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L'Etonnelière. hameau, commune de la Bruffière

5. La Pierre-Saint-Aubin, position en avant de Saint-Nicolas.

6. La Petite et la Grande Martinière, hameaux séparés l'un de l'autre par la route de Montaigu à Tiffauges. A quinze cents mètres environ au sud-ouest de Tiffauges, sur une hauteur, en face de Saint-Nicolas, commune de la Bruffière.

être obligé d'ouvrir quelques champs sur la route, pour pouvoir manœuvrer facilement l'artillerie. Au reste, une colonne s'est déjà portée de la Brufïîère à TifFauges.

La distance de Montaigu par Treize-Septiers ou par la Brulïière est à peu près la même, et les deux colonnes marchant par ces deux directions se trouveront éloignées d'environ trois quarts de lieue et se réuniront près la Pierre-Saint- Aubin.

(Papiers Chateaugiron. Collection Venture.)

i5. — Arrêté des commissaires de la Convention

rj7 octobre lygS.

Les Représentants du peuple près l'armée de l'Ouest, informés des services signalés et des preuves de patriotisme que le citoyen Kléber, général de brigade, n'a cessé de donner depuis la guerre de la Vendée ; qu'il a contribué de sa personne et de ses talents militaires aux succès de nos armes ; considérant qu'en lui conférant un grade élevé, c'est le mettre à portée de donner à la République des preuves de son attachement à la cause de la Liberté et de l'Egalité ;

Arrêtons qu'il prendra rang dans l'armée en qualité de général divisionnaire et qu'il jouira des appointements attachés à ce grade ^ ;

Requérons le général en chef de le faire reconnaître en cette qualité.

L'extrait des présentes sera envoyé sans délai au Conseil exécutif pour le mettre à portée d'envoyer promptement les lettres de service au citoyen Kléber.

I La lettre de service, qui se trouve au même dossier, est datée du 1" octobre.

A Cholet, le 17 octobre de l'an II de la République française, une et indivisible,

Les représentants du peuple près 1 armée de V Ouest, BouRBOTTE, Merlin, de Thionville, Pierre Choudieu, L. TuRREAu, Carrier, J.-P.-M. Fayau, Bel-

LEGARDE.

(Guerre, Arch. adm., dossier Kléber.)

i6. — Arrêté

Angers, p'' jour du deuxième mois de Van II (a8 octobre i^gS).

Les Représentants du peuple délégués par la Convention nationale près l'armée de l'Ouest,

Considérant qu'il importe au salut public que tous les citoyens de la ville d'Angers, sans distinction, s'empressent de contribuer, chacun individuellement, aux moyens les plus prompts de satisfaire à tous les besoins que font éprouver à l'armée de l'Ouest, en ce moment, l'échec qu'elle vient d'essuyer devant les Brigands, près L^val, et les fatigues d'une longue marche et de plusieurs jours de bivouac, sans interruption ;

Considérant que, plus la bonne volonté et les efforts seront grands, plus tôt aussi l'armée pourra repoursuivre les Rebelles et achever de les exterminer;

Déclarent à tous les habitants de la ville d'Angers qu'ils peuvent, dans cette circonstance, bien mériter de la patrie, en procurant aux braves défenseurs de la liberté des aliments, des chaussures, des vêtements;

Arrêtent, comme mesure de salut public, que tous les armuriers, éperonniers, selliers, serruriers, maréchaux, cordonniers, tailleurs, bottiers, sont en réquisition pour le service de l'armée, et que tous les patriotes de cette ville sont invités de faire connaître aux représentants du

peuple ceux qui, avec des moyens de fortune et d'aisance, se refuseraient aux secours que la patrie a droit d'attendre d'eux en pareil cas.

Le présent sera imprimé, afïiché et proclamé hautement dans tous les lieux publics de cette ville.

Signé : Bourbotte, Bellegarde, J.-P.-M. Fayau, L. TuRREAU, Merlin, de Thionville.

(Arch. Nat., AFu, aji, rec. 2280. p, 66.)

17. — Projet de marche et d'attaque sur Laval, ou l'on suppose la masse des Rebelles »

[Angers, 4 novembre (?) lygS.]

On l'a répété bien des fois , ce ne sont pas toujours les règles de la tactique militaire qu'il faut employer contre un ennemi dont on connaît les ruses ; il faut le détruire

I. Cette pièce et les deux suivantes ont été rédigées pendant le séjour de l'armée à Angers, après la déroute d'Entramraes, c'est-à-dire entre le 3o octobre et le 7 novembre i^gS. Il ne paraît pas possible d'en douter. Les Vendéens, en effet, occupèrent Laval du 23 octobre au 2 novembre. C'est de là qu'ils revinrent faire tête contre Westermann, et Beaupuy, d'abord, dans la nuit du 25 au 26 octobre, à la Croix-Bataille, puis, le 2j, contre Léchelle lui-même, à Entrammes, d'où l'armée républicaine fut ramenée en désordre jusqu'à Angers. C'est à Angers, au dire de Savary {ioc. cit., II, 323), que Chalbos et ses généraux s'efforcèrent, sans grand Succès, de connaître la position de l'ennemi qu'ils croyaient demeuré à Laval. C'est donc à Angers qu'ils purent étudier les moyens les plus .propres à l'attaquer utilement là où ils le supposaient être, afin de l'em- I pêcher de marcher soit vers la Bretagne ou les côtes de la Manche, soit / vers la Normandie et Paris, soit encore de lui couper la route de retour vers la Loire, au cas où il chercherait à descendre vers Tours. Ils comptaient d'ailleurs sur la solidité du poste de Mayenne, pour maintenir le» royalistes vers le nord (cf. ci-dessus, p. 265). Les Républicains apprirent seulement le 5 ou le 6 novembre la débandade, sans combat, des troupes de Lenoir et de Boucret, à Mayenne. On peut donc en toute vraisemblance indiquer la date du 3 ou du 4 novembre pour les documents dont il s'agit.

Ce plan est, semble-t-il, le développement, approprié aux circonstances nouvelles, de celui présenté par Savary à Léchelle, le 27 octobre précédent, à Chàteau-Gontier (cf. plus haut, p. 246).

avec ses propres armes. Il s'agit ici de lui porter les derniers coups ; mais , pour cela , il faut tellement combiner ses mesures, qu'il ne puisse échapper à la vengeance nationale.

Nous allons, encore une fois, exposer rapidement les moyens qu'il emploie pour sa propre sûreté et son plan d'attaque et de défense. Ensuite, nous indiquerons les mesures à prendre pour l'attaquer, le combattre et le détruire.

Précautions de Vennemi pour sa propre sûreté

Le grand art des Rebelles est d'entretenir constamment, sur toutes les directions qui aboutissent au point où se tient son armée, des patrouilles de cavalerie et d'infanterie. La cavalerie se porte à trois, quatre, cinq et jusqu'à six lieues, tandis que l'infanterie s'occupe, sur les derrières, à enlever les subsistances qu'elle peut rencontrer. C'est ainsi que ces détachements de cavalerie portent l'épouvante sur tous les points environnants, sans que l'on puisse découvrir précisément la direction que suivra l'armée. Voilà pourquoi il se fait tant de rapports vagues et incertains sur la marche de l'ennemi. Il faut l'avouer, l'ennemi a toujours eu sur nous, de ce côté-là, beaucoup d'avantage.

Plan d'attaque et de défense de Vennemi

Il est presque toujours le même : il consiste à étendre beaucoup sa ligne, de manière à nous envelopper et à jeter le désordre dans nos troupes.

Il faut considérer trois questions principales :

1° Ou l'ennemi marche sur nous pour nous attaquer;

2° Ou il nous attend en ordre de bataille ;

3° Ou les deux armées marchent à la fois l'une sur l'autre.

Dans ces trois hypothèses, l'ennemi, conduisant avec lui peu d'artillerie , encore moins de bagages , ne connaît presque qu'une manière de combattre : celle que nous vous avons déjà indiquée. Cependant il est bon de faire quelques observations d'après l'expérience :

1° Lorsque l'ennemi marche sur nous, il a ordinairement soin de disposer son armée sur trois colonnes, quelle que soit la position du terrain ; mais une observation assez générale, qu'il ne faut pas négliger, c'est que sa colonne de droite est presque toujours la plus nombreuse et formée de ses meilleures troupes.

La colonne du centre , munie de quelques pièces de canon, attaque, tandis que les autres s'étendent en tirailleurs le long des haies, mais toujours la droite fait la principale attaque.

2° Lorsque l'ennemi nous attend en ordre de bataille, sa colonne du centre est ordinairement placée sur une hauteur, tandis que ses lignes de droite et de gauche occupent des positions avancées le long des haies, dans des fonds, de manière à n'être pas aperçues, lorsque nous marchons sur une seule colonne. L'affaire s'engage au centre , et , tandis que nous nous déployons sur les ailes , la ligne de l'ennemi nous prend en flanc et cherche à nous couper.

3° Il n'y a point de données déterminées pour le troisième cas, sinon que l'ennemi cherche toujours à prendre sa position habituelle. Quant à nous, tout dépend du coup d'œil et des ordres des généraux, mais on doit toujours se persuader que l'ennemi cherchera à dépasser notre ligne, en se glissant le long des haies et des genêts.

Position figurée de l'ennemi dans les trois cas dont nous

venons de parler

Centre

Droite

Gauche

Gauche

Drgitie

Centre de notre armée

Effet de ces dispositions

On voit par cette disposition que notre ligne se trouve attaquée de front et en flanc, de sorte qu'il n'est pas étonnant que les extrémités de la ligne plient avant qu'on ait pu les soutenir par de nouvelles forces, et il est à craindre que la ligne entière ne suive ce premier mouvement. Il serait possible, sans doute, de se former en équerre à l'extrémité de la ligne, mais au milieu de l'action et de Tattaque impétueuse des Rebelles, il faut des hommes fermes et bien commandés , pour exécuter des évolutions militaires, dans des terrains coupés et couverts de haies et de buissons.

Nous allons soumettre un plan de marche et d'attaque qui réussira vraisemblablement, si l'exécution parait possible.

Plan de marche et d^attaque sur la route, en supposant que Von ne puisse marcher que sur une colonne

1° Il faut d'abord observer que la colonne du centre de

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l'ennemi est composée de ses plus mauvaises troupes, que les piques et les brocs sont presque la seule défense des canons, que tout ce qu'il y a de gens peureux se tiennent derrière et que tous les bons tirailleurs sont sur les ailes, surtout à sa droite.

2° La ligne de l'ennemi forme une file d'hommes qui laissent entre eux quelques pieds de distance, et rarement voit-on deux hommes de hauteur, tandis que nous nous tenons serrés et plus exposés au feu.

3° Le premier choc de l'ennemi est impétueux. L'espèce de désordre avec lequel il court sur nous, en cherchant toujours à nous prendre par le flanc , fait toute sa force.

D'après ces observations, voici le plan que nous proposons d'abord pour la marche :

Marche vers l'ennemi sur une seule colonne

I® L'avant-garde de l'armée, avant de quitter sa position, sera précédée, à une distance convenable, de trois à quatre cents tirailleurs, qui se porteront à droite et à gauche sur une ligne assez étendue pour, qu'à la rencontre de l'ennemi, on puisse juger l'espace qu'il occupe.

2" Dix à douze chasseurs à cheval suivront la grande route, dans la ligne des tirailleurs, afin qu'ils puissent observer leurs mouvements et venir promptement en rendre compte. On pourrait convenir d'un signal entre les tirailleurs et les chasseurs.

3° La ligne des éclaireurs étant arrivée à une position avantageuse, l' avant-garde, avec ses pionniers, se mettrait en marche et viendrait s'établir dans cette position. Le corps d'armée viendrait occuper celle de l'avant-garde, et la réserve se porterait à la position que vient de quitter l'armée. On marcherait ainsi de position en position, et

l'on serait assuré d'avoir des points de ralliement, ce qui empêcherait les déroutes.

On sent que cette marche n'aurait lieu que quand on est assuré que l'ennemi peut se rencontrer sur la route. Elle serait plus lente, mais beaucoup plus sûre.

On sent aussi que les éclaireurs ne devraient s'éloigner de l'avant-garde que d'une position à la suivante.

Composition de V armée

lo L'avant-garde composée de quatre à cinq mille hommes au moins, une pièce de 4 ou de 8, avec un obusier ;

1^ Une réserve composée de cinquante cavaliers braves et de six à huit cents hommes de bonne troupe. Cette réserve aura sa destination particulière.

Le corps de l'armée et sa réserve se formeront en raison du nombre des troupes, d'après les ordres des généraux.

Ordre de Vattaque

On peut proposer deux plans.

Lorsque, par le rapport des éclaireurs, la position de l'ennemi sera connue, alors la gauche de notre avantgarde ira prendre, devant l'ennemi, une bonne position et s'y tiendra sur la défensive, tandis que notre droite attaquera avec force la gauche de l'ennemi et coupera sa ligne ou la tournera, pour la prendre en flanc et sur ses derrières. Pendant ce temps-là, la réserve dont nous avons parlé, composée de cinquante chasseurs suivis de six à huit cents hommes d'infanterie, chargera avec force, sur la grande route, la colonne du centre et pourra ensuite retomber sur les flancs et sur les derrières de la ligne de l'ennemi. Ce mouvement, bien exécuté, doit faire taire promptement l'artillerie des Rebelles et les mettre en déroute.

Si, d'ailleurs, la droite de l'ennemi faisait une marche rétrograde pour porter du secours au centre, notre aile gauche se porterait dessus et la combattrait avec avantage.

On peut faire agir à la fois les deux ailes, mais il faut observer qu'en suivant une ligne parallèle, si l'une plie, l'autre ne tient pas ferme longtemps, surtout lorsqu'on peut découvrir tous les mouvements de la droite et de la gauche.

Dans ce second cas, il faudrait que notre gauche, que nous avons supposée dans une position défensive, fît le même mouvement que la droite, c'est-à-dire qu'elle cherchât à couper la ligne de l'ennemi ou à la tourner.

Peut-être le premier plan serait-il plus avantageux :

1° Parce que, comme nous l'avons dit, la droite de l'ennemi est composée de ses meilleures troupes;

a» Parce que si la gauche était enfoncée ainsi que le centre, la droite ne tiendrait pas longtemps ;

3° Enfin, parce que si l'attaque réussissait par la droite et par le centre, on pourrait couper la retraite à la droite de l'ennemi et la faire charger par notre gauche en même temps.

En tout cas, notre développement sur les ailes est défectueux, en ce qu'il forme avec la colonne du centre un angle obtus, tourné vers Tennemi. L'extrémité de notre ligne ne peut plus se soutenir contre un ennemi aux aguets, qui court sur nous. Il faudrait, au contraire, former avec la colonne du centre un angle aigu, en sorte que l'extrémité de la ligne fut toujours appuyée par des forces sur ses derrières et put tenter de percer la ligne ennemie.

Il ne faut pas se le dissimuler, nous sommes obligés de combattre pour ainsi dire corps à corps, et le premier qui gagne de vitesse a beaucoup davantage. Il faut donc cher-

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