons, d’abord, les Bases scientifiques de la Kinésithérapie et les lois de la Mécanomorphose, qui sont, en dernière analyse, les lois mêmes de l’Évolution relatives aux adaptations fonctionnelles. A Physiothérapie. III. 1

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l’aphorisme célèbre de J. Guérin : » La fonction fait l’organe », on peut ajouter, pour caractériser les tendances de la Kinésithérapie, deux corollaires. L’un résume le but de la Kinésithérapie éducative ou préventive : « Le développement progressif de la fonction aboutit au développement progressif de l’oigane ». L’autre indique le but de la Kinésithérapie thérapeutique ou curative : « La restitution intégrale de la fonction dirige la réparation intégrale de l’organe. »

Or, depuis Lamark et Darwin, toute une science est née, avec Jules Guérin, Marey, Culmann, Wolff, avec William Houx surtout, la Mécanique du développement o\x Bio-mécanique^e\u\ analyse expérimentalement le rôle des actions mécaniques et des excitations fonctionnelles sur le développement des organes. Cette science, d’une haute portée philosophique, constitue le fondement même de la Kinésithérapie ; elle est riche en applications pratiques immédiates.

Après cette introduction générale, vient l’étude, aussi pratique que possible, des différentes méthodes kinésithérapiques.

Le Massage et la Mobilisation sont étudiés, d’abord dans leur technique générale, puis dans leurs applications aux différentes régions anatomiques et aux différentes maladies. Ainsi que le dit fort bien Dagron, tout médecin transporte partout avec lui un instrument merveilleux, sa main, dont il ne tient qu’à lui de tirer de remarquables résultats thérapeutiques, mais dont il ne sait pas toujours faire usage. Le praticien doit savoir utiliser toutes les ressources du Massage et de la Mobilisation avant de se lancer dans une instrumentation autrement compliquée et coûteuse.

La Gymnastique est, elle aussi, une méthode puissante et simple dont le médecin ne tire pas toujours le parti qu’il pourrait, parce qu’il la connaît mal.

La Gymnastique éducative devrait être en honneur dans toutes les écoles et dans toutes les familles : car elle aide puissamment au développement morphologique de l’organisme et le met en état de résistance dans la lutte pour la vie et contre la maladie. A ce titre, le médecin ne peut s’en désintéresser : il doit pouvoir indiquer, lui-même, les mouvements qui conviennent pour développer un membre, pour éviter une déviation rachidienne, pour amplifier un thorax. 11 ne doit pas abandonner à d’autres la direction de ces mouvements : car, seul, celui qui connaît les rouages d’une machine peut les faire fonctionner sans danger. Les flottements et les abus qui se sont produits en Éducation Physique tiennent surtout à ce que les médecins s’en sont trop désintéressés et n’en ont pas revendiqué la direction.

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La Gymnastique médicale et orthopédique, a pour but, non seulement de prévenir la maladie, mais de la traiter une fois constituée : les lois de la Bio-mécanique y ont une importance capitale.

La Kinésithérapie vertébrale comprend, à la fois, la Gymnastique, la Mobilisation, le Massage, toute la Thérapeutique du Mouvement appliquée au rachis et à ses deformations : elle est la base même du traitement des déviations vertébrales que bien peu de médecins savent encore appliquer convenablement.

La Kinésithérapie respiratoire, complément de la méthode précédente, est fondamentale : car apprendre à l’enfant dont le thorax se développe mal, à l’adulte prédisposé héréditairement, au prétuberculeux, à l’emphysémateux, à l’asthmatique, la façon de respirer, c’est moditier profondément ses conditions générales d’existence : c’est faciliter ses défenses pulmonaires ; c’est augmenter ses combustions organiques ; c’est, par là même, fortifier le terrain et le rendre impropre aux infections.

La Kinésithéi apte abdominale, appliquée à l’estomac, à l’intestin, au foie, etc., provoque un stimulus mécanique dont bénéficient souvent ces organes.

La Kinésithérapie gynécologique modifie la statique et les conditions circulatoires du petit bassin ; elle provoque parfois d’heureux changements en des cas que l’on aurait cru justiciables de la seule intervention sanglante.

La Mécanothérapie, par laquelle débute le quatrième volume de Physiothérapie, provoque, à l’aide d’appareils fort ingénieux, des mouvements actifs ou passifs. On peut en graduer très exactement l’étendue, la fréquence et l’énergie : par là, cette méthode est plus précise que les précédentes ; mais elle a moins de souplesse. D’ailleurs, les difficultés et le coût de l’installation en restreignent l’emploi : aussi le traitement mécanothérapique reste-t-il confié à des spécialistes, et le praticien a-t-il surtout besoin d’en connaître les indications, la technique générale et les résultats.

La Rééducation motrice représente une application toute spéciale de la Thérapeutique du Mouvement. Comme le dit Constensoux, tandis que le Massage exerce son action sur les organes périphéliques sans leur demander aucun effort, que la Mobilisation assouplit muscles et articulations, que la Mécanothérapie dose et localise le mouvement, que la Gymnastique médicale et les Sports s’efforcent de développer librement la puissance de l’organisme, la Rééducation compte, à propos de ses exercices, bien moins sur le mouvement en lui-même que sur l’attention et l’effort qui permettront au malade

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<le le régulariser et d’en prendre possession, en créant, grâce à la répétition, de nouvelles habitudes : elle agit donc, sur la coordination des mouvements, ])rincipalement par le Système nerveux, de tous nos appareils le plus susce})tible d’éducation et de spécialisation.

Les Jeux et les Sports doivent avoir leur place en Thérapeutique. Le médecin doit en connaître, non seulement les indications, mais aussi (et surtout) les contre-indications. Comme le montre Pb. Tissié, les Jeux et Sports ne peuvent suffire à entraîner un organe ; ils ne sauraient s’appliquer avec succès qu’après une éducation méthodique préalable; mais ils doivent servir de complément aux autres méthodes kinésitbérapiques, à la gymnastique suédoise notamment. D’autre part, l’abus est proche de l’usage, et nombreux sont les cœurs forcés et les organismes surmenés par des exercices hors de toute proportion avec les règles physiologiques. Ici encore, le médecin ne doit pas s’enfermer dans sa tour d’ivoire : il doit pouvoir intervenir, individuellement et collectivement, auprès de ses malades comme auprès des pouvoirs publics.

La Méthode de Hier, ou méthode de l’hyperémie veineuse, est une méthode physique, fort intéressante en ce qu’elle tend à pi’ovoquer la congestion, qui est un des processus les plus importants de Tinllammation, et une des défenses locales les plus utiles de l’organisme. Cœtte méthode si simple a donné, principalement aux chirurgiens, de très im])orlants i*ésultats.

L'Ihjdrotlicrapie ulilise, à la fois, des actions mécaiii(iues et des actions calorifiques. Sous forme de bains, de douches, de douches sous-marines, de bains de vapeur, et(*., elle met en jeu des excitations diverses, principalement d’ordre nerveux ou vaso-moteurs, variables suivant la force, le degré thermi(jue, etc.

D’autres méthodes physiques, utilisées dans les Caires naturistes, dans les Stations climatériques, marines ou minérales, agissent d’une façon plus complexe encore ; elles seront exposées dans un autre volume de la Bibliothèque de Thérapeutique, consacré à la Crénothérapie, à la Thalassothér<ipir, à la Cliuiatolhérapie.

Telles sont les diiïéi'entes méthodes de la Physiothérapie. Cette branche de l’aiT de gué:ir conquiert, chaque jour davantage, sa ])lace au soleil ; elle a le grand avantage de n’introduire dans l’organisme aucune substance toxicjue; elle rend, à qui sait en manier les méthodes, d’inappréciables services; elle doit, par là même, êlie familière à tous les Praticiens.

ET

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