met
41 min.
Kr. — Anjer
Kr. — Tjaringin . . .
Kr. — Java's 1« punt.
Kr.- Vlakke Hoek .
env. 150 »
Kr. — Beneawang . .
Kr. — Teloeq Betoeng
Kr. — Ketimbang . .
La profondeur moyenne dans la direction du Vlakke Hoek est incertaine, les sondages n'y étant pas asset nombreux.
Suivant notre formule v = y â^; (^ + 0 (2 h + 0> ^ù g est
pris = 9.781 naètres (808) et s = 15 mètres, nous obtenons alors pour les vitesses moyennes les chiffres inscrits dans la troisième colonne, desquels il résulte ensuite que Tonde a eu besoin, pour faire le trajet de Krakatau aux points en questions, des temps mentionnés dans la quatrième colonne. Si nous admettons provisoirement comme exacte la détermination de l'heure de l'inondation au Vlakke Hoek, l'onde serait donc partie de Krakatau à 10^ 30™ — 42™ = 9^ 48"*, ce qui donne pour l'heure de l'arrivée à Sangkanila 10^» 29"*, à Anjer, 10^ 21™, à Tjaringin jQh i7in u ressort clairement de ces chiffres que l'onde ne suivit pas immédiatement la forte explosion, mais que même à Tjaringin, le point le plus rapproché, elle n'arriva, suivant, cette détermination, que V* d'heure plus tard; plus loin nous verrons que l'intervalle écoulé entre le moment où la détonation fut entendue à Tjaringin et
(^) D'après la nouvelle carte marine.
celui où Tonde y parvint, était encore plus grand, savoir, égal à 27 minutes.
Cela s'accorde bien, d'ailleurs, avec le récit de M. Gaston (voir p. 47 et Note SU). Ce témoin entendit l'explosion à roi-chemin environ de Tjerita et de Tjaringin, c'est-à-dire à plus de 2 kilomètres de cette dernière localité, et il n'aurait donc jamais pu atteindre Tjaringin si l'onde y était arrivée immédiatement ou seulement quelques minutes après le bruit de l'explosion. L'intervalle de temps chii nécessairement avoir été d'au moins un quart d'heure ; de même pour Anjer et Sangkanila. La mention, que dans ces localités l'onde suivit efe près le bruit de l'explosion, ne doit donc pas être prise trop à la lettre.
Les déterminations d'heure, données ci-dessus, sont encore assez incertaines, non-seulement parce qu'elles dépendent de l'instant où l'onde atteignit le Vlakke Hoek, instant pour lequel naus avons pris 10^ 30"* , mais aussi parce que la profondeur de la mer entre Krakatau et le Vlakke Hoek (environ 150 mètres) n'est pas connue d'une manière précise, et qu'à cette profondeur est liée la durée de la propagation de l'onde (42 minutes).
On peut obtenir une- détermination 'plus exacte de l'instant de la naissance de Tonde, en partant de l'heure où elle fut observée à Tandjong Priok, et en retranchant de cette heure le temps que Tonde a dû mettre à aller de Krakatau à Tandjong Priok.
A cet effet, en m'aidant de toutes les sondes qu'on possède, les anciennes de la carte marine anglaise (en brasses de 6 pieds anglais = 1°*.83) et les nouvelles, obtenues dans les derniers levés des baies de Bantam et de Batavia (en brasses de 1°*.80), j'ai dressé un profil aussi exact que possible du lit de la mer entre Krakatau et Batavia; ce profil, partant du milieu de Krakatau, se dirige en ligne droite, le long du côté nord de Dwars in den Weg, vers un point situé un peu au nord de la Pointe S^ Nicolas, pui$ il suit une ligne légèrement courbe, allant au nord de la baie de Bantam et de Tile Maneter, au sud et près des iles Hiddelburg et Amsterdam, pour aboutir au port de
KRAKATAU U 20
tandjong Priok. Non loin de Krakatau, l'onde a dû passer 1res près de Calraeyer, • cette île s'étant probablement formée dès le Dimaucbe soir (26 Août); en ce point, la profondeur n'aura certainement pas mesuré plus de 5 brasses (= 9 mètres). Il a été tenu compte de ce haut-fond.
Cette route a été partagée en 7 sections, les trois premières prises de Krakatau jusqu'à la Pointe S^ Nicolas, la quatrième de cette Pointe jusqu'au commencement de la baie de Bantam, la cinquième jusqu'à la fin de cette baie, la sixième jusqu'à l'ile d'Amsterdam, la septième d'Amsterdam jusqu'à Tandjong Priok à travers la baie de Batavia.
Pour l'exhaussement produit par l'onde, j'ai admis dans le détroit de la Sonde, donc sur les trois premières sections, 15 mètres. Audelà de l'étroit passage près de la Pointe S^ Nicolas, l'onde a immédiatement perdu beaucoup de sa hauteur ; conformément aux données que nous possédons au sujet de cette hauteur, j'ai adopté pour l'exhaussement (demi-hauteur d'onde) le plus probable: dans la quatrième section 5 mètres, dans la cinquième section 4, dans la sixième 3 et dans la septième 2 mètres.
La profondeur moyenne des sept différentes sections à été calculée en brasses, puis en mètres, après quoi, au moyen de cette profondeur et de l'exhaussement, on a calculé dans chaque section la vitesse de propagation, suivant la formule:
où, comme il a été dit, g = 9.781, h = la profondeur, s == l'exhaussement en mètres et v = la vitesse en mètres par seconde. Cette vitesse étant connue, le temps nécessaire pour parcourir une certaine distance A s'obtient par la relation:
Temps = minutes.
I)e cette manière j'ai trouvé:
Section. 1
Distances A en mètres.
Profondeur
moyenne
h en mètres.
Exhaussementjl i en mètres. 1
Vitesse v en mètres.
Temps de propagation en minutes.
ni.
Total 172793 mètres.
Total 150.69 minutes.
La vitesse moyenne entre Krakatau et Tandjong Priok s'élevait
donc a = 19.11 métrés par seconde, ou 57.09 milles
marins = 68.8 kilomètres par heure.
En toute rigueur, le temps de propagation trouvé, savoir 150.69 ou, en chiffres ronds, 151 minutes, devrait encore recevoir une correction pour la vitesse du courant, qui au mois d'Août, de même que le vent régnant pendant k mousson d'Est, est dirigé, sur la côte nord de Java et dans le détroit de la Sonde, de l'Est à l'Ouest, tandis que pendant la mousson d'Ouest la direction est précisément opposée.
Le long de la côte septentrionale de Java ce courant est ordinairement faible, mais entre le Nicolaaspunt et le Varkenshoek sa vitesse atteint parfois 3 milles marins par heure, et même plus. Au sud de cet étroit passage, toutefois, le courant diminue de nouveau rapidement.
Buisque le courant était dirigé en sens contraire du mouvement de l'onde, la propagation de celle-ci en aura été un peu retardée; mais, comme la vitesse moyenne du courant, sur la distance
totale, ne s'élevait certainement pas à plus de 72 mille, il n*en
résulte qu'une différence de 2 minutes dans le temps employé
par l'onde. Car si la distance de 172.8 kilomètres , ou 93.145
milles, n'est pas parcourue avec la vitesse de 37.09 milles, mais
avec celle de 36.5 milles par heure, la durée de la propagation
devient = — '- = 153 minutes, et ne suqiasse donc que
de 2 minutes la valeur trouvée plus haut. Je ne tiens toutefois pas
compte de cette correction, parce que rien n'est connu de la vitesse
que le courant possédait le 27 Août, et qu'il se pourrait donc que
cette vitesse eût été très faible ce jour-là.
Nous devons maintenant déterminer, avec toute l'exactitude possible, le moment d'arrivée de la première onde à Tandjong Priok.
D'après les chiffes communiqués p. 37, et qui sont tirés du Rapport sur les travaux du port de Tandjong Priok pendant le mois d'Août {Javasche Courant du 18 Septembre), la première onde aurait atteint son niveau le plus élevé à midi 30°*, la seconde à 2^ 30™, la troisième à 4^ 30°*, tandis que les niveaux minima intermédiaires se seraient produits à 1^ 30™, 3^ 30™ et 5"* 30™. Le marégraphe n'était pas construit en vue de niveaux aussi exceptionnellement hauts et l)as, et il ne put donc les inscrire.
La hauteur de la première onde fut donc notée à l'une des pierres de couronnement du mur de quai, et il est clair que la détermination de l'heure où le niveau le plus élevé fut atteint, ne peut avoir été tout à fait exacte; d'abord parce que près du maximum l'accroissement de hauteur est très lent, de sorte que pendant quelque temps l'eau reste pour ainsi dire stationnaire, et en second lieu parce qu'à 12h 30^ il faisait encore passablement obscur et que, d'une manière générale, on ne peut attribuer un très grand degré de précision aux observations qui eurent lieu dans ces circonstances.
La courbe du marégraphe est reproduit, à Vs de la grandeur primitive, dans notre Og. 9. On voit que la courbe s'arrête à la hauteur de + 1.60 mètres; aux deux premières ondes j'ai suppléé par des lignes de points rouges les extrémités qui manquent, en prenant
pour instants des inaxima 12^» 30°* et 2^ 30". La figure montre clairement, toutefois, que ces instants doivent tomber un peu plus tard, parce qu'à cette condition seulement Tonde acquiert une forme régulière.
Sur le tracé original (notre figure 9 est à trop petite échelle pour cela) on trouve par la mensuration que la première onde atteignit à 12^ 24°* le niveau inscriptible le plus élevé, savoir + 1-60 mètres; ce niveau se maintint quelque temps et la baisse commença à 12^ 48°*; or, comme on peut admettre que l'ascension au-dessus de la ligne de + 1°*.60 aura eu lieu avec la même rapidité que la dépression subséquente, le maximum doit avoir été atteint juste au milieu de l'intervalle de 12^ 24" à 12^* 48°*, c'est-à-dire, à 12^* 36°*. Si l'on prend ensuite le milieu entre les points où les lignes de + 1°*.50, + 1°*.40, -f l"-50 etc. sont coupées par le tracé de l'onde, on reconnaît que tous ces points de milieu correspondent également à peu près à 12^ 56°*, de sorte que nous pouvons admettre, avec un haut degré de probabilité, que la première onde, à Tandjong Priok, a atteint son niveau le plus élevé à 12^ 36^. De la même manière, pour les instants où la deuxième onde atteignit et quitta la ligne de + l^^-BO, j'ai trouvé 2^ 32°* et 3^ 4°*, par conséquent, pour le niveau le plus élevé, la moyenne de ces deux nombres, savoir 2^ 48°*, instant auquel on arrive aussi en prenant le milieu des deux points d'intersection sur la ligne de 1°*.50, de 1°*.40, etc.
L'indication de l'heure du niveau maximum, donnée p. 37, est donc de 6 minutes trop faible pour la première onde, et même de 18 minutes pour la seconde.
C!omme 12^ 36°* temps de Batavia équivaut à 12^ 31°* temps de Krakatau, et que d'après notre calcul l'onde a dû mettre 151 minutes ou 2^ 31°* à parcourir la distance Krakatau-Tandjong Priok, l'onde a été engendrée ^12^^31°* — 2»»31°* = lO** O" du matin.
On voit donc que l'effondrement d'une partie du Krakatau, qui occasionna la formation de grandes ondes marines, a eu lieu à peu près en même temps que la plus forte explosion, à laquelle est due
la formation de la grande onde aérienne. La première détermination pouvant toutefois être affectée d'une inexactitude de quelques minutes, il resterait tout au plus incertain si l'effondrement a précédé la grande explosion, ou s'il Ta suivie immédiatement.
Considérés en eux-mêmes, les deux cas sont possibles; mais la projection d'une immense quantité de boue, mélange de cendre et d'eau de mer, montre en toute évidence que l'explosion a été sousmarine, et que par conséquent l'irruption de l'eau par le haut du cratère et l'effondrement, très problement simultané, du Krakatau doivent avoir eu lieu avant l'éjaculation des matières. En outre, notre détermination de l'heure de la formation de la première onde, 10^ 0*°, pèche plutôt par excès que par défaut, parce que nous avons négligé l'influence du courant, qui était opposé au mouvement ondulatoire.
Voici donc dans quel ordre de succession nous devons nous représenter les événements survenus lors de la grande éruption — catastrophe telle que l'histoire du vulcanisme n'en mentionne qu'un très petit nombre:
Rupture des parois des cratères actifs, parois qui étaient affaiblies par fusion partielle au côté interne; irniption de l'eau de mer dafis la cavité cratérienne, sur la lave fondue, et effondrement d'une partie du pic dans cette masse d'eau, à 10^ 0™ temps de Krakatau. Immédiatement après, projection des matières fondues et de l'eau de mer qui les recouvrait, de telle sorte qu'à 10^ 2°* était déjà atteint le maximum de la pression que cette explosion détermina dans l'air, à une hauteur considérable au-dessus du cratère. Retrait de la lave restante dans le cratère et dans sa cheminée, jusqu'à 200 à 300 mètres au-dessous du niveau de la mer, et solidification de cette lave.
La dévastation des différentes localités riveraines du détroit de la Sonde eut donc lieu, d'après les temps que nous avons trouvés nécessaires pour la propagation de Fonde, aux heures suivantes:
Sangkanila (Merak) . . . 10** 0"* + 41"» = 10** 41™ lemps de Krakatau
Anjer 10** 0" + 33"» = 10** 33"* »» » »
Tjaringin 10** 0"» + 29™ = 10** 29™ »
Java's P»« puni 10** 0™ + 36™ = 10** 36™ »
Vlakke Hoek 10** 0™ + 42™ = 10** 42™ » »
Beneawang (Semangka). 10** 0™ + 51™ = 10** 51™ » » »
Teloeq Beloeng 10** 0™ + 51™ =10** 51™ • »
Kelimbang. 10** 0™ + 27™ = 10** 27™ » » »
La formation de la plus grande onde ne doit donc pas être attribuée à réjaculalion sous-marine de la niasse de lave, et encore moins à la chute en mer des matières ainsi projetées, — car ces événements eurent lieu un peu plus tard que la production de Tonde, — mais uniquement à l'effondrement d'une partie du volcan, à l'immersion subite d'une masse rocheuse dont le volume, tel que nous l'avons calculé, s'élevait au moins à 1 kilomètre cube.
Dans les premiei*s temps après la catastrophe, l'onde a aussi été rapportée à des tremblements de terre, et en conséquence, dans beaucoup de relations, il en a été fait mention sous le nom Abonde de tremblement de terre (earthquake-wave) ; probablement parce que les grandes ondes analogues, dans des occasions antérieures, avaient toujours été causées par des commotions séismiques. Mais nulle part on n'a ressenti de tremblement de terre au moment de la grande éruption, et puisque précédemment on a perçu sur les côtes du détroit de la Sonde des secousses qui n'étaient pas accompagnées d'onde, il serait absurde d'admettre que maintenant cette onde formidable aurait été occasionnée par un tremblement de terre d'une étendue si restreinte que rien n'en a été remarqué, ni a Java, ni à Sumatra.
Le nom d'onde de marée (tidal wave) est également inexact, vu que Tonde du Krakatau n'a rien de commun avec le phénomène du flux et du reflux. Nos ondes ont été formées tout à fait de la même manière que celles qu'on détermine en jetant un caillou dans l'eau. A la première onde. Tonde primaire, succèdent alors toujours plusieurs ondes secondmres. La première onde est la plus haute; si Tune des suivantes la dépasse, cela doit être attribué à l'interférence avec d'autres ondes.
Ci-dessus nous avons dit que Texhaussement de la grande onde en mer, égal à la demi-hauteur de l'onde (prise du point le plus bas au point le plus haut), doit avoir été d'environ 15 mètres, de sorte que la hauteur totale s'élevait à 30 mètres. C'est là une hauteur tout à fait exceptionnelle; les plus fortes vagues produites par le vent, en cas de tempête violente et prolongée, ne mesurent que 15 à 18 métrés (808"), c'est-à-dire la moitié de la hauteur de l'onde de Krakatau.
On ne saurait déterminer par le calcul la hauteur de l'onde engendrée par l'immersion d'un kilomètre cube de matière, parce que cette hauteur dépend de la force avec laquelle l'immersion s'opère et de l'espace sur lequel elle s'étend, et qu'au sujet de ces éléments nous ne possédons pas de données suffisantes.
D'après nos mesures, ce n*est qu'au côté Sud de Dwars in den Weg et à Anjer, points situés à 48 et à 53 kilomètres de Krakatau, que l'onde s'est élevée de 36 mètres contre l'escarpement de la cote; ailleurs, l'ascension a été beaucoup moindc:e; à Sangkanila près de Merak, à 64 kilomètres de Krakatau, l'eau a aussi monté à 35 mètres, mais cela tient à ce que Merak n'est séparé de l'ile du même nom que par un étroit chenal, où l'eau était refoulée à une grande hauteur. Contre Tîlot Toppershoedje Teau se dresse au côté sud jusqu'à 30 mètres, au côté nord seulement jusqu'à 24 mètres. A Kalianda, au nord de Ketimbang, l'eau remonta une plaine inclinée jusqu'à la hauteur de 24 mètres; à Teloeq Betoeng, juste en face de la Hésidence, elle atteignit 21"^.7, et dans la même localité, contre l'Apenberg (Goenoeng Koenjiet), 24.2 mètres; au phare du Vlakke Hoek, 15 mètres; à Prinseneiland et à Java's l*' punt, 10 à 7 mètres. A Sebesi la ligne de l'eau ne se distinguait pas bien, parce qu'après l'irruption de la grande vague de 10 heures il est encore tombé beaucoup de cendre, qui a tout recouvert d'un manteau uniforme. A Seboekoe la hauteur de l'onde ne fut pas mesurée, mais elle ne s'élevait pas à plus de 25 à 30 mètres, oe qui est assez surprenant, vu la faible distance entre Krakatau et SelK)ekoe; l'île était toutefois un peu protégée par Sebesi,
La hauteur est doue partout différente et dépend de la déclivité de la côte, de la forme de la ligne de côte, de la profondeur de la mer près du littoral, de la distance de Krakatau, de l'abri fourni par des parties proéminentes de la côte, ou par des îles, etc.
Jusqu'ici nous n'avons parlé que de la grande onde de 10 heures, et il faut maintenant rechercher à quelles causes doivent être attribuées les ondes beaucoup plus petites du Dimanche soir et du Lundi matin 6 heures.
L'onde qui le Dimanche soir entre 5V2 et 6 heures fut observée à Tjaringin, Anjer, Ketimbang et Teloeq Betoeng, et celle qui le Lundi matin à 6 heures détruisit une partie d'Anjer et à 6^ Y2 ^^ partie basse de Teloeq Betoeng, mais qui, circonstance remarquable, ne fut pas remarquée à Tjaringin, ou du moins n'y occasionna' aucun dommage, — ces deux ondes peuvent dii&cilement avoir été produites par des effondrements. Si, avant ce temps, l'eau de mer avait déjà pu pénétrer dans te volcan et se répandre au-dessus de la colonne de lave, des ondes auraient naturellement été formées à chaque effondrement d'une partie du Krakatau, mais alors aussi, à chaque explosion, depuis le Dimanche soir jusqu'au Lundi matin 6 heures, de la boue aurait été éjaculée; or, de toutes les informations il ressort que la pluie de boue n'a commencé ({\i*après 10 heures du matin, le Lundi. Sans doute, les éruptions du Dimanche soir et du Lundi matin étaient beaucoup plus faibles que celle de 10 heures, mais aussi, pendant cette dernière, la boue fut lancée jusqu'à la distance de 100 kilomètres, et il semble donc que, lors de l'éruption déjà assez forte de 5V2 heures du matin, elle aurait pu tomber à Ketimbang ou à Tjaringin, à une distance moitié moindre. Ajoutons que l'espace effondré présente un contour à peu près circulaire, et que par là il donne irrésistiblement Timpression d'avoir été formé, non par des effondrements successifs, mais (Fun seul coup.
Je pense donc que ces ondes, et d'autres encore, étaient dues à la chute en mer de grandes masses de matières rejetées par le volcan. Aux alentours de Krakatau gisent, comme nous l'avons calculé plus haut, 12 kilomètres cubes de cendres et de pierres. La quantité
qui a été rejetée depuis le mois de Mai jusqu'au 26 Août est relativement insignifiante ; le 1 1 Août, près des cratères, la cendre n'avait que ^2 mètre d'épaisseur. La presque totalité des 12 kil. cubes est donc tombée depuis le soir du 26 Août jusqu'au matin du 27, et cela, non d'une manière continue, mais principalement lors des violentes explosions, dont nous en avons énuméré 15 ci-dessus. II n'est pas douteux, d'après cela, que quelques-unes, de ces explosions ont du amener au jour, d'un seul coup, au moins 1 kilomètre cube de produits, et lorsqu'une pareille masse tombe dans la mer, sur une surface qui ne soit pas trop étendue, il peut très bien en résulter des ondes ayant de 1 à 3 mètres de hauteur, et même plus.
Enfin — et j'attire spécialement l'attention sur ce point — c'est ainsi qu'on peut expliquer pourquoi toutes les ondes ne se smU pas fait sentir sur tous les points de la cote.
Supposons que le Dimanche soir, lors de l'éruption de 5** 7", une grande quantité de matières ait été jetée à l'endroit où se trouve l'île Calmeyer. L'onde formée à ce moment fut observée partout à la ronde, à Merak, Anjer, Tjaringin, Beneawang, Teloeq Betoeng et Ketimbang. Si ensuite, pendant l'éruption de Lundi matin 5^ 30™ temps de Krakatau (voir plus haut), les déjections sont retombées à la place qu'occupe aujourd'hui l'île Steers, l'onde aura été arrêtée dans la direction du Sud-Est par Calmeyer, et par suite la ville de Tjaringin, située derrière cette dernière île, aura été préservée, tandis que l'onde pouvait se propager librement vers Anjer, où elle a dû arriver un peu après 6 heures.
L'onde a aussi pu se propager vers Teloeq Betoeng; la profondeur moyenne entre ce point et Steers est, d'après la carte marine, de 30 mètres, ce qui donne pour la vitesse, v = V^ gh (*), 17.13 mètres par seconde, de sorte que la distance de 64 kilomètres, qui sépare les deux points, a été parcourue en 61 minutes. L'explosion
(*) On peut employer ici la formule simplifiée, parce que la hauteur de l'onde était faible.
ayant eu lieu à ^^ 50"*, la formation de Tonde (la chute des matières dans la mer) très peu de temps après, Tonde a dû arriver à Teloeq Betoeng à environ 6^ 30", ce qui est tout à fait conforme au récit du Loudati.
Enfin, lors de Texplosion de 61^ 44°^, le Lundi matin, les matières peuvent êtres tombées à TO. et au S. 0. du volcan, de sorte que Anjer et Tjaringin, couverts par Tile de Krakatau même, et Teloeq Betoeng,
protégé par Lagoendi, remarquèrent peu de chose, tandis que Tonde n'a rencontré aucun obstacle vers Beneawang, où elle a dû arriver entre 1^ 30"» et -8^, puisque la profondeur moyenne est de 109.8 mètres, donc la vitesse v = / gh de 32,7 mètres, la distance de 110.4 kilomètres, et par conséquent le temps nécessaire à Tonde de 56 minutes. Ce résultat est conforme à l'indication de M. le Contrôleur Le Sueur; il reste étrange toutefois, que Tonde, au dire des rapports, n'ait pas été observée au Vlakke Hoek.
Nous voyons donc que les renseignements très discordants relatifs à Theure d'apparition des ondes et à leur propagation singulière, se laissent très bien concilier, si Ton admet que toutes, sauf la grande onde de 10^ étaient dues à d'immenses quantités de produits éruptifs, qui tombèrent dans la mer en des points différents.
Le fait que Tonde de 10 heures n'a pas été arrêtée dans sa marche par les amas de cendre répandus dans la mer, s'explique suffisamment par la hauteur de Tonde, qui surtout près de Krakatau doit avoir été très considérable. Les matières éjaculées à ce moment peuvent, en retombant dans la mer, avoir augmenté encore cette hauteur, mais je doute que leur influence ait été notable, parce que, précisément lors de cette grande explosion, les matières furent disséminées sur une surface énorme.
Des détails plus circonstanciés nous sont fournis, au sujet des ondes, par les diagrammes du raarégraphe de Tandjong Priok (fig. 9). Avant de les faire connaître, je dois remarquer toutefois que, pour les observations qui nous occupent, Templacenient de ce marégraphe était très peu favorable. Il est établi près de l'embouchure du Zuider-
gracht (canal de navigation), dont le fond ne descend qu'a H- 2.50 mètres {2^.^0 au-dessous du zéro de Téchelle de Tandjong Priok); le fond du port est à -î- 7,50 mètres.
Un peu en aval du marégraphe se trouvent deux ponts tournants, dont les piles et les culées réduisent d'environ 25% 1^ profil du canal. L'appareil n'a donc pu enregistrer ni les hauteurs maxima ni les hauteurs minima de l'eau, telles qu'elles étaient en mer ou dans le port; les niveaux supérieurs à + 1.61 ne purent être inscrits, parce que l'échelle ne s'y prétait pas; et les niveaux les plus bas, vers 1^ 30°*, 3^ 30™ et 5^ 50™, ne le furent pas non plus, parce que l'eau ne pouvait refluer assez rapidement et qu'elle recommençait à s'élever avant que le niveau le plus bas ne fût atteint; en outre, l'appareil ne donnait pas les niveaux inférieurs à -t- 1.10. Des observations faites dans le port intérieur, par rapport à des points de repère fixes, ont toutefois fait connaître ces hauteurs maxima et minima (SOB); je les ai indiquées dans la fig. 9 par des lignes pointillées rouges, à propos desquelles je dois d'ailleurs renvoyer à ce qui a été dit plus haut concernant l'inexactitude des indications d'heures.
Notre figure, qui représente les feuilles du marégraphe à Vs ^^ la grandeur originale, montre que la mer devint agitée le Dimanche soir à 6 heures. De petites oscillations se succédèrent toute la nuit et le matin du 27, jusqu'à 11^ 35™ (*), moment où commença brusquement une très forte ascension, causée par la grande onde. L'amplitude des petites ondes antérieures est tout au plus de 0.10 mètre, celle de la grande onde ne s'élève pas à moins de 5.50 mètres; U en ressort nettement quelle grande différence de hauteur doit avoir existé entre l'onde de 6 heures du matin (Lundi), qui inonda une partie d'Anjer et de Teloeq Betoeng, et la grande onde de 10 heures.
(') Celle détermiaalioii de Tlieure, ainsi que les suivantes, eut lieu par meusuraUoD exacti* sur les Teuilles marégraphiques originales, non sur la copie réduite fig. 9, dont Téchelle trop petite laisse subsister une incertitude de quelques minutes.
qui a été la cause principale des ravages subis par le littoral du détroit de la Sonde.
Les principales de ces petites ondes furent inscrites aux heures suivantes: 4^ 5°^, 5^ 0"», 5^ 36% 5^» 56% 6^ 23"*, 6»» 33% 7^ 13% 7^ 58% gh |4m^ Qh 28m^ 8** 40% 9** 17% 9** 28% 9** 39% lO'* 24% 11*^0"» et llh 24"; il y a probablement ici plusieurs répétitions des mêmes ondes, chez quelques-unes les chiffres indiquent clairement une période de 2 heures. Les plus importantes de ces ondes sont celles de T" 38"», 8^ 28", 8** 40% 9** 59" et 10** 24", et les quatre premières peuvent être rattachées chacune à une explosion déterminée.
Si l'on calcule en effet, de la même manière que nous l'avons fait pour la grande onde, le temps nécessaire aux petites ondes pour leur propagation dans les 7 différentes sections du trajet de Krakatau à Tandjong Priok, en prenant maintenant s = o, parce que la hauteur de ces ondes est négligeable par rapport à la profondeur de la mer, on trouve pour cette durée de propagation 173 minutes = 2^ 53" (*).
Les quatre ondes en question prirent donc naissance ^ 53" plus tôt, en temps de Batavia, ou 2^ 58" plus tôt en temps de Krakatau, c'est-à-dire à:
4*^ 40% 5^ 30% 5^ 42% 6^ 41"; tandis qu'au Chapitre des mouvements de l'air nous avons vu que des explosions eurent lieu à: «
La seconde et la quatrième de ces explosions furent les plus violentes de toutes avant celle de 10 heures.
(^) Pour chacune des 7 sections on calcule donc, à l'aide de la profondeur moyenne de c«tte section, la vitesse v = V^ gh et an moyen de celle-ci le temps de propagation
t = 7=^\ la somme des 7 temp;^ donne 2** 53™. On obtient un chiffre
V X 60 60 / gh
tml différent et inexact lorsqu'on procède d'un seul coup, en prenant la profondeur moyenne
de la mer entre Krakatau et Tandjong Priok. Cette profondeur est de 36.57 mètres, de
sorte qu'on trouverait: t = 60 / 9 781 "STSCS? ~ *^^ "'""^^'^ ^ 2»» 33".
Les quatre ondes sont donc en relation évidente avec les explosions, et, comme nous Tavons déjà remarqué, elles furent très probablement produites par la chute en mer des grandes quantités de matières éruptives.
La cinquième onde enfin, celle de 10** 24", ])arait être une répétition de celle de 6^ 28°^, laquelle présente donc déjà une période de deux heures, de même que les grandes ondes postérieures.
Nous continuons maintenant l'examen de notre courbe marégraphique, en commençant par l'élévation très importante de 11** 35".
Cette élévation, conune le montre la. fig. 9, n'a pas été précédée d'un abaissement, de ce qu'on appelle une onde négative; le mouvement de la mer a commencé par un exhaussement, ainsi que cela doit être le cas lorsqu'une masse rocheuse tombe subitement dans l'eau.
La première grande ascension se fit si rapidement, que le niveau le plus élevé dont le marégraphe put conserver la trace, savoir + 1".60 ou 1".61, était déjà atteint à 12** 24"; ce niveau se maintint jusqu'à 12** 48", après quoi commença un abaissement non moins rapide. Le vrai maximum, qui doit avoir eu lieu (voir ci-dessus) à 12** 36", a été observé à Tune des dalles qui couronnent le mur de quai, lequel est à + 2". 50; l'eau y a monté jusqu'à 2".35. Le marégraphe n'a pu donner non plus le niveau minimum de la première onde, car l'eau, par suite de l'arrivée de la deuxième onde, avait déjà recommencé à monter avant d'avoir pu atteindre le niveau le plus bas. D'ailleurs, l'appareil eût-il été placé en un point plus favorable, par exemple dans le port intérieur, cela n'aurait servi de rien, parce qu'il ne peut indiquer les niveaux inférieurs à -r- 1".10, tandis que, d'après les observations faites à des points fixes, dans le port, l'eau s'abaissa jusqu'à -i- 3".15. L'amplitude de la première onde fut donc de 2.35 + 5.15 = 5.50 mètres.
Pour l'heure à laquelle fut atteint le niveau le plus bas, on donne 1** 30" (voir p. 37) ; ce chiffre doit toutefois être changé en 1** 36", ce que j'ai trouvé de la manière déjà exposée plus haut, en prenant
le milieu des deux points d'iutersection de la ligne de l'onde avec les lignes + 1.00, + 0.90, + 0.80, etc.'
Les niveaux le plus élevé et le plus bas de la deuxième onde ne purent pas non plus être enregistrés par le marégraphe. A 2** 52"* l'index de celui-ci avait atteint la plus haute position possible (+ 1".60), qui ne fut abandonnée qu'à 3^ 4°^; la moyenne de ces deux heures, savoir 2** 48", fait de nouveau connaître l'instant du maximum; ce maximum fut de -|- 1™.95, le minimum subséquent, qui a dû survenir à 5** 45"*, de -r- 1".60.
Dans ce cas encore, l'eau, sous l'inOuence de la troisième onde, recommença à s'élever avant que sur l'échelle le niveau le plus bas ne fût atteint. Les valeurs 4~ 1*95 et -~ 1.50 ont été trouvées dans le port, par comparaison à des points de hauteur connue.
Pour la troisième onde, le marégraphe enregistra à 4** 43" le maximum, de + l"^-23, qui fut suivi d'un minimum de -r- 0".40, à 5** 42"; ce. dernier toutefois ne fut pas noté par l'appareil, parce que, avant cet instant, l'eau, sollicitée par la quatrième onde, avait repris un mouvement ascensionnel.
Toutes les ondes suivantes furent enregistrées d'une manière complète par le marégraphe.
L'amplitude de la 2« onde s'éleva donc à 1.95 + 1.50 = 5.45 mètres, celle de la y onde à 1.23 + 0.40 = 1.63 mètres; pour les ondes suivantes, l'amplitude décroit régulièrement jusqu'au 28 Août à minuit (= 29 Août 0**). Passé ce moment, il n'y eut plus que de légers clapotis jusqu'au 30 Août à midi; puis l'état de la mer redevint normal.
Par des mesures exactes, sur les feuilles originales, j'ai trouvé les temps suivants (^) pour les niveaux les plus élevés et les plus bas des ondes. A côté de ces temps sont inscrites leurs différences, c'est-à-dire les périodes des ondes. En tout, 19 maxima, mais seulement 13 minima, ont été enregistrés d'une manière suffisamment
(^) Quelqaes-ans de ces lemp>( dilTéreat légèrement des chilTres marqaés dans la fig« 9^
nette pour se prêter à une détermination exacte du temps par des mesures effectuées sur les diagrammes.
Niveaux maxima. Différences.
27 Août 12.36 soir.
Niveaux minima. Différences.
27 Août 1.56 soir.
manque 9.14 »
28 Août 1.54 mat.