‹ KrakatauChapitre 40 sur 127 · IV 374 X 10® X 6 » . = 2244X · texte numérisé non relu

IV 374 X 10® X 6 » . = 2244X

707 kil. □

Cercle 1 = 12054 X 10® mètres cubes.

Rayon en kilomètres.

Aire en kilomètres □.

Aire des anneaux.

No. 1 » 2 » 3 • 4

. Anneau a: 883 kil. □•

. Anneau b: 3434 »

. Anneau c: 2826 •

. Anneau Ved: 23560— Ve X23550= = 23550 — 3925 = 19625.

. Anneau e: Ve X 94200 + 3925 = = 15700 + 3925 = 19625.

. Anneau f : Vs X 376800 = 47100.

Anneau ^/g h : ^/^ X 39250

Rectangle g 200 X 600 = 100000 kilomètres Q-

Triangle k V2 X 480 X 1200 = 288000

Petit segment / = 15000 • •

Pour les vokunes dans:

Aire X Epaisseur.

Anneau a 883 X 10« X ^ "i. cub. = 883 X 10« m. cub.

Anneau* 3434 X 10« X 0.3 -> • =1030X10^ • •

Anneau c 2826 X 10' X 0.2 • . = 565 X 10« » •

Anneau rf(*/e). 19625 X 10« X 0.02 • . = 393 X 10* ■» •

Anneau f? 19625 X 10' X 0.05 » » = 981 X 10« » •

Anneau /"(Vs). 47100X10^X0.01 «> • = 471 X 10* • » Rectangle y... 100000 X 10* X 0.001 » » = 100X10* » • Anneau A (7e). 32708X10^X0.005 » » = 164 X 10* • » Triangle A-.... 288000 X 10* X 0.005 » • =1440X10* • • Petit segment /. 15000 X iO* X 0.005 « » = 75X10^ » » Ensemble . . 529201 kilomètres carrés 6102 X 10* m. c. ==

= 6.102 X 10^ mètres c. = 6.102 kil. c. Aajoutercerclel 707 kil. Qî 12.054 X 10* • • = 12.054 • »

Aire 529908 kil. Qî volume 18.156 kil. c.

Aire restante . . 297192 » • ; • négligé.

Total ... 827000 kil. □; • 18 kil. c.

Ainsi qu'on le voit, j'ai toujours pris pour l'épaisseur un chiffre des plus modérés, de sorte que le volume de 18 kilomètres cubes peut bien être trop petit, mais non trop grand. L'erreur dont ce calcul est passible ne me parait toutefois pas dépasser 2 ou tout au plus 3 kilomètres cul)es. Les ^/g du volume total, soit 12 kilomètres cubes, se trouvent à l'intérieur du cercle tracé d'un rayon de 15 kilomètres autour de Krakatau, l'autre Ys» ^^ ^ kilomètres cubes, est tombé en dehors de ce cercle.

JuNGHUHN évalue la quantité des matières que le volcan Tambora, dans l'île 'de Soembawa, a rejetées en 1815, à 318 kil.* (lOÏ). Dans le voisinage du volcan, la cendre formait une couche de plusieurs mètres d'épaisseur; à Lombok, ile située à 90 minutes du Tambora, il y en avait 2 pieds, à Banjoewangi, à 210 minutes du volcan, encore 8 pouces du Rhin. D'après cela, Junohuhn trace autour du Tambora un cercle de 210 minutes de rayon, et il admet qu'à l'intérieur de ce cercle l'épaisseur moyenne des cen-

dres s'élevait à 2 pieds. Il obtient alors, pour le volume présumable:

TT X (210 X 1855)2 y 2/ i^ii s

TT r^ X épaisseur = — ^-^-^ — , ^ ^' = 317.8 kil.».

Mais, comme le vent avait soufflé principalement de l'Est, et que les matières ténues avaient donc été transportées en grande partie vers rOuest (Lombok, Bali et Banjœwangi), l'estimation de 2 pieds de cendres, sur toute la surface, est trop élevée pour les localités situées à l'est, au nord et au sud du Tamlwra. J'ai aussi trouvé, dans le Javasche Courant de l'année 1815, la mention du fait qu'à Bima, à 40 milles marins à l'Est du volcan, l'épaisseur des cendres n'avait été que de 0".l, et à Makasser, à 217 milles au Nord du Tambora, que de 0"*.03 (lOÏ"). Le calcul de Junghuhn donne donc évidemment un chiffre beaucoup trop fort. Il est plus probable que la cendre n'est tombée à l'épaisseur moyenne de 2 pieds que sur un rectangle d'environ 150 minutes de largem* et 300 minutes de longueur, près de l'extrémité est duquel aurait été situé le Tanilwra. Nous obtenons alors:

'/a X 1^0 X 300 X (1866)2 kil.'

V = -^^-^ -/^ ^ = 103 kil.^;

et en ajoutant 50yo pour les matières tombées en dehors du rectangle,

ce qui est certainement beaucoup, nous n'arrivons encore qu'à 150

kil.'. A ce calcul peut être faite la même objection qu'à celui de

JuNGHUHN, savoir, qu'il repose sur des données trop incomplètes; mais

le chiffre de 150 kil.^ est plus probable que celui de 318 kil.'.

En tout cas, la quantité de cendre vomie par le Tambora parait

avoir été beaucoup plus considérable que celle du Krakatau. Cela

ressort d'ailleurs aussi de la circonstance qu'à Madoera, à plus de

500 kilomètres du Taml)ora, il fit, d'après la relation, complètement

obscur pendant trois jours consécutifs, tandis que, lors de l'éruption

du Krakatau, l'obscurité ne dura, dans la plupart des lieux, qu'un

petit nonil)re d'heures (2 à 8). Sur les côtes du détroit de la Sonde,

l'obscurité commença presque partout un peu après 10 lieures du

matin; aux phares du Vlakke Hoek et de Java's V^^ Punt il flt

obscur tout le lundi, et, suivant le récit du commandant Logan, du Berbice (voir 1.SS), aucune lumière ne fut vue par lui depuis le dimanche soir 6 heures jusqu'au mardi matin 8 heures. Le navire se trouvait à 20 milles anglais droit au sud du Vlakke Hoek.

De très fines particules de cendre ont été transportées par les vents d*est, dans les hautes couches de l'atmosphère, vers l'ouest, et sont tombées en mer au-delà des 'limites de l'aire représentée sur la carte fig. 5. Nous possédons à ce sujet les données suivantes, provenant de navires.

1. A bord du steamer Ruby, allant de Palembang à Singapore, il tomba de la cendre le 26 Août (fl08). Le navire se trouvait encore tout juste en dedans de la région figurée sur notre carte.

2. Le capitaine Knight, du brick Airlie, entendit, le dimanche 26 Août, à 3 heures de l'après-midi, de fortes détonations; le lendemain matin, une fine poussière couvrait le pont. Le bâtiment se trouvait au nord de Banka, par 0^ 32' Lat. Sud et 105'' 57' Long. Est de Gr. (lOO).

3. La Charlotte se trouvait, le 27 Août, au Sud de Java, par 8° 3' Lat. Sud et 106'' 7' Long. Est de Gr. Les détonations furent distinctement entendues; le matin, à 8 heures, de la cendre tomba sur le pont; l'après-midi, à 2 heures, il fallut allumer les lampes (par quelle longitude et latitude P). Ce navire aussi était encore à l'intérieur ou très près de la région des cendres représentée sur la carte fig. 5 («OO).

4. A bord du Tweed, appartenant à M. Ross de l'île Keeling, il tomba, à 320 milles de Krakatau, 7 pouces (?) anglais de cendre (VOfl).

5. A bord du steamer Prins Frederik, qui passa près de Krakatau le 25 Août, on entendit, le 27, à 600 milles de distance de l'ile,

des détonations, et du 27 au 29 Août il tomba de la cendre sur

le pont. Ni la longitude ni la latitude ne sont indiquées (90V).

6. Sur le Salazic, capitaine Loysbau, allant de Calcutta à Réunion,

une pluie de cendres tomba pendant plusieurs heures, du 28 Août, à 5^ 50"* du matin, jusqu'au 29. D'abord il tomba du sable assez gros, ensuite de la cendre fine. Le navire était à 9"" 15^ La t. Sud et 90** 30' Long. Est (de Paris?) (»08}.

7. Le County of Flint, capitaine Rowland, eut de la pluie de cendres le 28 Août, à 8° 20' Lat. Sud et 92° 4' Long. Est de Gr. (»04).

8. Sur le Barharossa, bâtiment brémois, il tomba de la cendre le 27 (?) Août, par 93° W Long. Est de Gr. et r 41' Lat. Sud. Cette cendre a été analysée microscopiquement et chimiquement par M. M. Obbbbke et A. Schwagbr (V04*). Le 28 et le 29 Août jusqu'après-midi, il tomba encore de la cendre sur le pont (93" 25' Long. Est de Gr., 5° 0' Lat. Sud); selon le D^ Nbumayer, un échantillon fut recueilli de la cendre qui tomba sur le pont le 28 au matin, et c'est probablement cette cendre qui a été étudiée par M. Oebbeke; au sujet de celle qui serait tombée le 27 Août, le journal de bord ne donne aucun renseignement («04**).

9. De la cendre tomba depuis minuit, le 27 Août, jusqu'à 11 heures du matin, le 28, à bord du brick français Braniy capitaine Perrot, par 1° 39' jusqu'à r W Lat. Sud et 89° 56' jusqu'à 89° 50' Long. Est de Paris. On entendit aussi des détonations, et dans la soirée du 28 au 29 Août la chute de cendres recommença (VO&).

10. Le capitaine Robert Willums, de la barque Arabella rapporte que le 28 Août, au matin, commença une pluie de cendres, qui continua tout ce jour et le lendemain. Dans l'après-midi du 28, le bâtiment se trouvait par 5° 37' Lat. Sud et 88° 58' Long. Est de Gr., donc à 970 milles de Krakatau (VOB).

11. Par 2° 37' Lat. Sud et 79° 52' Long. Est de Gr., de la cendre tomba, depuis l'après-midi du 29 jusqu'au soir du 30 Août, à bord du British Empire (S09).

12. Dans la nuit du 30 au 31 Août, une pluie de cendres tomba à bord du Meda, entre Ashburton River et Perth, à une distance de 50 jusqu'à 100 milles de la côte ouest de l'Australie, et à

environ 1000 milles de distance de Krakatau, dans la direction S. S. E. («08).

Sur la petite carte fig. 6 sont indiquées les positions de ces navires; il en ressort que, si les particules de cendre un peu lourdes ont été chassées, comme nous l'avons vu par les vents régnants des basses régions de l'atmosphère, d'abord vers le N. 0., puis vers le S. 0., la cendre fine a été transportée par des vents d'Est, dans les couches atmosphériques supérieures, vers l'Ouest. La chute s'opéra progressivement; les navires qui se trouvaient le plus à l'est reçurent déjà de la cendre dans la soirée du 27 Août, ceux qui étaient plus à l'ouest en reçurent le 28, le Brilish Empire n'en fut atteint que le 29, par 80° Long. Est.

Outre les vents d'Est, toutefois,- il a dû régner aussi des vents N. N. 0. dans les hautes régions de l'atmosphère ainsi que le prouve la cendre qui est tombée sur le Meda, près de la côte australienne, entre le 30 et le 31 Août.

Il est donc certain que les particules de cendre ont été transportées vers l'Ouest jusqu'à 80"" Long. Est, et que là elles sont tombées en mer, à une distance de près de 1600 milles marins de Krakatau. On peut maintenant se demander si des particules de cendre encore plus ténues ne sont pas restées encore plus longtemps en suspension et, par suite, n'ont pas été entraînées encore plus loin vers l'ouest. Or, cela parait avoir été réellement le cas. Les poussières les plus fines, mêlées d'une quantité considérable de vapeur d'eau, ont été transportées, par-dessus les Seychelles et l'Afrique, à Cape Goast Castle sur la Cote d'Or, puis, par Paramaribo, Trinidad, Panama et les îles Sandwich, à Ceylan et dans l'Inde britannique, et sur tous ces points elles ont provoqué des colorations bleues et vertes du soleil et de la lune, après le lever ou avant le coucher de ces astres, ainsi que des lueurs d'un rouge intense après le coucher ou avant le lever du soleil. Les dates auxquelles la coloration bleue ou verte du soleil a été vue pour la première fois, dans les différents lieux, sont les suivantes (voir la carte fig. 6).

Cape Coasl Castle; 1 et 2 Septembre, couleur bleue (•OO).

Parinïaribo ", S Septembre^ bleu indigo (VIO).

Puerto (TEspana (Trinidad); 2 Septembre, bleu; après le coucher du soleil la lueur rouge était si forte, qu'on crut à un incendie (Vflfl).

San Christobal (Venezuela); 2 Septembre, bleu («11').

Medellin (Colombie); 2 Septembre, bleu (VU*).

Bogota (Colombie); 2 Septembre, beau bleu (VU*).

(^aWAa^éne . (Colombie) ; 2 Septembre, vert (VU.*).

Panama; 2 et 3 Septembre, vert (VJLV).

Maracaibo (Venezuela); 8 (?) Septembre (*); bleu d*azur (VU'),

A bord de la barque •€. Southard Hurlburf\ par 12B'' Long. Ouest de 6r. et l?"" Lat. N., on ne vit, le 3 Septembre, que des lueurs rouges, pas de soleil vert (VIS).

A bord du »Jennie Walker^\ par 155^ 28' Long. 0. de Gr. et S° 20' Lat. N.; 4 Septembre à 5 heures du soir, soleil vert (VIS).

/rlmiitiiflf'* Island 159° 22' Long. 0., 3° 52' Lat. N. ; 4 Septembre, soleil couleur de cuivre (VIS).

A Maalaea, dans Tile Maui (iles Sandwich), on vit, le matin du

5 Septembre, des lueurs rouges, mais pas de soleil vert (VIS*).

A BonolulUf dans Tile Oahn (île» Sandwich), le soir du 5 Septembre et les jours suivants, des lueurs rouges furent vues; une communication parle aussi d'un soleil vert (Vi.4 et VIS).

A bord du •Zealandia*% faisant la traversée de San Francisco à Sydney, 3 jours après avoir quitté Honolulu, par environ 5° Lat. N., on observa, le 5 Septembre au soir, un soleil bleu, et de même le

6 Septembre au matin (Vi.4' et VIA).

Dans les iles Gilbert, le 7 Septembre, soleil coleur de cuivre (VIA) (^).

A Strong*8 hland (nonmiée Kusaie ou Ualan Island sur la carte

marine anglaise), par 163° V Long E. de Gr. et 5° 10' Lat. N.;

7 Septembre, soleil d'un bleu argenté (VIA).

Ceylan et partie sud de FInde anglaise. En un grand nombre de

(^) Cette date peut difficilement être exacte, tu que, dans tous les lieux Toisins, le phénomène fut déjà observé le 2 Septembre.

(') Les iles Sandwich se trouvent è l'est, les îles Gilbert à l'ouest du méridien de 180^, de sorte qu'ici la date change. Le 7 Septembre à Tile Strong et aux iles Gilbert est donc égal au 6 Septembre aux iles Sandwich.

KRAKATAU U ' 10

lieux, le soleil fut vu, du 9 au 14 Septembre, coloré en bleu, eti vert bleuâtre ou en vert (9141 et 919).

Par 8T Long. E. de Gr. et 15^ Lat. S., en mer; 14 Septembre, couleur jaune-verdâtre pâle. (Rapport du navire Ida) (919').

Par 19** Long. 0. de Gr. et W Lat. N., en mer; 14 Septembre, vert clair. (Rapport du navire de guerre allemand Carola) (•M').

Par 27° Long. 0. de Gr. et IV et 12° Lat. N.; 15 et 16 Septembre, vert d'herbe. (Rapport de la barque Frieda Grampp) {91.V). Le capitaine Pbnhallow de la barque The Hope vit des lueurs rouges le 18 Septembre, par 140° 29' Long. 0. de 6r. et 24° Lat. N. («llf»). A Honolulu, des lueurs rouges furent de nouveau vues le 20 Septembre {1MLT).

Du 22 au 24 Septembre, le phénomène de la coloration verte du soleil et de la lune se reproduisit en un grand nombre de points de rinde anglaise (voir M9).

A Duem (Soudan), le soleil était, le 24 Septembre, vert clair (»18). Dans la seconde moitié de Septembre les beaux couchers de soleil furent observés dans le Sud de TAustralie et au Cap de Bonne- Espérance; au mois d'Octobre, en Californie et aux Etats-Unis de l'Amérique du Nord; en Novembre, Décembre et même encore dans « les premiers mois de 1884, dans presque toute l'Europe. Il est à remarquer, toutefois, qu'après le mois de Septembre très peu de relations parlent d'une couleur distinctement verte des astres. Je trouve seulement mentionné que la lune avait à Kurachi, dans la première moitié d'Octobre, une teinte verte (ÏIO); que le 4 Décembre la lune, à son lever, présentait à York et à Worcester une couleur verte (••©); que le soleil était, à Cracovie, le 24 Janvier 1884, d'un très beau vert (»»0'); à part ces observations, auxquelles on pourrait encore en ajouter quelques autres du même genre, les informations venues à ma connaissance parlent surtout de lueurs rouges. Des données qui précèdent, il ressort que le phénomène du soleil bleu et vert, après le 27 Août, s'est déplacé de l'est vers l'ouest, et l'idée se présente naturellement d'admettre pour cause de ces apparences anormales les plus fines particules de cendre et la

vapeur émises par le Krakatau et restées en suspension dans Tatmosphère.

Si le phénomène ne s'est pas manifesté dans les derniers jours d'Août, à Ceylan ni dans l'Inde anglaise, ce serait parce que le » nuage de cendres" passa au sud de Ceylan et même au sud de l'équateur.

Il est à noter, toutefois, qu'entre le 7 et le 9 Septembre le soleil vert n'a pas été vu dans des lieux situés entre l'ile Strong et Ceylan, par exemple à Manille ou à Saigon. On rapporte bien qu'à Iloilo le soleil était verdâtre, mais la date indiquée au lieu d'être le 8 Septembre, est le 9 et le 10 Septembre (SM.). A Elopura, sur la côte nord de Bornéo, le soleil était, 14? jours après l'éruption, vert terne à son lever et à son coucher. Cela aussi aurait donc eu lieu vers le 10 Septembre (SSi.*). Peut-être le phénomène s'est-il bien produit

1 ou 2 jours plus tôt, mais sans avoir été remarqué.

La date du soleil vert à Laboean est incertaine (voir ci-dessous).

De Saigon, aucune communication sur le soleil vert ne m'est connue.

Si l'on admet que ces particules de cendre, parties de Krakatau le 27 Août au matin, sont arrivées à Ceylan le 9 Septembre en passant par-dessus l'Afrique et l'Amérique, elles doivent avoir possédé une vitesse très considérable, d'au moins 37 mètres par seconde, ou 134 kilomètres = 72 milles marins par heure, vitesse égale à celle du vent lors d'une violente tempête.

Il parait, en outre, qu'une partie des poussières a pu se mouvoir

vers Vesly car, déjà très peu de temps après l'éruption, la lumière solaire était affaiblie et le soleil présentait un aspect anormal, àBali, à Laboean et en quelques lieux du Japon.

Le résident de Bali rapporta que dans les premiers jours après l'éruption (la date exacte du conunencement du phénomène n'est pas donnée, c'était probablement dès le 28 ou le 29 Août), et jusqu'au

2 Septembre, le sdeil, à fioeleleng, parut un peu obscurci, de sorte que le matin, jusqu'à 8 heures, on pouvait le regarder sans dommage pour les yeux. L'astre répandait une lueur jaune. Le résident explique le phénomène par des particules de cendre du Krakatau, flottant dans l'atmosphère (9M).

Une lettre de THon. Folbt G. P. Verbkbr, commandant du vaisseau de la marine royale britannique le Magpie, lettre datée Laboean-Island V* Octobre, mentionne qu'après l'éruption le soleil eut pendant plusieurs jours, à une faible élévation au-dessus de l'horizon, une couleur verdâtre. La date exacte n'est pas indiquée (1M1B*). (Gela n'a-t-il eu lieu, peut-être, que le 8 Septembre et les jours suivants? Vehb.).

A Yokohama, le 50 Août, un peu après midi, le soleil parut perdre de sa force et un brouillard gris-jaunàtre s'étendit uniformément sur le cieU Deux heures avant son coucher, le soleil avait l'aspect d'une pleine lune entourée d'une faible couronne de lumière. Le 31, le soleil se leva derrière une épaisse masse de nuages, dont il ne se dégagea qu'à 8 heures, ayant le même aspect que la veille après-midi. De légers nuages, semblables à des nuages de fumée, passaient à une grande hauteur au-dessus de la surface de la terre, devant le soleil. La même chose fut observée le l^'^ Septembre, et c'est seulement le

2 que le brouillard obscurcissant s'éloigna, probablement dans la direction du nord. Le phénomène fut attribué à la fumée et à la cendre émises par le Krakatau (998}. Les particules de cendre auraient alors parcouru la distance de Krakatau à Yokohama, distance de 3149 milles (mesurée à la surface de la terre, donc sans tenir compte de la hauteur des particules au-dessus de cette surface), en

3 jours, ce qui correspond à une vitesse de H^^ mètres par seconde ou 81 kilomètres par heure.

Une autre correspondance de Yokohama dit que le phéiTomène commença 2 (?) jours après l'éruption et dura pendant 2 fois vingtquatre heures, après quoi le soleil présenta une couleur rouge de sang (1t1t4).

De Tokio on écrit que, pendant les 2 ou 3 derniers jours du mois d'Août, le soleil était de couleur cuivrée (HHft).

Les particules arrivées au Japon y ont été transportées par un vent du S. 0., celles qui ont pris la direction de l'ouest étaient entraînées par un vent d'E., et celles qui sont allées en Australie étaient mues par un vent du N. N. 0., tandis que dans les couches inférieures de ^'atmosphère, ainsi que nous l'avons vu, régnaient dans

le détroit de la Sonde, pendant l'éraption, des vents du N. E. et du S. E.

Cette dispersion des particules de cendre dans différentes direclions est tout à fait en faarmonie avec les directions des vents dominants à différentes hauteurs.

Au mois d'Août règne à Java la mousson d'Est, qui n'est autre chose que l'alizé S. E. ordinaire. La direction des vents est alors généralement sud-est el sud-sud-est, quelquefois aussi nettement est ou même nord-est, et ce sont ces vents qui, comme nous l'avons vu, ont transporté les particules de cendre un peu lourdes à Bengkalis et à Singapore, dans la direction N. N. 0., et à l'Oe Keeling dans la direction S. 0.; d'après l'information venue de Kokos-eitand (voir la note 184), la direction du vent y a été, pendant la chute de la cendre, du lundi soir 27 Août jusque dans la nuit du 29 au 50 Août, N. N. E. et N. E.

Dans les couches atmosphériques supérieures, on le sait, le vent à Java soufDe constamment de l'est (S. Ë., E. et rarement N. E.}, et cela, soit que des vents d'ouest ou des vents d'est régnent dans les basses régions de l'air. Comme limite inférieure de ces vents on peut admettre la hauteur de 2000 mètres, de sorte que les nuages de fumée sortant des cratères des volcans, qui presque tous dépassent 2000 mètres d'altitude, sont toujours entraînés vers l'ouest. La force de ces vents d'est paraît augmenter avec la hauteur, et ils doivent avoir ■ eu une vitesse très considérable si c'est à eux qu'il faut attribuer non-seulement le transport des particules de cendre qui sont tombées à l'ouest de Krakatau sur des navires el en mer, mais aussi te phénomène du soleil bleu f\ \ ert. Ci-dessus, cette vitesse a été évaluée <4 kiloiuèlres pRi' heiuT. valeur, toutefois, dont une petite partie à ce que la cendre, restant en arrière de la surface terrestre mn-'-nieiil ïi'iiérRl vers l'est, présente une vitesse apparent* MU Niitie iIu rratère, les particules de cendre possè- ;i viUNsi: i\ii rotation de la terre près de l'équateur, ■ panxmridient en 24 heures la distance 2 7rr, le .: ét3.n\ rejnésenté par r. Si maintenant ces particules

sont lancées par le volcan jusqu'à la distance R du centre de la

terre, elles devraient parcourir en 24 heures un chemin 2^R pour

ne pas se trouver en retard par rapport à la terre. Mais, conservant

leur vitesse initiale, cU^s restent en arrière, en 24 heures, de la

quantité 27rR — 2Trr = 2w (R — r), ce qui, à une hauteur de

2 TT X 50 314 50 kilomètres, fait = = 13 kilomètres par heure.

Des 134 kilomètres il y en a donc, si les particules de cendre se sont réellement élevées à 50 kilomètres, 134 — 13 = 121 à mettre sur le compte du vent, vitesse encore assez considérable. En supposant que la hauteur des particules ne fut que de 30 kilomètres, elles ne seraient restées en arrière que de 8 kilomètres par heure, de sorte que la force du vent aurait alors dû être de 126 kilomètres.

Dans les hautes couches de Tair régnât sur l'hémisphère nord des vents du S. 0., sur l'hémisphère sud des vents du N. 0., produits par l'air chaud qui s'élève de l'équateur et, à une certaine hauteur, se meut vers les pôles. Les vents du S. et du N., qui devraient en résulter, sont changés par la rotation de la terre en vents du S. 0. dans l'hémisphère nord et en vents du N. 0. dans l'hémisphère sud, et c'est à ces vents que doit être attribué le transport de la Gne cendre qui dans la nuit du 30 au 31 Août tomba sur \ena\ireMeda près de la côte d'Australie, ainsi que le transport des particules de cendre, encore plus ténues, qui dans les premiers jours après l'éruption occasionnèrent le singuleur aspect du soleil à Bali, à Laboean et au Japon.

La dispersion de la ceindre et de la vapeur du nuage volcanique — qui d'abord se mut seulement vers l'ouest, très près de l'équateur, dont il ne s'écarta tout au plus que jusqu'à 20"* Lat. N. — est probablement due aussi, en majeure partie, à ces contre-alizés N 0. et S. 0. Le phénomène des beaux couchers de soleil, qui dans les premiers temps ne se manifesta qu'à de basses latitudes, ne tarda pas, grâce à ces vents, à être observé en une foule de lieux des zones tempérées ; tandis que la coloration bleue ou verte du soleil ne fut plus vue que très rarement après la fin du mois de Septembre,

ce qui, à mon avis, doit être regardé comme la conséquence de la dispersion des particules de cendre et de vapeur.

Bien que cette explication conduise nécessairement à admettre l'existence, à une certaine hauteur au-dessus de Téquateur, d'un très fort courant aérien, dirigé de l'est à l'ouest, — courant qui * très probablement n'a pris naissance qu'à la suite même de l'éruption du Krakatau, notanunent par l'énorme quantité de matières (cendre et vapeur) surchauffées qui lors de l'explosion du Lundi matin à 10 heures furent lancées subitement dans les couolies atmosphériques élevées et froides, — il ne me parait pourtant pas douteux que le soleil vert et les lueurs rouges ne doivent être attribués au Krakatau. Cette opinion est fondée d'abord sur ce que le phénomène ne commença qu'après le 27 Août et se propagea de l'E. à l'O.; puis, et principalement, sur ce que dans l'Inde anglaise et à Ceylan il fut observé non pas une seule fois, mais deux fois, et sûr ce que les temps de l'observation donnent pour les deux voyages autour du monde la même vitesse, lorsqu'on part du 27 Août, le matin à 10 heures.

Du 27 Août, 10 heures du matin, jusqu'au 9 Septembre, 6 heures du soir (moment où le phénomène fut distinctement observé), c'est-àdire en 1373 jours, notre nuage de cendre parcourut le trajet de Krakatau par Trinidad, l'ile Fanning et l'ile Strong, à Galle et à Madras, soit une distance de 23000 milles; nous négligeons provisoirement la hauteur du nuage au-dessus de la terre. Ensuite, notre nuage de cendre fit une fois le tour du globe, depuis le 9 Septembre 6^» de l'après-midi jusqu'au 22 Septembre 6^ du matin, c'est-à-dire en 1272 jours. Pour le premier parcours nous trouvons donc une

23000 vitesse de — = 1725 milles par vingt-quatre heures.

Dans le second parcours, .le nuage n'a très probablement pas suivi

le grand cercle, — auquel cas nous obtiendrions pour la vitesse

-— — = 1728 milles, — mais le parallèle de 10° Lat. N. (latitude

moyenne entre Galle et Madras), parce que la direction sera restée

est-ouest et que, dès le 9 Septembre, le centre du nuage se trouvait

à 10° au nord de Téquateur.

Pour le second parcours nous trouvons, d'après cela, une vitesse de:

Page 1