XXVI INTRODUCTION
Vachot, désigné pour lui succéder. 11 quitta définitivement la région de l'Ouest le 4 ou le 5 mai.
Les Mémoires militaires de Kléber sur la Vendée sont connus dans leurs parties principales. Cependant ils n'ont point encore fait, jusqu'ici, l'objet d'une publication textuelle et intégrale, Dans son grand ouvrage sur les Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République française... par un ancien officier supérieur... i, Savary, qui fut l'ami, le confident et le collaborateur de Kléber, en a donné un grand nombre de longs extraits. Malheureusement, à l'époque où il faisait sa compilation, les historiens n'avaient pas, comme de nos jours, le respect des textes qu'ils reproduisaient. Gomme je l'ai déjà fait remarquer, ils publiaient ces textes, non pas tels qu'ils sont, mais bien plutôt tels qu'ils les entendaient eux-mêmes. Au cours de ce volume, je signalerai un certain nombre des libertés prises, par Savary, avec la rédaction de son ancien général. Tantôt il supprime ce qui lui parait inutile ; tantôt il modifie les mots ou les phrases ; tantôt il intervertit l'ordre du récit ; tantôt, encore, il intercale dans ce récit des passages entiers, tirés de son propre fonds, probablement, mais qui, sûrement, en tous cas, n existent point dans le texte qu'il prétend publier. Ou bien, enfin, il donne comme venant de lui-même des parties notables, empruntées à Kléber.
De ce qui précède, je ne veux point inférer que Savary ait usé de mauvaise foi. Rien ne permet de le présumer. Encore une fois, cette méthode était d'usage courant à son époque. Il pouvait d'ailleurs se croire autorisé, jusqu'à un certain point, à agir comme il l'a fait. Car il ne parait pas douteux qu'il ait contribué, dans une large mesure, à l'élaboration des Mémoires. Kléber a dit en parlant de lui : « Ce brave homme est peut-être l'unique qui puisse écrire fidèlement sur l'origine et les progrès de la guerre de la Vendée 2. » Et, de fait, il est vraisemblable de penser qu'il