‹ Kléber en VendéeChapitre 108 sur 170 · I. Placard imprimé à Saumur, chez Degouy · texte numérisé non relu

I. Placard imprimé à Saumur, chez Degouy

coup férir. Tout ce qui se trouvait en deçà de la rivière prit la fuite, les uus en se jetant dans les bateaux, les autres, en passant à la nage ; les moins habiles furent tués. Marigny prit avec ses chasseurs une position favorable où il ne put être inquiété par Tartillerie de l'ennemi. Pour moi, je fis avancer l'infanterie au nombre de deux cents hommes, deux pièces de 4 ©t un obusier. Pendant ce temps, les Brigands se jetèrent dans un retranchement destiné à défendre le passage de la rivière ; en sorte qu'en revenant avec l'infanterie, nous essuyâmes un feu de mousqueterie assez vif. Mais les Français les eurent bientôt chassés de ces lignes, et nous n'eûmes que deux hommes blessés.

On nous tira trois coups de canon ; aucun ne porta ; mais notre obusier mit d'abord le feu au bourg au delà de la rivière, et nos deux pièces de 4 firent taire les leurs. Alors Targe et Marigny proposent d'aller chercher, à la nage, les bateaux servant de pont volant, de faire passer la troupe dans ces bateaux, d'attaquer de vive force l'ennemi, de le chasser et de le poursuivre. Je crus qu'il fallait profiter de telles dispositions. Le général Ganclaux, de mon avis, m'accorda la permission, de sorte qu'en une demiheure, trente chasseurs à cheval et deux cents tirailleurs enlevèrent ce poste, prirent sept pièces de canon, quantité de chevaux et de bétail. Par les établissements que nous avons trouvés ici, par les lettres dont je vous adresse copie, vous jugerez que ce poste était d'une grande importance pour eux et on estime qu'ils y étaient au nombre de trois mille hommes. Nous avons fait construire le pont pendant la nuit. Mais, n'ayant ni chariots, ni commissaires civils, je suis très embarrassé pour faire transporter à Nantes tout ce que nous avons trouvé ici en vivres et en efï'ets.Il est clair que, si on n'en attache à cette armée,

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nous ne tirerons pas de notre expédition tout le fruit que nous pourrions en attendre.

Les deux corps de tirailleurs veulent se débarrasser de leurs sacs, et je demande au général en chef des chariots, pour les transporter à Nantes, dans un dépôt sûr.

Marigny et Targe ont fait merveille. Vous voudrez bien faire part de cet événement, et à l'Assemblée et au Ministre, me nommer, afin que l'on sache dans ce pays que je justifie en quelque sorte le choix qu'ils ont fait de moi, en me nommant, sans me connaître, général de brigade. Merlin, de Thionville, pendant l'expédition, était occupé à faire brûler un superbe château. Tout cela a dû beaucoup étonner cette horde de Brigands. Gomme nous avons fait double marche, hier, nous avons séjour ici, jusqu'à nouvel ordre.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

Kléber.

Le général en chef n'enverra-t-il personne pour occuper le poste de Port-Saint-Père avant notre départ? Il me paraît que, pour la sûreté de notre derrière, cette précaution serait bien nécessaire. Voyez, s'il vous plaît, s'il y a lieu de mettre la proposition en avant.

(Fazi du Bayet, Les généraux Aubertdu Bayet, Carra Saint-Cyr...^ 195.)

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