‹ KrakatauChapitre 68 sur 127 · soir · texte numérisé non relu

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Uin, le 27 Aoûly jusqu'à 6 heures du soir, le 27 Août 1883, à Batavia,

Inonde (mesure de Gauss).

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En ce qui concerne les ituiicalions du baromètre, il est très regrettable que nous n'ayons pas de barogrammes faisant connaître la hauteur d'une manière contenue. Un barographe était jadis établi à Batavia, mais à cause de l'extrême régularité des variations barom*étriques dans nos climats, on a cessé de se servir de cet appareil, qui a été^ envoyé à Utrecht. Les observations d'heure en heure, suffisantes pour les cas ordinaires, ont naturellement le désavantage de nous laisser - dans l'ignorance au sujet de ce qui se passe dans l'intervalle des observations; c'est ainsi que la grande onde aérienne, qui lors de l'éruption est partie de Krakatau vers 10 heures (voir plus loin) et a donc dû arriver à Batavia quelques minutes après 10 heures, n'a pas été notée. Lorsque, à 11 heures, on constata le niveau élevé du mercure, le baromètre avait déjà commencé à baisser; l'instant du maximum se trouve entre 10 et 11 heures, et ne peut être déterminé avec plus de précision. Personne, au reste, lors de l'éruption, ne s'était attendu à une perturbation atmosphérique si forte et si exceptionnelle, car autrement on n'eût pas manqué de faire la lecture du baromètre de 5 en 5 minutes.

Le notable abaissement de température qui a été observé, nonseulement à Batavia, mais aussi à Buitenzorg, à Kroë, à Moeara- Doea, à Bandar et en beaucoup d'autres lieux, ne peut, eu égard aux observations hygrométriques, être attribué à l'évaporation de l'humidité de la cendre.

A mon avis, il provenait uniquement de la basse température des particules de cendre, qui retombaient d'une hauteur très considérable, où elles s'étaient refroidies au contact de l'air. Au voisinage de Krakatau la température n'était pas abaissée; les relations des navires {Besse, Charles Bal, G.-G, Loudon) parlent au contraire d'un air chaud, lourd et suflbcant, ce qui prouve bien que l'abaissement de température n'était produit que par la cendre lancée à une grande hauteur et retombant très loin du volcan.

A Batavia, le 27 Août, de midi à 4 heures, la température moyenne fut de io" C, présentant ainsi des différences de T et de

&" G. avec les températures de la veille et du lendeiHain, respectivement de 30° et de SO""; à Kroê, on nota pendant la plus grande partie du jour ly Fahr. = 23* Gels, (voir, au Chap. III, la relation du contrôleur Horst); à Bandar, le D^ Stammeshaus observa, à 2 heures de l'après-midi, la température remarquablement basse de 18^2 Celsius.

Sur rélecUridié atmosphérique il n'a pas été fait d'observations à Batavia. Autour de Krakatau, ainsi que nous le savons par les relations des navires, de fortes décharges électriques eurent continuellement lieu dans le nuage de cendre, le feu St. Elme apparut aux mâts et aux vergues, à bord du Berbke le bandage en cuivre du gouvernail s'échauffa et des chocs furent ressentis par différentes personnes; à Java's 1^ Punt et au Vlakke Hoek la foudre frappa le phare.

Notre volcan peut être comparé à une gigantesque machine à vapeur d'Armstrong, et les phénomènes électriques s'expliquent donc très facilement.

D'après les observations de M. le professeur L. Palmieri, des éclairs ne se remarquent dans les nuages de vapeur du Vésuve que lorsque ceux-ci sont mêlés d'une grande quantité de cendres. La vapeur est fortement chargée d'électricité positive, la cendre retombante est négative.

Lorsque, la tension de l'air étant positive^ on laisse tomber de la cendre d'une hauteur de 3 à 4 mètres dans un plat de métal, isolé et en communication avec un électroscope de Bohnenberger, cet appareil indique une charge électrique^ négative, la cendre qui tombe est positive.

D'après cela, M. Palmixri attribue l'électricité négative de la cendre à la chute même, tandis que l'électricité positive du nuage de vapeur serait due en partie peut-être à la rapide ascension de la vapeur, mais surtout à ce que cette vapeur se condense bientôt en particules d'eau; lorsque, en effet, les nuages de vapeur sortent très tranquillement du cratère et sont entraînés horizontalement par le vent, ils n'en présentent pas moins une forte charge positive. La

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condensation de la vapeur est toujours, suivant M. Palmieri, une source d'électricité libre positive.

Par suite de la chute des lapilli et des cendres la tension du nuage de vapeur peut croître tellement, que des décharges se produisent entre la partie supérieure du nuage et sa base suspendue au-dessus du cratère, raison pour laquelle les éclairs sillonnent l'intérieur du nuage, mais frappent rarement le sol. Lorsque, toutefois, le nuage de vapeur a des dimensions très considérables, qu'il est mêlé de beaucoup de cendre, et que le vent le transporte au loin, il est possible que les décharges électriques atteignent aussi la terre; c'est ce qui doil avoir eu lieu, entre autres^ pendant la grande éruption du Vésuve, en 1631 (SAS).

En ce qui concerne les éclairs dans le nuage de fumée du Krakatau, ils ont, à ma connaissance, été observés surtout pendant les premières éruptions, du 20 — 27 Mai, et pendant les dernières, des 26 et 27 Août; comme la vapeur était alors indubitablement mêlée de beaucoup de cendre, ces observations confirment celles qui ont été faites au Vésuve et dont il vient d'être question. Au mois de Mai, le D^ Sulzer remarqua aussi que les éclairs se produisaient dans la partie supérieure du nuage de fumée, et qu'ils convergeaient des nuages atmosphériques vers ce nuage de fumée. Il ne parait pas que les décharges électriques, l)endant ces éruptions, aient donné lieu à d'autres observations intéressantes.

Quant aux écarts du baromètre, notés à Batavia et à bord des navires, nous y reviendrons ci-dessous, en traitant des mouvements de l'air.

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