INTRODUCTION. XIX
des personnes charitables avaient été autorisées à en faire sortir, pour les soustraire à l'épidémie et au typhus qui sévissaient « dans cet antre d'infection ^ ».
Dès le lendemain du jour où il avait osé présenter, pour la Vendée, un plan qui ne correspondait pas aux idées de Turreau, Kléber reçut l'ordre de se rendre à Ghâteaubriant, afin d'y suppléer Marceau, sérieusement malade. En allant prendre congé du représentant Gillet, il apprit que, sur la demande du général en chef de l'armée de l'Ouest, l'ordre avait été donné d'évacuer Gholet et de faire sauter le château de Montaigu, de peur qu'il ne tombât au pouvoir des Vendéens. Il sut faire valoir d'assez fortes raisons, pour que l'exécution de l'ordre concernant Montaigu fût suspendue 2. Le 10, il partait pour Ghâteaubriant, où il trouvait Marceau en proie à une crise vésicale qui lui donna de vives inquiétudes. Grâce à son insistance auprès de Carrier ^, il obtenait, quelques jours après, qu'un congé fût accordé à son ami, Celui-ci put enfin aller se faire soigner. Il partit pour Rennes le 19 janvier. Le 20, Kléber était investi du commandement à sa place. Mais, pas plus que Marceau, il ne pouvait remplir la mission qui lui était confiée. Il disposait à peine de trois cents hommes de troupe de ligne, restes de deux anciens bataillons mayençais, avec quelques centaines d'hommes de nouvelle levée, des gardes nationaux dont beaucoup pactisaient avec les Chouans, et quelques pelotons de cavaliers. Encore, près de douze cents de ces hommes manquaient-ils de tout : vêtements, chaussures, armes, même 4. Il se trouva donc réduit à l'inaction, d'autant plus que les ravages, exercés dans la Vendée par les colonnes infernales de Turreau, devaient faire craindre un nouvel exode des populations de cette malheureuse contrée, et qu'il dut, pour parer à cette éventualité, échelon-