NEMI
[Angers, 4 (?) novembre ip93.]
On prétend que l'armée des côtes de Brest est forte de trente à trente-cinq mille hommes, réunis soit à Rennes, soit dans les petites villes voisines ; ainsi c'est à cette armée, beaucoup plus nombreuse que les autres, à garnir les postes dont nous avons déjà parlé.
On suppose encore que l'ennemi se porte vers Alençon,
d'où il pourra diriger sa marche soit sur Paris, soit à droite ou à gauche.
Dans cette supposition, il faut que l'armée de Rennes place deux ou trois bataillons à Fougères distant de Rennes de dix lieues, deux bataillons à Ernée, sur la route de Fougères à Mayenne (distance : cinq lieues), et un ou deux bataillons à Saint-Hilaire i, sur la route de Fougères à Gaen (distance : six lieues).
Ces bataillons y resteront stationnés jusqu'à ce qu'ils reçoivent de nouveaux ordres.
L'armée de Rennes, arrivée à Laval, enverra deux bataillons à Evron ou Assé 2 (distance : cinq à six lieues) et deux bataillons à Beaumont-le-Vicomte 3, sur la route du Mans à Alençon (distance d'Assé : six à sept lieues).
Total : dix bataillons détachés formant une chaîne sur les derrières de l'ennemi, et pouvant se communiquer facilement par des postes intermédiaires de cavalerie. Ils pourront aisément se porter sur les points qu'on leur indiquera, lorsque les colonnes, arrivées à leur destination, se disposeront à agir.
Ainsi voilà cinq postes établis.
I. Saint-Hilaire-du-Harcouet, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Mortain (Manche).
a. Assé-le-Bérenger, alors chef-lieu de canton du district, aujourd'hui commune du canton d'Evron, à six kilomètres est de cette ville.
5. Beaiimont-le-Vicomte ou Beaumont-sur-Sarthe, chef-lieu de canton alors du district de Frénay-le-Vicorate, aujourd'hui de l'arrondissement de Mamers (Sarthe).
Ordre de marche des trois colonnes
' journée, de Rennes à
Vitré, 7 à 8 lieues,
journée, Laval, id.
journée, Mayenne, id,
journée, Prez-en-Pail ^, id.
du Mans à
Bonnétable, 6 lieues.
Bellême ^. id.
Mamers 4, id.
Mortagne ^, id.
Rémalard ^, id.
d'Angers à
Durtal, 7 lieues.
Foulletourte, id.
Le Mans, 6 lieues.
Beaumont-le- Vicomte, id.
ou
Bonnétable ^, id.
suivant que l'ennemi se tient à Alençon ou s'avance sur la route de Paris.
On ne saurait, dans ce moment, assigner des points plus éloignés, parce que la marche doit être combinée d'après les mouvements de l'ennemi. Les colonnes se trouveront alors à environ six lieues d' Alençon, et à huit à neuf lieues de distance entre elles, dans leur plus grand éloignement.
Si la colonne d'Angers passe par Beauraont-le-Vicomte, il faudra alors que le détachement de l'armée des côtes de Brest dont nous avons parlé se tienne à Villaines '^, et que
1. Prez-en-Pail, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Mayenne; à trente-sept kilomètres est-nord-est de cette ville. Un poste Républicain très important y était établi.
2. Bonnétable, chef-lieu de canton alors du district de la Ferté-Bernard, aujourd'hui de l'arrondissement de Mamers. A vingt-trois kilomètres sud de cette ville et a vingt-sept, nord-est, du Mans.
3. Bellême, alors chef-lieu de district, aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Mortagne (Orne) ; à dix-huit kilomètres sud de cette ville.
4. Mamers, chef-lieu de district, puis d'arrondissement, du département de la Sarthe ; à quarante-quatre kilomètres nord-nord-est du Mans.
5. Mortagne ou Mortagne-sur-Huisue, chef-lieu de district, puis d'arrondissement du département de l'Orne ; à trente-sept kilomètres est-nordest d'Alençon.
6. Rémalard ou Regmalard, chef-lieu de canton, alors du district de Bellême, aujourd'hui de l'arrondissement de Mortagne (Orne\ à vingtdeux kilomètres sud-est de Mortagne.
7. Villaines-la-Juhel, alors chef-lieu de district, aujourd'hui chef-lieu de
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celui d'Evron ou Assé s'avance à Frénay ^ de manière à rapprocher la communication des deux colonnes.
Observations
Nous avons donné à la colonne du Mans , dont nous ne connaissons pas bien la force, la direction la plus sur la droite, de manière à ce que celle d'Angers marche au centre et puisse seconder plus efficacement l'attaque, réunie avec la colonne de Rennes. D'ailleurs, il sera toujours libre à la colonne d'Angers de prendre telle direction qu'elle jugera à propos, en faisant reporter sur la gauche, par Mamers, les forces du Mans qui se trouveraient à Bellême, si, en partant du Mans, la colonne d'Angers se dirigeait sur Bellême et Mortagne.
On voit par ces dispositions :
1° Que la colonne de Rennes poursuivra l'ennemi sur ses derrières ;
2° Que celle d'Angers ira l'attaquer au centre, s'il reste à Alençon, ou tâchera de couper sa marche s'il se porte I sur Paris ;
30 Enfin, que celle du Mans est considérée comme un corps d'observation pour inquiéter l'ennemi et prêter ses secours à l'une ou l'autre des deux colonnes agissantes.
(Papiers Chateaugiron. Collection Venture.)