Hazard au Comité de Salut public
Rennes, 6 floréal an II (25 avril 1794).
Citoyens représentants ,
L'expédition des Chouans s'exécute, et toute la division de Kléber est employée. Vous voyez combien il serait urgent d'accélérer l'arrivée des contingents qui doivent compléter nos bataillons, ou de nous envoyer un renfort des armées qui nous avoisinent.
Dans ce moment, il serait essentiel que vous voulussiez bien prononcer sur la ligne de démarcation territoriale de notre armée, depuis Nantes jusqu'à Mayenne. Le bien du service l'exige d'autant plus que Laval, Ghâteau-Gontier, Candé, etc., se trouvent exposés aux brigandages des Chouans et ne sont pas sous le commandement du général Rossignol.
Toute notre armée est composée en ce moment de sansculottes, au physique comme au moral. J'ai été obligé de faire faire, à Rennes, des pantalons de toile i, pour venir au secours de ces braves frères d'armes qui combattent en ce moment les Chouans dans les forêts du Pertre, d'Antrain, etc. Depuis longtemps j'ai cessé de demander au ministre des effets d'habillement ; nous avons surtout
besoin de vestes et de culottes.
Hazard.
(Guerre, Arch. Hist., V, i5.)