‹ Kléber en VendéeChapitre 136 sur 170 · Ordre du Ministre de la guerre · texte numérisé non relu

Ordre du Ministre de la guerre

Paris, a6 frimaire an II (16 décembre i^gS). La suspension d'Haxo et de Kléber, généraux de brigade, n'a pas son effet quant à présent. Il a été écrit en conséquence ^,

(Guerre, Arch. Adm., dossier Kléber.)

27. — Précautions a prendre pour empêcher le retour des Rebelles dans la Vendée

Il est possible que T ennemi, se voyant arrêté dans sa marche par les forces réunies tout autour de lui, cherche à rentrer dans le pays qu'il a été forcé d'abandonner, en tentant le passage de la Loire. Alors les troupes de la République seraient obligées de le poursuivre par des chemins, presque impraticables pour Fartillerie pendant l'hiver. Il est donc essentiel de bien garder les différents passages où la Loire est guéable en ce moment, jusqu'à ce que les grandes eaux puissent opposer une barrière insurmontable aux Rebelles.

On suppose que tous les bateaux ont filé sur Nantes, suivant l'ordre qui en a été donné.

Le passage de la Loire peut s'effectuer par trois gués : l'un près Montjean, les deux autres près Ancenis et Ghantoceaux ^. Il est urgent d'envoyer des forces sur la

I. « Le Conseil exécutif ayant pensé, Général, que Kléber, général de division provisoire, pourrait encore rendre des services à l'armée de rOuest, t'autorise à retenir par-devers toi sa lettre de suspension qui n'aura pas d'effet jusqu'à nouvel ordre. Ainsi tu emploieras cet officier général dans l'armée que tu commandes, et tu me marqueras le poste que tu croiras devoir lui assigner. > {Le Ministre de la guerre d Marceau, lettre publiée par Savary, loc. cit., II, 4i4-4i5).

a. Positions très fortes sur la rive gauche de la Loire et dominant complètement la rive droite.

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rive gauche de la Loire pour s'établir vis-à-vis de ces gués, avec quelques pièces de canon. Déjà deux bataillons ont eu ordre de se porter de l'autre côté de la Loire avec trois pièces de canon ; mais ils ne suffisent pas pour arrêter la marche de l'ennemi dans un espace de plusieurs lieues. Il faudrait peut-être faire filer, par les Ponts-de-Gé ou par Saint-Georges, deux ou trois bataillons avec de l'artillerie, avec ordre de se porter aux endroits désignés, où la rivière est guéable.

On assure qu'il y a encore des troupes stationnées sur la rive droite de la Loire, depuis les Ponts-de-Cé jusqu'à la Pointe, ce qui est inutile, puisque la Mayenne et la Loire les séparent de Tennemi. On pourrait d'abord destiner ces forces à se réunir aux deux bataillons dont nous avons parlé, et y réunir ensuite telles forces que l'on jugera à propos.

Quelques bataillons placés sur la grande route d'Angers à Nantes, aux portes de Saint-Georges-sur-Loire, Varades, Ingrande, Ancenis, ne peuvent être d'aucune utilité, parce qu'ils ne sauraient résister à la masse de l'ennemi et seraient bientôt écrasés. Il conviendrait de faire occuper ces postes seulement par des pelotons de cavalerie, qui seraient tenus de faire des patrouilles fréquentes sur les routes que l'ennemi pourrait tenir pour se rapprocher de la Loire, et qui pourraient facilement et en très peu de temps instruire le général en chef de tous les mouvements qui se passeraient autour d'eux. Ils seraient en outre chargés d'assurer la libre communication de Nantes à Angers , en éclairant continuellement la grande route.

Deux avantages résultent de ces dispositions :

Le premier, c'est que la position de la rive gauche de la Loire étant très favorable pour en défendre le passage.

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les bataillons qu'on y placera pourront arrêter l'ennemi, s'il se présente, et l'intérieur de la Vendée ne sera plus troublé.

Le second, c'est que si rennemi ne se présente pas, les chefs de bataillon enverront des détachements à quelque distance dans l'intérieur, pour s'emparer des armes et des grains. La présence de la force armée, répandue dans différents endroits, arrêtera les soulèvements. Enfin, si l'on était instruit qu'il dût se faire quelque rassemblement du côté de Beaupréau, la Poitevinière, etc., ces bataillons s'y porteraient en peu de temps.

Résumé

i*^ Quatre à cinq bataillons d'infanterie, sur la rive gauche de la Loire, pour en défendre le passage et enlever les armes et les grains ;

a° De la cavalerie sur la route d'Angers à Nantes, pour entretenir la communication de ces deux villes et avertir des mouvements de l'ennemi.

S'il était, d'ailleurs, question de porter des secours à d Nantes, en cas d'attaque, ces bataillons pourraient s'y rendre par Beaupréau et Geste ou par le Loroux.

(Papiers Chateaugiron. Collection Venture.)

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