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cher, autant qu'il est possible, à charger vigoureusement l'ennemi et à le couper, pour le mettre en déroute.
Pour y parvenir, il serait à désirer, aussitôt que l'affaire s'engage avec notre avant-garde, que l'on fît marcher, du corps de l'armée, une réserve à l'avant garde, composée de deux ou trois bataillons qui se porteraient promptement à l'extrémité de notre ligne, sur la droite et sur la gauche, aussi loin qu'il est possible, pour prendre l'ennemi en flanc.
Si cette mesure parait impraticable, il faudrait, du moins, que l'extrémité de la ligne se formât en équerre, en portant sa tête vers l'ennemi, car, autrement, la fuite est trop facile. Cette espèce de petite colonne avancée pourrait percer la ligne de l'ennemi, qui se trouverait ainsi coupé dans plusieurs endroits.
Ordre de bataille suivant les deux plans proposés
Premier plan d'attaque : la gauche tenant une position défensive (a), et la droite et le centre chargeant l'ennemi (b).
LIlID [__] ClIZI Droite (B)
Réserve de notre cmce
484 KLÉBER EN VBNDEB.
Second plan d'attaque : toute la ligne agissant ensemble
Réserve
Troisième plan
SI
1" Reserve
a"!" Réserve
Il ne faut pas perdre de vue qu'en marchant à l'ennemi et en le chargeant vigoureusement, on est presque sûr de le mettre en déroute, surtout s'il s'aperçoit qu'il peut être tourné.
Plan combiné de marche et d'attaque sur Laval
Nous croyons qu'il est nécessaire d'employer ici toutes les combinaisons qui peuvent tendre à nous assurer un
succès complet. Nous avons besoin pour cela d'une assez grande quantité de chevaux, ainsi qu'on le verra ci-après.
Considérations sur la position de nos troupes
Les principaux points de réunion de nos troupes sont Angers, le Mans et Rennes.
Ces trois points se trouvent à peu près à égale distance de Laval, où l'on suppose la masse de l'ennemi.
Il faut que les forces qui se trouvent sur ces trois points se mettent en marche le même jour et à la même heure, s'il est possible, et puissent prendre une position, chacune sur sa direction, à une ou deux lieues de Laval, le troisième jour de marche et que, le quatrième, sur les huit à neuf heures du matin, la ville de Laval soit attaquée par toutes les forces à la fois.
Il y a des grandes routes de Rennes et du Mans à Laval; ainsi il est facile de combiner la marche.
Il serait peut-être à désirer que, dans ces différentes armées, on s'en tint à ses propres forces, sans appeler des hommes de réquisition qui, n'étant point accoutumés aux armes, sont plutôt prêts à fuir qu'à charger l'ennemi. Ceci dépend du nombre d'hommes qui sont à la disposition des généraux. Les hommes de réquisition pourraient rester à garder les villes.
L'armée partant de Rennes pourrait s'établir le troisième jour à une lieue au delà de la Gravelle, près Saint-Isle. Si ses forces ne sont pas considérables, on pourrait lui laisser le corps du général Olagnier ^ parce
I. André-Louis Olagnier, né le îîS janvier 1764, à Noyers, en Bourgogne, soldat dans Royal-infanterie devenu 23« de ligne. Il y était caporal-fourrier, lorsqu'il le quitta le 7 janvier 1793. Adjudant-major au i4* bataillon de la Charente, le 17 septembre suivant. Son dossier individuel aux Archives
que cette armée occupera toute la rive droite de la Mayenne.
L'armée partant du Mans viendrait le troisième jour \ prendre position sur les bords de la rivière de la Jouanne, près le bourg de Louvigné, et celle d'x\ngers irait s'établir, à la même époque, au-dessus du village d'Entrammes.
Alors les forces d'Angers et du Mans seraient séparées par une très petite distance et pourraient se réunir sur la j rive gauche de la Maj^enne. "
Il faudrait convenir que, si l'ennemi se portait en forces sur l'une ou l'autre des colonnes, avant le moment indiqué pour l'attaque, la colonne menacée se contenterait de prendre une bonne position défensive et s'y maintiendrait, en donnant avis de sa situation aux généraux. Il faudrait même qu'elle fit une retraite en bon ordre, si elle se voyait poursuivie avec vigueur, parce que, lorsqu'il s'agit d'une aflaire décisive, il ne faut rien compromettre. Ce plan, bien exécuté, doit réussir infailliblement.
On sent ])ien que chaque colonne doit avoir soin de bien faire éclairer sa marche.
Emploi de la cavalerie
On a dû s'apercevoir que la cavalerie, dans un terrain coupé de haies et de fossés, n'est propre à charger l'ennemi que lorsqu'il est en déroute et que, lorsqu'une de.
administratives de la Guerre indique qu'il fut nommé chef de bataillon; le même dossier contient aussi la preuve de sa nomination comme général de division par arrêté du Conseil exécutif du i"' octobre i:j93, sans qu'on y rencontre aucune trace de son passage dans les grades intermédiaires. Suspendu, à la suite de sa déroute de Craon, par arrêté des représentants en date du 14 octobre i;;93; on le retrouve, en 1809, capitaine dans la 4' compagnie des gardes nationales de l'Yonne.
nos colonnes plie, c'est ordinairement cette même cavalerie qui nous entraîne à tous les diables. Il ne faut donc conserver auprès du corps de l'armée que ce qu'on juge indispensable ; le reste aura l'emploi suivant :
1° La colonne partant de Rennes enverra quinze à vingt hommes par la Guerche et Craon. De notre côté nous en enverrons autant. Des ordonnances iront ensuite avertir les généraux de leur rencontre, à Vitré et à Ghâteau-Gontier ou au Lion-d'Angers ;
2" La cavalerie de Craon se portera à Méral ou à Gosséle- Vivien, où deux cavaliers se détacheront et iront faire part de leurs découvertes. Ils suivront ensuite la route de Laval, en se portant dans les villages voisins, ayant toujours soin de donner avis des mouvements qu'ils apercevront autour d'eux.
La colonne de Rennes, étant arrivée à Vitré, enverra sur sa gauche une vingtaine de cavaliers, dont la moitié prendra la route de Bourgon à Laval, et l'autre celle de la Baconnière ^ à Laval.
La colonne d'Angers enverra quinze à vingt hommes de cavalerie sur la rive gauche de la Mayenne, qui précéderaient un peu la marche de l'armée sur la rive gauche, et qui se porteraient jusqu'à Azé ^, près Ghâteau-Gontier, en éclairant cette partie.
On pourrait encore envoyer d'abord un petit détachement de cavalerie par Gandé et Pouancé, sur les derrières de Graon, si l'on croyait que l'ennemi eût dessein de se porter sur notre gauche, vers la rive de la Loire. Ce détachement partirait le premier.
I. La Baconnière, commune du canton et à six kilomètres sud de Chailland (Mayenne) ; seize kilomètres nord-opest de Laval.
a. Azé, sur la rive gauche de la Mayenne, commune du canton et à deux kilomètres sud-ouest de Chàteau-Gontier.
Un autre détachement de cavalerie partirait d'Angers, de Châteauneuf ou de Sablé, pour suivre la route de Laval par Meslay-du-Maine et Parné ï, près Entrammes.
La colonne du Mans enverrait un détachement de cavalerie à Sablé, pour l'instruire, ainsi que nous, des mouvements de l'ennemi.
Elle en enverrait pareillement à Evron 3, pour inquiéter de ce côté-là.
Il faudrait encore qu'il partît de Mayenne, qui n'est qu'à sept ou huit lieues de Laval, quelques hommes de cavalerie, qui se porteraient sur la grande route, en approchant jusqu'à la distance de deux lieues.
Chaque colonne se ferait aussi précéder d'un peloton de cavalerie.
Tous ces détachements auraient soin de se tenir sur la réserve, en annonçant qu'ils sont suivis de grandes forces.
Il faut encore laisser à Ghâteau-Gontier quelques ordonnances, qui puissent transmettre promptement, des deux côtés de la Mayenne, les dépêches que l'on expédiera aux généraux.
Les dilïerents détachements de cavalerie se porteront toujours, chacun suivant sa direction, en avant des colonnes, au moins à une demi-lieue ou une lieue, et ils veilleront à ce que personne ne puisse, sous quelque prétexte que ce soit, aller du côté de Laval, surtout en approchant de cette ville.
1. Parné, alors chef-lieu de canton du district de Laval, aujourd'hui commune du canton d'Argentré, arrondissement de Laval. A onze kilomètres sud d'Argentré, et dix, sud-est, de Laval.
a. Evron, alors chef-lieu de district, aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement, et à trente-trois kilomètres nord-est de Laval.
Avantages de ces dispositions relatives au service de la cavalerie
1° Établir une correspondance prompte et active entre les trois colonnes et avertir des mouvements de l'ennemi;
2^ Inquiéter l'ennemi en se présentant en même temps sur toutes les directions qui aboutissent à un même point et le tromper sur la marche de nos armées ;
3^ Empêcher que des espions ou gens vendus au parti des Rebelles n'aillent prévenir l'ennemi de notre marche.
Il nous semble que l'on peut espérer le plus grand succès de ce concours de moyens.
Il serait même à désirer que, sur les directions où il ne se trouvera que des détachements de cavalerie, s'annonçant comme l'avant-garde des forces, on affectât de faire un peu de bruit, quelques décharges de mousquets ou de pistolets, pour attirer l'attention de l'ennemi et lui faire prendre le change. Ces ruses sont employées par les Rebelles, et je ne sache pas que nous nous en soyons encore servis jusqu'ici. On pourrait convenir qu'à des distances déterminées du lieu où se trouve l'ennemi, les détachements de cavalerie, se trouvant rapprochés, puisque toutes les directions doivent aboutir au même point, feraient tour à tour quelques décharges, ce qui annoncerait leur présence et inquiéterait les Rebelles.
Ces détachements serviraient encore à charger les fuyards, en cas de déroute de l'ennemi.
Résumé du plan proposé
1° Marcher à l'ennemi, de position en position, en faisant précéder l'avant garde de trois à quatre cents tirailleurs, ayant, sur leur ligne et sur la grande route, dix chasseurs à cheval, pour avertir promptement de la position
de l'ennemi et de Fétendue qu'il occupe à droite et à gauche.
1^ L'aile gauche de notre avant-garde prenant une position défensive, tandis que l'aile droite et la réserve du centre attaquent avec vigueur.
3^ Différents moyens pour l'attaque détaillés dans le plan : Marche combinée de trois colonnes sur Laçai :
1° Chaque colonne suivant la grande route ;
2° Attaque dans la matinée du quatrième jour de marche ;
3° Différents pelotons ou détachements de cavalerie se portant sur Laval par toutes les directions qui aboutissent à ce point.
(Papiers Chateaugiron. Collection Venture.)
i8. — Réflexions sur la position actuelle de l'ennemi A Mayenne et sur les moyens de l'arrêter et
DE LE combattre PAR DES MARCHES d'uNE RÉUNION DE