Kléber a Marceau
Du château de la Groirie, a3 frimaire an II (i3 décembre 179S).
Des vivres ! mon ami, et je pars à l'instant. La route,
plus on s'avance, est de plus en plus jonchée de cadavres.
Les femmes refluent toutes au Mans. Des vivres! mon
cher Marceau, des vivres ! et je pars à l'instant. Fais-moi
filer aussi de l'eau-de-vie ; car, comme je ne donnerai pas
au soldat le temps de faire la soupe, je le dédommagerai
par cette liqueur. D'ailleurs, beaucoup de mes bataillons
en ont refusé ce matin, pour voler plus vite au combat.
Salut, amitié et fraternité.
Kléber.
j*"" P. 'S. — Je t'envoie copie de l'ordre que je viens de donner i.
:2* P.-S. — Toute mon avant-garde légère est lancée avec Westermann à la poursuite des Brigands ; c'est à toi à les arrêter dans leur course rapide, afin que je sois toujours en mesure de la secourir.
(Arch. Nat., APn »76, rec. 23i4. p. Sg.) I. Voir la pièce signée par Natte», au Livre d'ordres, p. 407.
5o4 KLÉBER EN VENDÉE.