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CHAPITRE TROISIEME

Mémoire sur la « Suivaut le plan arrêté à Saumur, c'était devant Mor-

suite des opéra- , . , i ^ •

lions à faire par tagnc » que devaient se concerter les mesures ultérieures.

de MaTercfe^de « L'armée dcs côtcs dc la Rochelle n'ayant pu remplir

Brest. l'obligation d'être à la hauteur de cette ville au jour fixé,

celle que commande le général Canclaux est libre de ses

mouvements ; il s'en présente deux à l'idée.

« Le premier est de profiter de la terreur que la marche rapide et victorieuse de cette armée a semée parmi les Rebelles pour se jeter sur Mortagne ^.

<( Le second est d'attendre le rapprochement de l'armée de la Rochelle pour attaquer Mortagne, et, pendant ce temps, de s'occuper à nettoyer la route de Glisson à Nantes

1. Mortagne était devenue le centre militaire de l'insurrection Vendéenne. Les catholiques royalistes y avaient établi leur arsenal, leurs magasins, leur principal dépôt de prisonniers. C'est là qu'ils avaient accumulé les armes, les canons, les munitions, au fur et à mesure qu'ils les enlevaient aux troupes Républicaines.

2. « L'ennemi nous laissa maladroitement du repos : nous séjournâmes tranquillement à Tiffauges », écrit Lucas de la Championnière, et il ajoute un peu plus loin, en parlant du premier succès de Kléber à Boussay, le 19, quelques instants avant la déroute infligée aux Mayençais par Bonchamps : « L^armée (de Charette) n'avait d'autre refuge que Mortagne, où elle eût sûrement été bloquée. » {Loc. cit., 46, 47)

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et à balayer la rive gauche de la Loire, ce qui serait d'autant plus avantageux qu'alors on pourrait rapprocher la réserve et renforcer l'armée des troupes qui sont sur la rive droite de la Loire, lesquelles, en passant avec sûreté la rivière, sous la protection de celles qui s'avanceraient dans l'intérieur, pourraient efficacement et promptement coopérer à ce nettoiement. Mais, cependant, il prendrait encore du temps, pendant lequel les troupes actuellement agissantes des armées combinées , au moins la partie d'elles qui resterait sur la rive occupée maintenant et qui doit être gardée, tomberaient dans une inaction et une oisiveté qui pourraient devenir dangereuses, et qui refroidiraient peut-être leur courage et leur ardeur.

« Mais si, par la réflexion, on tire de ces deux plans un troisième qui réunisse une grande partie des avantages de l'un et de l'autre et qui puisse conduire aux résultats qu'on devait en attendre : celui de la destruction des Brigands et de leurs ressources, on croit alors devoir fixer sur ce dernier la préférence, et tel est celui que présente en ce moment le général en chef à la discussion des généraux, aussi éclairés qu'ardents pour la cause que nous défendons. Il ne s'agirait, pour cela, que de porter en avant de la ligne des opérations, dans l'ordre qui suit :

« La colonne de droite du générai Beysser, à Tiflauges ; l'avant-garde du général Kléber, passant la Sèvre, se portera en avant de Clisson, sur le chemin de Poitiers, d'abord à la hauteur de Boussay », puis jusqu'à Torfou,

I. Boussay, à quatre-vingts mètres au-dessus de la rive droite de la Sèvre Nantaise, commune du canton alors district de Clisson (Loire-Inférieure). A neuf kilomètres sud-est de Clisson; trente-cinq kilomètres sudest de Nantes; vingt-trois kilomètres ouest de Cholet; six kilomètres sudest de Gétigné; cinq kilomètres et demi nord-nord-ouest de Torfou; sept kilomètres nord-ouest de Tiffauges.

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d'où elle pourrait communiquer avec la colonne de droite, par le pont qui est à Tiffauges.

« Le corps d'armée se porterait à Glisson ; la deuxième division en serait détachée par la gauche, pour balayer, de concert avec la réserve, la route de Glisson à Nantes ; pour cela, elle se porterait d'abord au Pallet i, et, de là, sur la Groix-Moriceau 2, lieu principal de rassemblement des Brigands, qu'elle attaquerait avec l'avantage des hauteurs qui dominent ce lieu en venant de Glisson, Elle pousserait de suite jusqu'à la Louée, autre lieu de rassemblement, pour le prendre par derrière, tandis que la réserve l'attaquerait de front ainsi que Vertou.

« La deuxième division se porterait au Pallet, qui n'est distant de Glisson que d'une lieue et demie, et la réserve se camperait au Hallay 3, ayant un poste en arrière, à la Louée, et un autre en avant, au-dessus de la Ghapelle- Heulin. Son front serait couvert par les marais 4 et ses derrières par la Légion nantaise et un corps de grenadiers qui se porterait sur Basse ^ et Haute-Goulaine.

1. Le Pallet, à quarante mètres d'altitude sur le plateau qui s'avance comme un promontoire jusqu'au confluent de la Sanguèze et de la Sèvre Nantaise, commune du canton de Vallet, alors district de Glisson, aujourd'hui arrondissement de Nantes. A six kilomètres sud-ouest de Vallet; neuf kilomètres nord-nord-ouest de Glisson; sept kilomètres sud-est du château du Hallay; dix-neuf kilomètres est-sud-est de Nantes.

2. La Groix-Moriceau, village important de la commune de la Haie- Fouassière, canton de Vertou (Loire-Inférieure). A un kilomètre nord-est de la Haie-Fouassière; cinq kilomètres sud-ouest de la Ghapelle-Heulin ; sept kilomètres sud-sud-est de Haute-Goulaine; six kilomètres sud-est de la Louée; dix-sept kilomètres sud-est de Nantes.

3. Le Hallay, hameau et château, commune de la Haie-Fouassière; sur la droite de la route de Nantes au Pallet et à Glisson. A deux kilomètres nord de la Haie-Fouassière ; deux kilomètres nord-ouest de la Groix- Moriceau; quatre kilomètres de la Ghapelle-Heulin; sept kilomètres est de Vertou ; deux kilomètres et demi sud-est de la Louée.

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