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XL V

En 1835, Hokousaï illustrait le Yéhon Sénjimon , Mille Lettres illustrées, un ancien ouvrage chinois, entré dans l’éducation japonaise, et dont la traduction japonaise est donnée en regard du texte chinois.

Deux espèces de jolis culs-de-lampe : des enfants, dont l’un est sur le dos de sa mère, en contemplation devant les ombres chinoises d’une lanterne, et deux enfants entrevus sur une barque, à moitié cachée par les nénuphars d’un étang. A côté de ces culs-de-lampe, un beau dessin représente la veuve de Kousounoki Masashighé, élevant en l’air le rouleau, où est le testament de son mari, et arrêtant son fils, au moment où il va se tuer.

En 1837, dans le Nikkô sanshi, Guide de Nikkô, la montagne où sont enterrés les pre-

l’art japonais.

miers shogouns de Tokougawa, un recueil de 5 volumes, dont l’illustration est due à la collaboration de plusieurs artistes, Hokousaï publie deux paysages d’après la cascade de Riûdzou (tête de dragon) : deux grandes planches, où la fusée blanche de l’armature des arbres, se détache, d’une manière remarquable, sur te noir de la fouillée.

Tous les arts descendant du dessin, Hokousaï veut que son imagination aille à ces arts, que son pinceau y touche, que sa main en donne des modèles. C’est ainsi qu’en 1836, le vieux peintre qui signe : le vieillard fou de dessin , publie le Shin-Hinagata , Nouveaux Modèles de dessins d’architecture, et écrit en tête, cette préface : Depuis V antiquité , V homme a copié la forme des choses: ainsi dans le ciel il a pris le soleil , la lune et les étoiles , et sur la terre les montagnes, les arbres , les poissons, et puis les maisons, les champs; et ces] images simplifiées, modifiées, dénaturées, sont devenues les caractères de récriture . Mais celui qui se fait

appeler un dessinateur doit respecter la forme, originale des choses , et ce dessinateur quand il dessine les maisons, les palais, les temples, il est de toute nécessité qu’il sache comment les charpentes sont agencées .

Il existait un ouvrage fait par un architecte , sous ce titre : les ^Modèles de l'architecture, mon éditeur m’a demandé de dessiner le second volume . Le premier a été fait par un homme du métier , avec des données techniques . Moi, ce que j’ai fait dans ce volume, est plutôt du domaine de l’art; toute fois si, grâce à mon enseignement , les jeunes dessinateurs arrivent à ne pas faire un chat à la place d’un tigre, un tombi à la place d’un faucon, quoique mon travail ne soit qu’un caillou à côté d’une montagne, je. serai glorieux de ce résultat devant la postérité.

Et à l'appui de la préface, après la représentation du fil à plomb : ce sont des modèles de constructions en bois, à la légère et élégante menuiserie; ce sont des terrasses, aux balcons complètement ajourés, aux escaliers aériens; ce sont des toits, aux souplesses courbes d'une toile de tente, avec de jolis auvents de bambous ; ce sont des modèles de cloches pour bonzeries, au bronze sillonné de dragons fantastiques de la mer; ce sont de riches frontons, formés de

deux énormes toï accolés et affrontés; ce sont des ponts de cordage, passant au-dessus des arbres; ce sont des lanternes de jardin, faites de la pyramide de trois enfants japonais, montés T un sur l’autre; ce sont les développements d’un temple bouddhique dans toute sa hauteur : — dessins précédés de la figuration, en son riche et nobiliaire costume, de l’architecte officiel du palais impérial, et des charpentiers travaillant sous ses ordres. Le volume gravé par Yégawa, l’habile graveur des Cent Vues du Fouzi-yama eut une seconde édition, faite postérieurement et teintée de rose. A la fin de l’édition en noir, l’éditeur annonçait la publication de trois volumes qui devaient suivre, et qui n’ont pas paru.

Détail curieux, le professeur d’architecture d’Hokousaï, fut un des élèves de son atelier, nommé Hokou-oun, qui s’assimila tellement la manière de son maître, qu’il publia une Mangwa, où des pages de croquis seraient données par les plus fins connaisseurs à Hokousaï.

Mais ce n’a pas été seulement de la forme et du contour de l’habitation, qu’a été préoccupée la pensée artistique d’Hokousaï, il a donné des

heures de son pinceau à la décoration des objets de la vie intime de son temps, cherchant à faire, ainsi que cela a été dans notre société du moyen âge, un objet d’art, de tout objet servant à la vie usuelle, et sur la pipe et le peigne, ces deux choses, où les Japonais ont dépensé les plus jolies imaginations, et associé à leur ornementation les plus belles et délicates matières, il a laissé deux merveilleux petits livres sous le titre : Imayô Koushi Kisérou Hinagata , Modèles

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