Boclies de la troisième période
Le petit nombre d'échantillons de laves que nous possédons de la partie centrale, aujourd'hui disparue, du volcan, et qui proviennent des cratères Danan et Perboewatan, ressemblent beaucoup, pour la plupart, aux andésites à hypersthène plus anciennes de l'enceinte du cratère.
La roche du Bootsmansrots consiste en une lave grise divisée en plaques, qui sur leurs joints sont couvertes d'une mince couche altérée, brun-rougeâtre; elle a beaucoup d'analogie avec la lave en plaques de Lang-eiland, à cela près que les cristaux de tridymite y font défaut.
A la partie nord de l'ancienne île de Krakatau — vis-à-vis de Verlaten-eiland — existaient deux laves différentes, une inférieure gris clair à pâte lithoïde, et une supérieure foncée, à pftte vitreuse, abondante, noire, à éclat résineux. Cette dernière lave était recouverte à sa taice supérieure d'une croûte très poreuse, botrytique (voir le croquis fig. 50) : elle était complètement nue et n'offrait aucun indice d'altération par les agents atmosphériques; je présume que son épanchement datait de l'éruption de 1680, tandis que la lave grise sous-jacente peut avoir appartenu à une éruption plus ancienne du Perboewatan.
Ni l'une ni l'autre de ces laves ne contient une trace de tridymite.
Il a déjà été dit que, précisément sous le sommet Rakata, un filon d'andésite à hypersthène, épais de deux mètres, coupe dans une direction à peu près verticale les couches de basalte. Ce filon, que nous regardons comme une injection du Danan, prolongée en dehors du massif de ce volcan jusque dans le Pic, est composé d'une roche gris clair, dans les cavités de laquelle on trouve, comme produit secondaire, des cristaux de gypse. En décrivant la cendre de 1883, qui contient également du gypse et de l'anhydrite, je parlerai de la formation de ces sulfates. Quelques petits cristaux de tridymite se voient aussi dans ces mêmes cavités.
Dans toutes les laves dont il vient d'être question on distingue à
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Toeil nu des cristaux de feldspath et quelques cristaux de pyroxène, disséminées dans une pâte plus fine.
Le fragment de roche ramassé par M. Sghuurman, le 27 Mai 1883, au pied du Perboewatan, est de couleur foncée et contient, dans une pâte presque noire, de grands cristaux ternes de teldspath et quelques grains jaune-verdâtre d'olivine.
Les fragments d'andésite à hypersthène, originaires du manteau ancien du Danan, qui furent éjaculés en 1883, et qui se trouvent maintenant mêlés aux déjections nouvelles dans la partie ouest et sud-ouest de Krakatau, appartiennent à des roches très différentes. Les uns sont gris clair, et ont un aspect très cristallin, dû à une multitude de cristaux de feldspath et d'augite; d'autres possèdent une pâte foncée, vitreuse ou à éclat résineux, tout comme la lave foncée du Perboewatan; d'autres encore sont remarquables par des cavités, sur les parois desquelles s'est déposée de la tridymite, tandis que l'intérieur est rempli, totalement ou en partie, de rhomboèdres de dolomie, blancs ou parfois jaunes à la surface; les lamelles de tridymite sont enveloppées par la dolomie, de sorte que la formation de ce minéral doit avoir eu lieu postérieurement à celle de la tridymite.
Les cristaux de dolomie bruns sont revêtus d'une très mince pellicule d'oxyde de fer, qui donne à leur surface de belles teintes irisées^ d'un éclat métallique; en cassant ces cristaux, ou découvre le minéral incolore.
Les cristaux présentent le rhomboèdre primitif, aux faces ordinairement un peu convexes, reconnaissable au clivage rhomboédrique parallèle à ses faces. Les arêtes culminantes sont en général tronquées par le premier rhomboèdre obtus (rhomboèdre inverse primitif), — Yal^- La surface des cristaux est un peu rugueuse, ce qui provient de sousindividus faisant légèrement saillie, conmie on le reconnaît au microscope.
Par voie microchimique, la chaux et la magnésie ont été décelées dams ce minéral de la manière suivante. Dans l'acide chlorhydrique froid une effervescence se produit d'abord, mais cesse bientôt. A chaud, la dissolution du minerai s'effectue rapidement et complètement, accompagnée d'une effervescence très vive.
Si quelques gouttes de cette dissolution sont mises en contact^ sur un verre port&objet, avec une solution ammoniacale de sel de phosphore (NH^NaHPO^), il se produit, outre un abondant précipité caséiforme et faiblement polarisant de CajP^Og, un grand nombre de cristaux distincts de Mg (NH^) PO4 4* 6HaO, reconnaissables à la forme en cercueil (cristaux hémimprphes de struvite) et à leurs mâcles suivant ooP, en forme d'ailes de moulin; ces cristaux sont d'aillejirs accompagnés des nombreuses autres formes décrites et figurées par M. Haushofer (dans Groth, Zeitschrift fur Krystallographie^ t. IV, p. 43 et pi. n). Un léger précipité brun trahit en même temps la présence d'un peu de fer. Une goutte d'acide sulfurique étendu fait directement apparaître dans la dissolution chlorhydrique les petits prismes caractéristiques du gypse, qui éteignent sous de grands angles et sont souvent mâclées à angle aigu.
Par sa non-solubilité dans l'acide chlorhydrique froid, sa solubilité avec effervescence dans l'acide chaud, sa teneur en magnésie çt en chaux, sa forme cristalline et son clivage, le minéral est suffisamment caractérisé comme dolomie.
Tous les fragments dont il vient d'être parlé consistent en andésite à hypersthëne, et, vu qu'ils diffèrent beaucoup des roches de 1883, nous les considérons comme des produits plus anciens du Danan, qui ont été entraînés lors de la dernière éruption. Il est remarquable que parmi les fragments on trouve "si peu de basalte; c'est une preuve que la partie disparue du Pic n'a pas été projetée, mais s'est effondrée.
Au microscope, les roches de cette période offrent moins de différences dans les grands cristaux que dans la pâte.
Comme éléments porphyriques on trouve partout du plagioclase, de rhypersthène, de l'augite, de la magnétite et le plus souvent aussi de l'apatite pulvérulente ; ces cristaux renferment toutes les inclusions que nous avons déjà fait connaître en décrivant les andésites à hypersthène les plus anciennes. L'hypersthëne est toujours plus abondant que l'augite; dans les roches olivinifères de M. Sghuurman, l'augite devient même très subordonnée, ce qui est une exception parmi
les roches à olivine, ordinairement riches en augite et pauvres en hypersthène.
La pâte contient toujours un grand nomhre de microlithes feldspatiques et augitiques, des grains de magnétite, de petits lambeaux d'hématite, ceux-ci parfois en tables hexagonales, et plus ou moins de verre. Les roches qui déjà à l'oeil nu présentent une pâte d'éclat résineux sont les seules où l'on trouve beaucoup de verre, lequel est parfois limpide, parfois granuleux et brun clair ou noir foncé. La pâte de la roche hypersthénique olivinifère renferme, outre les microlithes de feldspath et d'augite, une quantité exceptionnellement grande de petits cristaux de magnétite, qui sont déposés principalement dans les microlithes augitiques, ou bien y sont attachés à l'extérieur; la base vitreuse, largement représentée, est brun foncé, ce qui, joint aux nombreux grains de magnétite, produit la couleur foncée de cette roche.
Les minéraux — tridymite, gypse, dolomie — qui tapissent les cavités de quelques roches, ne se rencontrent pas dans les plaques minces, parce qu'ils se brisent pendant la taille ; l'olivine de la roche de M. ScHuuRMAN s'y trouve en grains si clair-semés, que souvent les plaques ne contiennent pas non plus ce minéral.
Le résultat de notre examen est que les andésites à hypersthène de la troisième période sont tantôt pauvres, tantôt riches en verre, et ressemblent en général beaucoup à celles de la première période; la tridymite, toutefois, en est absente, sauf de la roche en filon cidessus décrite, qui contient en outre du gypse.