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Boches de la seconde période

A la seconde période se rapportent seulement les basaltes du pic Rakata. Les basaltes épanchés en coulées de lave sont ordinairement pourvus à la surface supérieure et inférieure d*une croûte poreuse et le plus souvent rouge-brunàtre, tandis qu'au milieu ils sont plus compactes. La plupart des laves, toutefois, présentent aussi des cavités en leur milieu, mais la dimension de ces cavités varie de V2 ^n 1 millimètre à iVz centimètres, de sorte que les laves diffèrent beaucoup entre elles par Taspect extérieur.

Le basalte des filons, au contraire, est ordinairement tout à fait compacte, sans bulles, ce qui doit sans doute être attribué à ce que la vapeur d'eau et les autres gaz inclus n'ont, à cause de la haute pression, pu s'échapper de la masse fondue s'élevant dans d'étroites crevasses, tandis que ce dégagement était possible dans la lave qui s'écoulait librement et où la pression était en conséquence considérablement réduite.

La couleur des basaltes varie du gris clair au gris foncé, ce qui est en rapport avec la quantité plus ou moins grande de verre granuleux, ainsi que nous l'apprend l'examen microscopique.

A l'oeil nu on ne voit, dans une pâte grise, que des cristaux clairs et striés de feldspath et quelques grains d'olivine jaune-verdâtre ; ces derniers ont souvent pris, à la surface et dans les fissures, des teintes bleu d'acier ou jaune d'or, occasionnés par un léger enduit d'oxyde

de fer.

Au microscope, la roche des filons ne diffère pas notablement du basalte en coulées, de sorte qu'on peut les décrire simultanément.

La pâte ne renferme, comme grands cristaux, que du plagioclase et de l'olivine; bien que ne manquant jamais dans les échantillons macroscopiques, les grains d'olivine sont si parcimonieusement disséminés dans certaines variétés, que les plaques minces en sont parfois totalement dépourvues, ou n'en contiennent qu'un ou deux. Dans d'autres variétés de basalte l'olivine est plus abondante, quoiqu'elle y entre toujours en quantité beaucoup moindre que le

feldspath. L'augite ne se rencontre qu'exceptionnellement parmi les cristaux porphyriques ; de même que la magnétite^ elle est ordinairement refoulée dans la pâte.

Les grands cristaux de feldspath sont presque tous très finement striés, généralement dans une seule direction, parfois aussi dans deux directions, qui se croisent sous un angle à peu près droit. Chez ceux des cristaux qui produisent une extinction égale de part et d*autre de la ligne de mâcle, on rencontre le plus souvent de grands angles d'extinction, de 50'' à 40^ de sorte qu'on a indubitablement affaire ici à un feldspath très basique, à l'anorthite ou à la bytownite.

Quelques plaques pas trop minces furent traitées, pendant une couple de jours par l'acide chlorhydrique concentré, puis examinées au microscope. Les grands cristaux de feldspath avaient été fortement attaqués, avec séparation d'acide silicique amorphe; entre les niçois croisés cette gelée restait obscure, tandis que les petits feldspaths non attaqués de la pâte présentaient de vives couleurs de polarisation et sont donc manifestement plus acides. Après qu'on eut enlevé la silice au moyen de la potasse caustique, le basalte offrait des trous partout où primitivement il y avait eu des cristaux de feldspath. D'autres plaque3 furent déposées dans une solution de fuchsine, puis soumises à une longue ébullition avec l'eau; la gelée siliceuse se montra alors pénétrée de la matière colorante rouge, les parties feldspatiques non attaquées étaient seules restées incolores.

Les inclusions du feldspath, qui en général est très pur, se réduisent à quelques grains d'olivine, cristaux de magnétite et particules de verre granuleuses et foncées, lesquelles ont parfois des contours rectangulaires et parfois aussi sont alignées en file.

Les fissures du feldspath sont tapissées çà et là de pellicules rouges d'oxyde de fer.

VoUvine se présente en grains irréguliers et en cristaux nettement limités, qui dans les sections transversales et dans les sections à peu près parallèles au brachypinacoïde ont un contour rhombique, parfois tronqué par des pinacoides, tandis que dans les sections

sensiblement parallèles au macropinacoîde ils montrent des contours rectangulaires.

Parmi les nombreuses fissures de Tolivine prédominent celles qui dans les sections transversales sont parallèles à la courte diagonale des rhombes; cela concorde avec le clivage brachydiagonal connu de l'olivine. Dans les sections, également rhombiques, parallèles au brachypinacoïde, ces fissures ne sont naturellement pas visibles.

Les couleurs de polarisation de l'olivine sont très vives, même dans des plaques très minces; alors que les feldspaths ne montrent que du bleu pâle ou du blanc du 1^' ordre, les sections de l'olivine, d'un vert extrêmement pâle ou presque incolores, donnent encore de brillantes couleurs entre les niçois croisés.

Gomme inclusions, on rencontre quelques grains et octaèdres de

spinelle, verts par transparence, de la magnétite et des particules de verre. L'olivine est, en général, très fraîche, sans altération; rarement on remarque dans quelques fentes un commencement de décomposition, avec production de serpentine. Sur les parois des fissures et à la surface des grains s'étend parfois une mince pellicule d'oxyde de fer, qui donne lieu à la couleur bleu d'acier que l'olivine présente, comme nous l'avons déjà dit, dans les échantillons de basalte, à la lumière incidente. L'hématite ne parait pas être ici un produit de décomposition de l'olivine, mais, de même que dans le feldspath complètement dépourvu de fer, le résultat d'une infiltration.

La pâte donne au microscope une image différente, suivant qu'eUe contient peu ou beaucoup de base vitreuse. D y a des basaltes dont la pâte se montre presque entièrement composée de petits rectangles de feldspath, de grains d'augite et de magnétite, tandis que çà et là seulement on découvre, entre les particules cristallines, un peu de verre granuleux brun ou noir. Dans d'autres basaltes, le verre granuleux noir est très abondant et les granules sont parfois si serrés que la base vitreuse ne devient transparente que dans les parties les plus minces de la plaque, ou dans les inclusions ténues du feldspath. Dans d'autres encore, les petits feldspaths s'efiacent entière-

ment; il ne reste alors que de grands cristaux de feldspath et d'olivine» avec des grains plus petits d'augite et de magnétite et plus on moins de base vitreuse interposée. L'olivine ne prend aucune part à la composition de la pâte. Les angles d'extinction des microlithes feldspathiques sont ordinairement très petits et indiquent l'oligoclase ou Tandésine, indication confirmée par le peu d'action que les acides exercent» connue nous l'avons vu, sur ces microlithes. L'augite, de couleur vert pàle^ présente de grands angles d'extinction, de SO"" à 45''; on n'y découvre pas de pléochroîsme.

La roche de l'une des minces veines basaltiques est la seule où j'aie rencontré, au microscope, un minéral altéré, fibreux, trouble, jaune-citron, formant des grains cristallins irrégulièrement limités, dont quelques-uns seulement ont un noyau jaune clair non altéré, qui alors polarise légèrement; le minéral transformé, fibreux ou parfois grenu, montre une faible polarisation d'agrégat. On trouve ces grains jaunes tant dans l'olivine que dans le feldspath et isolés, mais jamais dans la pâte proprement dite. On ne peut confondre le minerai avec un produit de décomposition de Tolivine, car les cristaux de l'olivine sont parfaitement frais et intacts ; c'est probablement de la méliUthe, bien que la substance ne s'accorde pas entièrement avec celle qui m'est connue par des roches à mélilithe d'Europe.

Dans ce même basalte à mélilithe se trouvent, comme produit secondaire, des agrégats radiés d'aragonite incolore; les baguettes un peu grosses laissent voir de petits prismes à six pans avec troncature plane (ooPoo» Pà6, oP), qui entre les niçois croisés montrent une extinction parallèle. Le clivage rhomboédrique, propre à la calcite, manque.

Dans l'acide chlorhydrique le minerai se dissout avec une vive effervescence ; ajoute-t-on de l'acide sulfurique à la dissolution, on voit se former immédiatement les petites aiguilles caractéristiques du gypse, à extinction très oblique, parfois mâclées en croix, à angle aigu.

L'ordre de succession dans la production des minéraux du basalte est: picotite, magnétite et mélilithe; olivine et anorthite; ensuite les minéraux de la pâte: augite, feldspath et magnétite.

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