‹ KrakatauChapitre 69 sur 127 · D. MOUVEMENTS DE L'AIR · texte numérisé non relu

D. MOUVEMENTS DE L'AIR

Au chapitre lii nous sommes déjà entré dans quelques détails au sujet des explosions qui pendant l'éruption, furent entendues dans

la partie Ouest de Java. Nous allons maiDtenant compléter ces indications.

De toutes les résidences de Tile on a reçu des informations concernant des bruits sourds et de courtes détonations. Il est à remarquer que dans le Centre et TEst de Java les détonations les plus fortes furent entendues entre 10 heures et midi, — beaucoup de relations parlent de ll^Vs' — ^^^ V^*^ Batavia et à Buitenzorg on ne percevait plus rien. Gela doit avoir tenu au nuage de cendre qui, à ce moment, était suspendu entre Krakatau et Batavia. Déjà après l'explosion de 7 heures, mais surtout passé 10 heureis, un nuage de cendre s^étendit du volcan vers Test, sous la forme d'un immense dôme rempli de corpuscules, et enveloppa toutes les localités situées entre Krakatau et Bandoeng.

Le son parait ne pas s*être propagé, ou s'être propagé très mal, à Tintérieur de ce nuage avec ses millions de particules de cendre; même à Sérang on n'a plus entendu d'explosions après 10^74» aux phares de Java's 1* Punt et du Vlakke Hoek, toutefois, des détonations furent encore perçues; à bord des navires qui se trouvaient dans le détroit de la Sonde le bruit fut en général entendu (notamment à bord du W. H. Besse et du Charles Bal)^ seul le G.'G. Loudon n'entendit rien. Une certaine épaisseur de la couche de cendre parait donc être nécessaire pour étouffer complètement le son.

Les particules de cendre suspendues dans l'atmosphère donnent une explication si sinple et si satisfaisante des apparentes singularités de la propagation du bruit, que toute autre hypothèse me semble superflue. L'interférence du son, savoir, l'interférence d'ondes propagées directement et d'ondes réfléchies, a difficilement pu jouer un grand rôle dans pes phénomènes. Sans doute, cette interférence peut se produire et donner lieu parfois, en quelque point particulier, à l'affaiblissement ou même à la suppression momentanée du son; mais qu'en un même lieu tous les sons soient complètement éteints de cette manière pendant plusieurs heures consécutives, cela est très improbable. De plus, en cas d'interférence des ondes, le son, en des lieux

voisins, sera tantôt affaibli, tantôt renforcé, et je pense que si les détonations ont eu à Buitenzorg une violence extrême (elles y étaient encore très fortes à une heure avancée de la soirée du 27), la causé en doit être cherchée précisénient dans la situation de cette localité en face du Salak, et dans la réflexion du son contre la montagne.

Au-dessus du nuage de cendre, les explosions se propagèrent dans tous les sens et furent naturellement entendues le plus distinctement dans Içs lieux vei*s lesquels se dirigeait le vent A Kroë, dans la matinée du 27, jusqu'à environ 10 heures, alors justement qu'à Buitenzorg et à Batavia les détonations avaient le plus de violence, aucun bruit ne fut perçu, ce qui doit être attribué à la direction. 0. ou N. 0. du vent; dans les heures suivantes, on n'entendit à Kroë, sauf une seule forte détonation à midi, que des bruits sourds, probablement parce que Tair était chargé de cendres; l'après-midi, toutefois, la pluie de cendre ayant notablement diminué, une formidable explosion fut de nouveau entendue, à 4^ 30°". Tout cela s'explique d'une manière très plausible, à mon avis, par les différentes directions du vent et par le plus ou moins d'épaisseur de la couche des particules de cendre répandues dans l'atmosphère, sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir la singulière propagation du son qui parait résulter de la force et de la direction du vent, et qu'on a remarquée, entre autres, pour les signaux acoustiques usités en temps de brouillard (ISttS*).

Les explosions les plus fortes ont eu Jieu, comme je l'établirai plus loin, dans la matinée du 27 Août, à B^ 35», 6*» 49°>, 10^^ 7" et 10^» 57", heure de Batavia.

Pour éviter toute confusion, Krakatau sera toujours pris comme point de départ dans les calculs suivant, et les indications d'heure seront toutes données en temps moyen de Krakatau. Les quatre explosions précitées eurent donc lieu aux instants suivants, exprimés en temps de Krakatau:

5^ 30», 6^ 44», 10»» 2» et 10^ 52».

La détonation qui, dans le Centre de Java, par exemple à Sema-

rang et à Jokjakarta, fut entendue vers ll^Vs' ^^^^ ^^^^^ ^^^ ^^^^^ de 10^ 52°", vu que la différence de temps est de 20 minutes, et que le son, partant de Krakatau, a besoin de 28 minutes pour parvenir jusqu'à Jokjakarta, de 27 minutes pour aller à Semarang (WO). On a donc 10^ 52» + 20« + 28"» = IP 40"», c'est-à-dire, environ ll'»V2- ^^^ différence de 10 et même de 15 minutes n'a rien de surprenant dans ces déterminations, car la plupart ne reposent que sur de simples estimations, et en outre, aux Indes, les horloges présentent assez souvent des différences considérables. D'ailleurs, suivant les annotations de M. Dibtrigh, de Semarang, cette détonation eut lieu non pas à 11^ 30"», mais à 11^ 48"». La vérité parait se trouver entre ces deux chiffres.

n est à remarquer encore que presque tous les observateurs supposèrent que les détonations provenaient de points beaucoup plus rapprochés que Krakatau; quelques-uns les attribuèrent à des volcans du voisinage, d'autres à des décharges d'artillerie, d'autres encore à des signaux de navires en détresse, de sorte que, dans plusieurs localités, des bâtiments à vapeur furent envoyés au secours. Ci-dessous je noterai ces divers détails, parce qu'ils montrent quelle force extraordinaire, quelle violence inouïe eurent les explosions du Krakatau.

Dans la liste suivante sont mentionnées toutes les localités où, d'après les informations reçues, le bruit a été entendu; autant que possible, on y a indiqué l'heure du commencement, de la plus grande intensité et de la fin des bruits perçus. Beaucoup de ces informations, toutefois, sont manifestement incomplètes, quelques-unes inexactes.

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26 Août \^\ soir.

tu», iMana,

Ralaria.

26 Août \^\ soir.

27 Août CBT. 8^ '3 ma

BuiUszorg.

26 Août 1^ soir.

Réf. Krawajig.

PoerwakartsL

26 Aoàt 8^ soir.

Réi« Preanger-Reg.

Bandoeog. '

26 Aoât 3^ soir.

Ré«. Ctierilion.

Oieribon.

26 Août midi?

27 Aoàt 1^ mat?

Koeningao.

26 Aoât 6^ s4Hr.

Réif. Tegal

Tegal

26 AoAt SI* soir.

R/5i(* Pekalongan.

Pekalongan.

26 Août ll^" mat? !

27 Août 2»» mat.

Wén, BanjoeinaH.

Banjoemas.

» » 10^ mat.

» B 2^ soir.

Tjilatjap.

26 Août 41" soir.

Réfi. Bagelen.

Poerworedjo.

26 Août.

RéH. Kodoe,

Magelang.

26 Août 5^ soir.

ie Pénipiiofi fut entendu.

Derniers bruits entendus.

Voir la Note N^

Remarques.

27 Août très avant

dans la soirée.

27 Août 7'»s. jusqu'au

28 Août S^^Va i»at- Dans la nuit du 27/28

Août.

27 Août 9^ soir.

27 Août 5^» soir, 27 Août faibles depuis 7-8^ s.

28 Août matin.

27 Août V^ soir.

27 Août V' soir.

De nouveau 8*^72 soir

faibles.

27 Août PVj soir.

27 Août.

(Wl)

(we)

(WS)

et 291-)

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